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Sens philosophique de la lecture.

4 participants

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Bonjour et merci d'avance;

Un petit préalable s'impose pour poser le contexte de ma question :

Je suis extrêmement inculte en philosophie et mon problème est que ma question ne trouve pas de réponse en dehors de la philosophie.
De plus la réponse à cette question est capitale pour ce que j'essaye de réaliser.
Toute ma vie je l'ai passée à faire des maths et le reste ne m'intéressait pas, cela est encore vrai aujourd'hui (et très certainement demain aussi) et je ne me sens pas le courage de m'instruire en dehors des mathématiques.
Le problème est que je me retrouve coincé avec ce que je me suis mis dans les bras.

Voilà donc ma question:

Je réalise un langage mathématique (qui sera un langage instructeur destiné uniquement à moi afin de m'instruire sur un concept mathématique en manipulant une espèce de prototype qui le représente de façon plus ou moins fidèle mais qui est plus adaptée à la compréhension directe de ce concept par le seul moyen de la lecture et des manipulations associées à ce concept) non pas parce que cela m'amuse mais parce que sa fabrication m'aide pour comprendre diverses théories des ensembles et aussi la logique intuitionniste.
À ce propos, la logique intuitionniste est née d'une réflexion philosophique, mais justement je n'ai pas compris ce sujet. 
En ce qui concerne ma méthode de compréhension d'un concept mathématique, celle-ci passe essentiellement par la construction d'un modèle (un espèce de prototype) qui au fur et à mesure sera identique au concept à comprendre (si évidemment j'ai fini par comprendre ce que je cherchais à comprendre).
Bien évidemment la compréhension d'un concept mathématique passe aussi par la lecture de ce sujet et par la manipulation des divers objets associés à ce concept.

Le problème est que là je suis coincé car je trouve plutôt assez stupide d'essayer de construire un langage prototypique alors même que je n'arrive pas à saisir ce que représente pour un individu l'action de lire un texte.
Ma question elle-même est difficile à exprimer car elle est plutôt assez stupide, dite comme cela, et ne convient pas si je la pose comme ça, mais je vais essayer :
Que représente "philosophiquement" l'action de lire un texte ?

J'ai peur que même en la posant ainsi, ma question reste mal exprimée, le problème est que je n'arrive pas à exprimer clairement  mon problème.
Je me retrouve avec la question : que signifie pour moi, représenter philosophiquement quelque chose ?

Pire encore : 
Si je dis que traduire un texte d'un langage à un autre n'est pas l'action de matérialiser ce texte ; je me retrouve avec la question : que signifie pour moi l'action de matérialiser un texte ?

Voilà mon problème et je l'avoue je suis un peu perdu.

descriptionSens philosophique de la lecture. EmptyRe: Sens philosophique de la lecture.

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Bonjour l'ami Kersetimes,
Bonjour à toutes et à tous,

Je n'ai pas nécessairement bien compris la question, voici quelques éléments qui permettront peut-être d'alimenter la réflexion, la vôtre et celle des éventuels lecteurs.

La lecture est une opération fort complexe qui consiste à donner un sens à un code, ou plus exactement, parcourir plusieurs sens au fur et à mesure d'une succession complexe d'opérations.

Dans les écritures alphabétiques, la première étape est de transformer ces petites images en lettres… 
Il y a bien sûr le travail de repérage des formes de lettres qui fonctionne essentiellement par la détection d'indices plus ou moins subtils… hauteur de la lettre, les boucles, par exemple.
Ici intervient déjà une maîtrise de la langue qui permet de savoir que des successions de lettres sont impossibles, que des débuts ou des fins de mots improbables, qu'après un article au pluriel le mot est souvent au pluriel... ce qui réduit l'effort de discrimination.

Puis il faut gérer plusieurs lettres consécutives pour former des syllabes dans le cas le plus laborieux ou directement une ébauche de mot, dans le cas le plus fréquent.
Donc, au niveau le plus basique, le déchiffrage du code exige déjà un travail sur le sens, même quand le code est aussi élaboré et aussi univoque que l'écriture du français cultivé.
On se doute que sur des codes comme l'hébreu ou l'arabe où les voyelles ne sont pas écrites le travail de décodage exige encore davantage d'anticipation du sens. 

La curiosité scientifique c'est que même avec des codes ambigus ou défectueux ou incomplets, le cerveau trouve un sens qui est très souvent le bon. 
(Cf. les lettres privées de leur moitié basse, les textes avec certaines lettres remplacées par d'autres symboles approchants, les textes avec d'innombrables fautes de frappe, etc.)

