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Autour d'une pensée de l'existence

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Je propose autour de ce sujet de développer les différents moments de la pensée de l'existence, comment a pu naître le mot existence, comment il a évolué jusqu'à ce que les philosophies existentielles s'en emparent.


I INTRODUCTION


 En quoi l'existence pose plusieurs problèmes philosophiques? A quoi répondent ces philosophies existentielles? Il va falloir d'abord comprendre pourquoi et en quoi l'existence pose un certain nombre de problèmes philosophiques pour ensuite voir comment chaque mouvance de l'existentialisme s'empare de ces problèmes et tente de donner une réponse.

La Nausée, 1938 (Jean-Paul Sartre) : "J'étais tout à l'heure au jardin public. La racine du marronnier s'enfonçait dans la terre jusqu'au-dessous de mon banc...quand on s'en rend compte, cela tourne le cœur. Et tout se met à flotter ". Ce texte nous dit tout ou presque de l'existence. La première chose que dit le texte, qui va tant intéresser les existentialistes, est que l'existence se manifeste en se cachant, invisibilité habituelle de l'existence. Nous sommes donc ce qu'on appelle des existants. Précisément parce que nous sommes des existants nous ne sentons pas, nous ne voyons pas, nous ne remarquons pas notre existence.

Le texte de la Nausée est un moment particulier dans le roman puisque le narrateur, Roquentin, assis sur son banc dans le jardin public découvre tout à coup l'épaisseur, la consistance de l'existence. Cette découverte est une découverte très angoissante, très inquiétante "extase horrible". Sartre utilise le terme d'extase dans son sens littéral : état dans lequel nous nous trouvons comme à l'intérieur de nous-mêmes. Les choses, dit Sartre, sont pétries, s'enferment dans l'existence, laquelle constitue la pâte même des choses. Nous pourrions décliner la métaphore culinaire, nous mangeons la pâte, mais nous ne la sentons pas. Découvrir tout à coup cette pâte des choses, habituellement dissimulée, est qualifiée par Sartre d'obscène.

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La découverte de l'existence, si l'on en croit Sartre, n'est pas quelque chose qui va de soi, mais quelque chose qui va peut-être nous révéler une partie de nous mêmes qu'il faudra ensuite assumer, à laquelle il faudra se confronter.
Dans le texte il y a une découverte majeure non seulement que l'existence est la pâte même des choses et se dissimule, mais aussi qu'elle est contingente (contingent : non nécessaire).

Découverte de la contingence de l'existence. "Tout est gratuit, ce jardin, cette ville et moi-même". Dire que l'existence est contingente revient à dire que nous ne pouvons que constater que nous existons. L'existence est de l'ordre du constat, du factuel. Certes j'existe, je suis, je suis là "da sein" dira l'allemand, mais je ne pourrai jamais dépasser ce constat. Comme le dit Sartre "Je ne peux jamais déduire mon existence". L'existence ne se déduit pas, nous ne sommes donc pas nécessaires. Je suis là, mais j'aurais bien pu ne pas être là. Quand on se hisse à cette notion de contingence,  que notre esprit s'empare de cette notion, le résultat de cette extase horrible est que tout se met à tourner, à flotter. Nous commençons à éprouver ce curieux sentiment métaphysique que Sartre va appeler particulièrement dans son roman "la nausée", la nausée étant ce vertige qui était sans doute le vertige pascalien devant l'infinité du cosmos, à la différence que ce vertige ne va pas se saisir de nous devant l'immensité qui s'ouvre devant nous, mais devant le fait que moi, qui suis ce à partir de quoi le monde et les autres existent, j'aurais pu ne pas exister. Dans cette belle page littéraire se trouve la majeure partie des problèmes philosophiques qui occuperont tous les courants existentialistes.

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On peut donc se demander quelle est cette existence avec laquelle chacun se confond et qui cependant nous apparaît comme une énigme, laquelle à son tour ne tarde pas à nous apparaitre comme étant l'énigme suprême. C'est-à-dire je ne puis rendre compte, je ne puis justifier ma propre existence, je n'en suis pas l'auteur, je n'en suis pas la cause, l'origine, je n'en suis pas non plus, sauf exception, le sujet et l'instance qui en décidera de la fin. Je suis là, jeté dans l'existence, et cette existence m'apparaît à la fois comme quelque chose qui va de soi et en même temps m'aveugle. Sous cette mauvaise évidence, non pas l'évidence philosophique travaillée, mais l'évidence au sens commun du terme, se cache un abîme susceptible de nous donner cette nausée dont nous parle Sartre. Donc évidence et en même temps énigme suprême car notre être est par définition un être existant. Ce qui nous conduit à noter que, au départ sur le plan philosophique, nous sommes conduits à confondre, à assimiler "être et exister". Nous ne faisons pas dans la vie courante de différence entre être et exister. Lorsque la différence sera faite, elle sera très tardive et sera le fait des travaux des existentialistes.

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Si on ouvre les "méditations métaphysiques", grand moment de Descartes, celui-ci emploie "être" au sens "exister", à commencer dans la formulation "cogito" : "je pense donc je suis", voulant dire j'existe. Je pense, et par ma pensée j'ai bien la certitude d'exister. Nous avons du mal à ne pas mélanger "être et exister". Nous assimilons être et exister parce qu'il nous semble que notre existence est par définition ce qui fonde notre être. Être ceci ou cela présuppose que tout d'abord je sois, c'est-à-dire j'existe. Je suis, j'existe donc cela semble hors de doute. Cette position va valoir, va s'imposer à deux niveaux, un niveau existentiel et un niveau ontologique.

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L'ontologie appartient au domaine de la métaphysique, domaine qui essaye de connaître les êtres en dehors de notre portée, les êtres transcendants sur lesquels on ne peut mener aucune expérience, voire expérimentation. L'ontologie est la partie la plus extrême de la métaphysique. C'est une discipline qui remonte à Aristote, est définie par Aristote comme la science de l'être en tant qu'être. "Être-exister" référence à certaines définitions qu'Aristote nous donne dans son ontologie, dans certains livres de la métaphysique, parce que ces définitions vont marquer totalement la pensée occidentale jusqu'à Sartre. Et ce n'est pas par hasard que Sartre a écrit "L'être et le néant".
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