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Autour d'une pensée de l'existence

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Dienekes
aliochaverkiev
Vangelis
Crosswind
Arcturus
9 participants

descriptionAutour d'une pensée de l'existence - Page 3 EmptyRe: Autour d'une pensée de l'existence

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La philosophie n'est pas une musique et les mots doivent porter un sens, sans quoi ce ne sont que des notes poétiques. Comprenez : j'accorde une importance capitale au sens et au rapport entre les mots.

J'apprécie votre style d'écriture, mais je m'intéresse avant toute chose au sens précis des propos.

Et si vraiment un écrivain est incapable de s'exprimer autrement que par le truchement de l'emphase, il n'en reste pas moins qu'une traduction plus "analytique" peut se voir proposée.

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Crosswind a écrit:
La philosophie n'est pas une musique et les mots doivent porter un sens, sans quoi ce ne sont que des notes poétiques. Comprenez : j'accorde une importance capitale au sens et au rapport entre les mots.

J'apprécie votre style d'écriture, mais je m'intéresse avant toute chose au sens précis des propos.

Et si vraiment un écrivain est incapable de s'exprimer autrement que par le truchement de l'emphase, il n'en reste pas moins qu'une traduction plus "analytique" peut se voir proposée.

Je vous recommande la lecture des types psychologiques de C. G. Jung. Malheureusement ce livre n'est plus édité, l'école freudienne censure cet auteur en France.
Vous verrez qu'il y a selon lui deux approches de la "pensée", la raison proprement dite et le sentiment. Il est vrai que la philosophie est l'apanage des hommes qui l'abordent par la voie dite "rationnelle" (extériorisation des images, des représentations) alors que souvent les femmes l'abordent par la voie dite du sentiment (représentations exclusivement interne). Vous avez une vision de la philosophie. Bien. Doit elle être la vision dominante? Etes vous celui qui dit le vrai? 
Encore une fois attendez de me lire jusqu'au bout! et n'achetez surtout pas la Nausée! vous risquez  de ne pas pouvoir lire trois lignes de ce livre tant Sartre donne dans le "sentiment"  "l'impression!' Formuler un jugement sur ce que j'écris alors que vous n'avez pas même lu Sartre trouvez-vous que ce soit vraiment rationnel?

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Je ne pense pas qu'il s'agisse ici de sentiments car vos mots n'en sont pas. Vos mots, et ce quels que soient vos sentiments, expriment chacun un sens, et l'ensemble de ces sens en exprime un ou plusieurs autres de telle sorte que l'on puisse aboutir, en bout de course, à un accord intersubjectif. Vous pouvez bien entendu laisser libre court à vos émotions au travers des mots, mais vous êtes alors en devoir de préciser au mieux le sens que vous donnez à telle ou telle graphie sous peine de tomber dans un monologue émotif dont on serait bien en peine de décrire la finalité. Vous usez de mots, ils ont un sens, nous nous en servons pour communiquer. De même, je ne formule aucun jugement, je me contente de vous lire, d'apposer un sens à ce que je lis, et d'en tirer des conclusions, puis des questions.

Je réitère donc... mes questions !

N'oubliez pas non plus que vous ignorez tout de mon sexe biologique.

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Arcturus a écrit:

Le texte de la Nausée est un moment particulier dans le roman puisque le narrateur, Roquentin, assis sur son banc dans le jardin public découvre tout à coup l'épaisseur, la consistance de l'existence.


