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La vie a-t-elle un sens ?

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Aristippe de cyrène a écrit:
Liber a écrit:
Mais il s'est rendu compte qu'il ne pourrait pas faire l'économie d'une théorie de l'univers.

Où pouvons-nous voir cette théorie ?

Dans les Fragments de la Volonté de Puissance, celle publiée par la sœur de Nietzsche, ou si vous craignez des falsifications qui pour moi n'ont jamais existé, dans le recueil de Gallimard, en plusieurs tomes, collectés et vérifiés par Colli et Montinari. Nietzsche a quelque peu invalidé sa propre critique des philosophes l'ayant précédé, en recréant à son tour un système cohérent.

Janus a écrit:
comme si dame Nature répugnait à nous dévoiler toutes ses intentions cachées, nous obligeant à déchiffrer le puzzle, à donner nous-mêmes un sens, une signification d'origine "humaine" à tout ça, sans attendre passivement comme autrefois qu'un "divin" transcendant en décide à notre place.

Je ne suis pas d'accord sur cette passivité antique devant la nature, surtout sur le fait que les hommes de cette époque n'aient pas créé autant de sens que nous. C'est même une aberration totale. Je souligne aussi que Nietzsche n'était pas scientiste, il était même très religieux. Du reste, son argumentation dans la Généalogie repose essentiellement sur la souffrance humaine, une base qui est évidemment celle du christianisme et du bouddhisme.

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Liber a écrit:
Janus a écrit:
comme si dame Nature répugnait à nous dévoiler toutes ses intentions cachées, nous obligeant à déchiffrer le puzzle, à donner nous-mêmes un sens, une signification d'origine "humaine" à tout ça, sans attendre passivement comme autrefois qu'un "divin" transcendant en décide à notre place.

Je ne suis pas d'accord sur cette passivité antique devant la nature, surtout sur le fait que les hommes de cette époque n'aient pas créé autant de sens que nous. C'est même une aberration totale. Je souligne aussi que Nietzsche n'était pas scientiste, il était même très religieux. Du reste, son argumentation dans la Généalogie repose essentiellement sur la souffrance humaine, une base qui est évidemment celle du christianisme et du bouddhisme.
Dans ce que je disais ici, il ne s’agit pas du tout de passivité vis-à-vis de la nature dans la mesure où l’homme fait partie intégrante de cette Nature tout en constituant son Esprit vivant, mais esprit qui ne se sait esprit que progressivement, qui ne prend que progressivement conscience de lui-même, au cours de l’histoire, au fur et à mesure que la connaissance des "choses" du monde (réalités) lui apporte, la lumière nécessaire à l’éveil de sa conscience. L’homme n’y est pas du tout passif, dans la mesure où, de plus en plus éveillé car plus près de la réalité, il prend de plus en plus conscience de la nécessité de sa propre action et de son propre engagement, comme de la nécessité d'agir contre ses instincts en obéissant à sa propre volonté (d’où liberté). Et c’est ce qui donne justement consistance à cette notion de "sens" qu’il se doit de donner maintenant lui-même à la vie (cf. droits de l’homme, où l’obligation de respecter la liberté humaine se traduit concrètement dans des constitutions et des lois).

Quant à Nietzsche, je n’ai jamais prétendu qu’il était scientiste. Pour l’être il faut avoir non seulement une aversion assez profonde pour la religion (et pour ses préceptes moraux), mais surtout une foi intense dans la science (dans le savoir positif - cf. positivisme de Comte) la compréhension de l'aspect physique de la matière y étant considérée comme source unique de connaissance. Or, que je sache, ceux que je désignais par "déconstructivistes" (mouvement que j'estime avoir dominé la pseudo pensée philosophique occidentale, particulièrement au 20ème siècle, sous la "post" influence de Marx ou accessoirement de Nietzsche) sont au contraire globalement des pourfendeurs de la science en ce qu’elle a permis le développement du monde occidental, industriel et capitaliste.
Alors si Nietzsche était aussi religieux que vous le dites, cela n'aurait rien de si surprenant quand on sait, depuis Freud, à quel point l'amour rejoint la haine ou à quel point le psychisme est constitué d'ambivalence, de bi-polarité, etc. :D

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Janus a écrit:
l’homme fait partie intégrante de cette Nature tout en constituant son Esprit vivant, mais esprit qui ne se sait esprit que progressivement, qui ne prend que progressivement conscience de lui-même, au cours de l’histoire, au fur et à mesure que la connaissance des "choses" du monde (réalités) lui apporte, la lumière nécessaire à l’éveil de sa conscience.

