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La place du bonheur dans la philosophie.

5 participants

descriptionLa place du bonheur dans la philosophie. - Page 10 EmptyRe: La place du bonheur dans la philosophie.

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Où est l'ironie dans le passage que j'ai cité de la Généalogie ?

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jean ghislain a écrit:
la conscience et la mauvaise conscience sont dans la logique de l'évolution de l'homme

Non, je ne suis pas d'accord. La thèse de Nietzsche est que l'homme a suivi l'inverse d'une évolution logique ! Il aurait dû rester l'animal sans mauvaise conscience, l'oublieux, l'instinctif, mais il s'est passé un fait inattendu, avec l'homme la nature n'a pas agi comme elle le faisait d'habitude avec les autres animaux. Il y a effectivement de l'ironie dans cette histoire, mais c'est un effet du hasard. Nietzsche s'amuse de ce que les hommes cherchent un sens à ce coup du hasard, parce qu'ils n'ont pas compris qu'ils sont le jouet de ce "grand enfant" :
un drame trop délicat, trop merveilleux, trop paradoxal pour être joué sans signification aucune sur n’importe quelle misérable planète où il passerait inaperçu

Notez au passage l'allusion à l'art dramatique.


jean ghislain a écrit:
Donc le "hasard heureux" de la nature qui a produit la conscience nous a rendu malheureux à un point qu'il faut surmonter l'homme en se détachant de la conscience morale.

Ce n'est pas parce que nous sommes malheureux que nous devrions nous surmonter. D'abord, il n'y a pas d'obligation là-dedans ;), et puis, au contraire, Nietzsche nous montre bienheureux dans notre conscience morale ! Que fait Nietzsche ici, à ce stade de la Généalogie ? Il replace l'homme en face de son destin. La nature a beaucoup fait pour nous, par chance elle a tiré un bon numéro avec l'homme, maintenant à nous de prendre la suite. C'est un défi que Nietzsche lance à l'humanité.

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Sérieusement, la vision du bonheur par la philosophie antique (la raison, le logos = les discours, l'attitude), comment ne voyez-vous pas qu'il s'agit d'une philosophie du rite ? La raison comme rituel (et oui... si les valeurs sont intangibles avec tout ce que cela comporte de religieux...), les discours comme rituels (mise en mots des valeurs + force de la rhétorique sur les âmes sensibles), l'attitude étant à elle seule le rituel (postures de monstration).

Le philosophe qui ne dit pas et qui ne montre pas qu'il en est un, l'est-il ?

Changez les valeurs clés d'un homme, modifiez ce qui compte vraiment pour lui, et vous changerez toute sa vision du bonheur et les sources qui peuvent l'alimenter. Le bonheur de vos 20 ans est-il celui de vos 40 ? Cette bonne blague...

On se surprend à être heureux bien plus que l'on ne peut s'y préparer.

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Le philosophe qui ne dit pas et qui ne montre pas qu'il en est un, l'est-il ?

Un philosophe qui a besoin de dire et de montrer qu'il est philosophe pour qu'on le sache ou qu'on le croit, l'est-il ? Je ne pense pas...

Le bonheur de vos 20 ans est-il celui de vos 40 ? Cette bonne blague...

Bien que l'étendue de l'âge que vous évoquez ne me concerne pas, je ne peux vous répondre d'expérience. Mais je voudrais tout de même réagir à votre phrase : il me paraît illogique que le bonheur change selon l'âge et la personne... Le bonheur est un état. On est heureux. Bien sûr il y a des différences dans les états. Mais ces différences concernent les causes qui l'ont généré. On n'est pas heureux pour les mêmes raisons à 20 ou 40 ans, ça je suis d'accord. Mais l'intensité du bonheur ne change pas. Car dire qu'on est heureux plus intensément à un moment qu'à un autre est inepte, d'ailleurs rien que dire qu'on est heureux intensément est une tautologie.

Prenons un autre état pour donner un exemple : la peur. Nous n'avons pas les même peurs à 5 ans qu'à 20 ans, c'est un fait. Mais la différence ne concerne que les causes de la peur et peut-être là l'intensité aussi, c'est un peu équivoque car d'un côté l'intensité se vit pour le sujet, et je ne pense pas qu'un enfant de 5 ans ait moins peur qu'un homme de 20 ans. Sa peur est équivalente à son âge ; mais de l'autre il peut avoir plus peur d'une chose que d'une autre. En ce qui concerne l'intensité de l'état je dirai donc qu'il faut établir un distinguo entre les peurs générales (qui sont de mêmes intensité) et les peurs isolées (qui ont une intensité différente selon la cause de l'état).

Bref, tout cela pour dire que pour moi l'état ne change pas, il est. Ce sont les causes qui le génèrent qui changent. Mais l'état en lui-même ne change pas.

On se surprend à être heureux

Je suis totalement d'accord. D'ailleurs ça me paraît logique. D'une part car le bonheur n'est pas un état continu, et de l'autre car on ne se sent heureux que quand le bonheur devient en nous conscient, or il est impossible qu'il le soit toujours.

descriptionLa place du bonheur dans la philosophie. - Page 10 Emptybonheur joie État

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Si vous voulez dire que l'on ne peut pas nier qu'il y ait un état de la psyché (et du corps) que l'on peut grosso modo ranger sous la catégorie du "bonheur", je veux bien vous l'accorder. Mais tout dépend de ce grosso modo car songez-y, le bonheur est accompagné de la conscience du bonheur (vous le dites vous-même) là où par exemple le petit enfant éprouve d'abord de la joie. Or la conscience que l'on a de soi, y compris dans nos états "heureux", amène avec elle tout le poids de la vie passée, et vous comprendrez aisément que l'état dont vous parlez s'en trouve modifié.

Le fameux "on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve" d'Héraclite s'applique : on n'éprouve jamais deux fois le même bonheur, on se lasse, on change, on découvre d'autres goûts, les nouveautés se font rares, on devient même heureux d'être moins sensible au désir !

Non, décidément le bonheur, on ne le met en mots que pour tenter de l'attraper, mais il ne se laisse pas saisir.
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