Je donne un extrait plus long car, vraiment, il le mérite :
La nausée - Jean-Paul Sartre a écrit:

Donc j'étais tout à l'heure au jardin public. La racine du marronnier s'enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c'était une racine. Les mots s'étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d'emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J'étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse, entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j'ai eu cette illumination.
Ça m'a coupé le souffle. Jamais, avant ces dernier jours, je n'avais pressenti ce que voulait dire « exister». J'étais comme les autres, comme ceux qui se promènent au bord de la mer dans leurs habits de printemps. Je disais comme eux « la mer est verte ; ce point blanc là-haut, c'est une mouette », mais je ne sentais pas que ça existait, que la mouette était une « mouette-existante » ; à l'ordinaire, l'existence se cache. Elle est là, autour de nous, en nous, elle est nous, on ne peut pas dire deux mots sans parler d'elle et, finalement, on ne la touche pas. Quand je croyais y penser, il faut croire que je ne pensais rien, j'avais la tête vide, ou tout juste un mot dans la tête, le mot « être ». Ou alors, je pensais... comment dire? Je pensais l'appartenance, je me disais que la mer appartenait à la classe des objets verts ou que le vert faisait partie des qualités de la mer. Même quand je regardais les choses, j'étais à cent lieues de songer qu'elles existaient : elles m'apparaissaient comme un décor. Je les prenais dans mes mains, elles me servaient d'outils, je prévoyais leurs résistances. Mais tout ça se passait à la surface. Si l'on m'avait demandé ce que c'était que l'existence, j'aurais répondu de bonne foi que ça n'était rien, tout juste une forme vide qui venait s'ajouter aux choses du dehors, sans rien changer à leur nature. Et puis voilà: tout d'un coup, c'était là, c'était clair comme le jour: l'existence s'était soudain dévoilée. Elle avait perdu son allure inoffensive de catégorie abstraite : c'était la pâte même des choses, cette racine était pétrie dans l'existence. Ou plutôt la racine, les grilles du jardin, le banc, le gazon rare de la pelouse, tout ça s'était évanoui : la diversité des choses, leur individualité n'était qu'une apparence, un vernis. Ce vernis avait fondu, il restait des masses monstrueuses et molles, en désordre - nues, d'une effrayante et obscène nudité. [...]
J'étais là, immobile et glacé, plongé dans une extase horrible. Mais, au sein même de cette extase quelque chose de neuf venait d'apparaître; je comprenais la Nausée, je la possédais. À vrai dire je ne me formulais pas mes découvertes. Mais je crois qu'à présent, il me serait facile de les mettre en mots. L'essentiel c'est la contingence. Je veux dire que, par définition, l'existence n'est pas la nécessité. Exister, c'est être là, simplement; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire. Il y a des gens, je crois, qui ont compris ça. Seulement ils ont essayé de surmonter cette contingence en inventant un être nécessaire et cause de soi. Or, aucun être nécessaire ne peut expliquer l'existence : la contingence n'est pas un faux semblant, une apparence qu'on peut dissiper; c'est l'absolu, par conséquent la gratuité parfaite. Tout est gratuit, ce jardin, cette ville et moi-même. Quand il arrive qu'on s'en rende compte, ça vous tourne le cœur et tout se met à flotter.

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Merci pour l'extrait. Quand je pense que j'ai hésité à l'acheter lors de mon dernier passage en librairie... 

Je suis étonné des qualificatifs employés par Sartre. Horrible, nausée, ce sont des mots qui sonnent étrangement lorsque je les compare à mes propres expériences existentielles, qui soulèvent bien plus une incompressible angoisse, car auto-entretenues, qu'une horreur ou une nausée. La prise de conscience de "l'existence" suscite chez moi, depuis mon plus jeune âge, certaines crises d'angoisses maintenant maîtrisées, mais toujours latente. Attention cependant, il ne s'agit pas d'une angoisse "classique" de mort, de danger, de suffocation ou que sais-je. Plutôt une sorte de révélation auto-immune en ce qui concerne l'angoisse délivrée suite au constat incroyable (innommable aurait écrit Lovecraft) de la perception réelle. Prendre conscience de l'abîme existentiel n'est donc pas une expérience que je recherche vraiment, bien qu'elle me trouve à intervalle régulier...

Mais soit, tout ceci ne répond pas à mes questions, qui se posent toujours...
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