On dirait du Hegel. Je ne partage pas du tout cette façon nébuleuse de voir l'histoire, le monde, l'homme. Je suis plus terre-à-terre, je n'utiliserai jamais des expressions comme "Esprit vivant", "éveil de la conscience", "lumière nécessaire". On dirait aussi, plus que du Hegel, une de ces religions monstrueuses qui sont nées dans la vallée du Nil ou du Gange. :lol:

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Tom a écrit:
ça ne permet pas de répondre à la question que j'ai posée. Comment pourrions-nous connaître le sens de la vie ?


... Parce qu'au "ce qui est" de la vie, l'homme surajoute un "ce qui doit être", qui se trouve en lui ; une quelconque loi morale se trouve en moi, et il n'y a pas de doit-être dans la vie, c'est un jugement. Dès lors n'y a-t-il pas confusion entre l'homme et la vie ? Ne sommes-nous pas en train de voir notre vie humaine comme étant la vie en général ?

Le fait est que vous avez en quelque sorte soulevé des éléments de questions-réponses et ensuite vous déplorez qu’on ne vous réponde pas. Peut-être faudrait-il tenir compte des éléments de réponse qui ont pourtant été donnés ?
Vous parlez de jugement, mais justement l’animal n’étant pas équipé d’outils lui permettant de juger, c’est donc seulement l’homme (animal lui aussi, mais social) qui peut se questionner à sa place sur un quelconque sens à donner aux choses de la vie, ces capacités de juger lui offrant la  con-science (con = avec, science = savoir) nécessaire pour se questionner d’abord sur l’origine de sa propre vie, puis se préoccuper de la Vie en général.
Sans capacité de jugement, il n’y aura pas possibilité de déduire (jugement de déduction – on peut aussi  voir notamment Kant jugement synthétique a posteriori, a priori, etc.) ni de formaliser un quelconque concept de devoir… devoir être ou devoir agir, dans un sens plutôt qu’un autre. D’autant plus qu’un sens c’est plus qu’une simple direction. Cela suppose aussi des repères, et il faut en plus savoir différencier, distinguer une valeur positive d’une négative pour ne pas se retrouver dans la mauvaise destination (néant au lieu d'être).
Ensuite, et c’est là où ça se corse : si vous admettez que ce sens du devoir se trouve en l’homme préalablement à toute pensée, c’est que vous concevez cette capacité de juger comme un a priori  de l’esprit humain. Or ce présupposé ne semble pas faire l’unanimité. Depuis deux millénaires, des guerres sémantiques (et même réelles) ont lieu là-dessus, parce que derrière cet a priori se dévoile un en soi (d'où la fameuse "chose en soi" - encore Kant mais pas que lui, les anciens et enfin Hegel), en soi au sens transcendant(al) ce qui n’est vraisemblablement pas pour plaire à tout le monde. Et vous remarquerez que cela soulève chez les réfractaires des réactions violentes de type épidermique, un peu comme les vampires au cinéma, dont on ne peut d’ailleurs se débarrasser qu’en  leur montrant une croix, la lumière du soleil, ou encore un miroir…  vu qu’ils ne supportent même pas leur propre image, de peur d’y voir dieu (ce qui revient au même que  soi/autrui pour les supporters de l’en soi).  :)

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J'avais pourtant indiqué que ce "sens" du "devoir" était inclus dans un a priori qui n'était pas admis par tout le monde (notamment les empiristes comme Hume). J'ajouterais donc que le jugement moral n’a de légitimité que pour celui qui lui en accorde une par sa propre volonté, et c'est ce qui fait de lui qu'il devient "cause de toute chose",  équivalent de ce que les anciens désignaient par "moteur immobile", autrement dit une personne libre.
Et c’est  aussi pourquoi chacun doit avoir le choix, même celui de refuser cette légitimité.
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