Par ailleurs, on a prouvé que cette anticipation était sensible à la synesthésie, à l'environnement du lecteur, de l'ambiance… au point que l'on peut butter (voire se méprendre) sur un mot inattendu dans le contexte ou incongru dans l'ambiance.


Au fur et à mesure, le cerveau forme un "paquet significatif glissant" dans lequel il engrange ce qu'il vient de comprendre et qu'il vide de tout ce qu'il oublie. Suivant les lecteurs, il y a une sorte d'empan mémoriel, ceux qui se souviennent du début de la page et ceux qui perdent le fil facilement. À cet égard la vitesse de lecture à un impact considérable sur la compréhension basique. La lenteur favorise l'oubli.
Se constitue aussi une idée globale des intentions littérales du rédacteur. La mémoire immédiate joue un rôle très important pour la construction du sens.

À ce stade les mots et les propositions simples sont décodées. 
Évidemment il faut gérer la polysémie des mots... Là encore cette opération est orchestrée par la quête de sens ou la construction du sens.

Mais il reste encore d'immenses difficultés avant de cerner le sens littéral voulu par le rédacteur notamment à cause des pronoms, des reprises anaphoriques, de la détection des appositions. L'exemple classique est le titre "Don Quichotte, le chevalier errant" où certains lecteurs imaginent deux personnages distincts.

On voit ici le cercle vicieux du sens qui se construit et se modifie au fil des opérations, les mots peuvent changer de sens quand on progresse dans la construction du sens de la phrase ou du paragraphe.

Pour commencer à cerner le sens le plus littéral du texte, il y a donc une sorte de magie pour traiter l'information formée par ces petits dessins de lettres par cette opération de construction de sens aux multiples feed-back.

Suis-je hors sujet ? 
Je le crois puisque je n'ai pas parlé philo mais j'ai le sentiment qu'il fallait commencer par la complexité de la technique.

Philosophiquement je suggérerais que le sens littéral ressemble à un mythe.

À vous lire avant d'essayer une nouvelle approche...

Très cordialement vôtre,
pauline

descriptionSens philosophique de la lecture. EmptyRe: Sens philosophique de la lecture.

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Merci Pauline

Merci car je rappelle que ma question est déjà assez incompréhensible.

D'ailleurs Nicolas Boileau Despréaux le dit :
"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément "



C'est là le problème justement avec ma question.

Vous avez dis :
Philosophiquement je suggérerais que le sens littéral ressemble à un mythe.


C'est intéressant, en tout cas ma construction se présente comme une tautologie (au sens commun du terme). Elle est liée par une logique et une théorie des classes mais avant cela il y a des définitions et des règles de syntaxes à respecter et cela quelque soit la logique et la théorie que l'on associe à ce langage.

Vous avez dis :
Philosophiquement je suggérerais que le sens littéral ressemble à un mythe.

ça m'interpelle...

Dernière édition par Zingaro le Sam 11 Aoû 2018 - 14:26, édité 1 fois (Raison : passage au vouvoiement)

descriptionSens philosophique de la lecture. EmptyRe: Sens philosophique de la lecture.

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kersetimes a écrit:

À ce propos la logique intuitionniste est née d'une réflexion philosophique mais justement je n'ai pas compris ce sujet. 

Bonjour Kersetimes, et bienvenue sur le Forum (ainsi qu'à Pauline.px !).
Avez-vous consulté le mémoire de Jean-Charles Pelland, "De Brouwer à Barsalou : l'intuitionnisme à l'ère des sciences cognitives" ? Dans le premier chapitre il est notamment question des liens, chez l'initiateur de la logique intuitionniste, Brouwer, entre la philosophie et la logique intuitionniste. Et si vous lisez l'anglais, il est possible de consulter directement la traduction de l'opuscule de Brouwer, Life, Art and Mysticism (1905).

descriptionSens philosophique de la lecture. EmptyRe: Sens philosophique de la lecture.

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Bonjour Zingaro

Merci.

Il est obligatoire que je passe par la lecture (et la réflexion) que vous proposez.

Évidemment ça ne va pas être facile pour moi mais je dois en passer par là. 

Comme quoi pour évoluer en mathématiques, on est bien obligé de commencer à réfléchir* à un moment donné ou un autre.

 *réfléchir : se poser des questions philosophiques.
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