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Kant et Jean Piaget.

3 participants

descriptionKant et Jean Piaget. EmptyKant et Jean Piaget.

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Pour Jean Piaget (cf. la construction de l'espace, la genèse de la notion de temps, etc.) l'espace et le temps ne sont pas, semble-t-il, donnés a priori. L'enfant les construit, et cette construction prend du temps, passe par plusieurs stades ; la part de l'expérience paraît donc essentielle dans cette construction.

Je limite ma remarque à L'esthétique transcendantale, mais il en est de même chez Piaget pour le nombre par exemple, (la conservation du nombre) et d'autres catégories kantiennes (de la logique de l'enfant à la logique de l'adolescent)...
Ma question est la suivante : La Critique de la raison pure suppose-t-elle une pensée adulte ? Est-elle au fond une psychologie de l'adulte, de l'adulte en bonne santé mentale ?

descriptionKant et Jean Piaget. EmptyRe: Kant et Jean Piaget.

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Bonjour, 

L'a priori kantien n'est pas la même chose que l'inné.

Kant ne fait pas de psychologie. Aussi ne s'intéresse-t-il pas à la genèse psychologique des catégories ou des représentations d'espace et de temps.

Que l'espace et le temps soient des formes pures et a priori de la sensibilité signifie qu'elles sont des conditions nécessaires pour l'intuition de choses spatiales déterminées et d’événements temporels déterminés. 

A part cela il se peut très bien que nous les acquerrions au cours de l'expérience ou qu'elles fassent l'objet d'un développement, comme le veut Piaget. Cela ne change rien à leur valeur de représentations nécessaires, cela concerne seulement leur mode d'acquisition.

Bien à vous.

descriptionKant et Jean Piaget. Emptya priori

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Bonsoir et merci pour votre réponse. Vous distinguez justement a priori et inné.

Mais quand Kant écrit
Kant a écrit:
Sous le nom de connaissances a priori nous entendons donc désormais non pas celles qui sont indépendantes de telle ou telle expérience, mais celles qui ne dépendent absolument d'aucune expérience
On peut penser légitimement, me semble-t-il, que celles dont la genèse est basée sur l'expérience ne sont plus a priori. Aussi à cette définition faut-il peut-être préférer celle qui fait référence à la nécessité et/ou à l'universalité. C'est un peu, si j'ai bien compris, le sens de votre message...

Il reste que la distinction, que j'admets volontiers, est assez subtile : connaissances tout à fait indépendantes de l'expérience mais "produites" par.
Reste aussi que, si on admet le cadre des démonstrations de Piaget, la raison de l'enfant reste hors de la Critique de la raison pure.

Cordialement.

descriptionKant et Jean Piaget. EmptyRe: Kant et Jean Piaget.

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Je n’ai pas lu Piaget et ne pourrai donc pas vous éclairer directement par rapport à votre question. Par contre, comme l’indique NaOh, le rapprochement avec Kant semble ici un peu brutal. Peut-être Piaget l’utilise-t-il d’une façon ou d’une autre, mais votre exposé est probablement trop succinct pour que l’on puisse comprendre ce point.

Comme indiqué par NaOh, les concepts d’« a priori » et d’« a posteriori » chez Kant ne traitent pas des questions de l’inné et de l’acquis. Le problème de Kant est plutôt de se situer entre l’empirisme (toutes nos connaissances nous viennent des sens, cf. Hume par exemple) et le rationalisme (toutes nos connaissances nous viennent de la raison, Descartes par exemple).

descriptionKant et Jean Piaget. EmptyRe: Kant et Jean Piaget.

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Machaon a écrit:
Bonsoir et merci pour votre réponse. Vous distinguez justement a priori et inné.

Mais quand Kant écrit
Kant a écrit:
Sous le nom de connaissances a priori nous entendons donc désormais non pas celles qui sont indépendantes de telle ou telle expérience, mais celles qui ne dépendent absolument d'aucune expérience
On peut penser légitimement, me semble-t-il, que celles dont la genèse est basée sur l'expérience ne sont plus a priori. Aussi à cette définition faut-il peut-être préférer celle qui fait référence à la nécessité et/ou à l'universalité. C'est un peu, si j'ai bien compris, le sens de votre message...

Il reste que la distinction, que j'admets volontiers, est assez subtile : connaissances tout à fait indépendantes de l'expérience mais "produites" par.
Reste aussi que, si on admet le cadre des démonstrations de Piaget, la raison de l'enfant reste hors de la Critique de la raison pure.

Cordialement.


Bonjour,

Pour illustrer la différence entre valeur d'une représentation et mode d'acquisition de la représentation, on peut penser à un exemple de ce genre : soit la proposition "le tout est plus grand que la partie". 
Il s'agit d'une proposition nécessairement vraie et qui n'est certainement pas issue de l’expérience. Car pour pouvoir déterminer qu'un tout empirique est plus grand que l'une de ses parties empiriques, je présuppose les concepts de tout et de partie et il serait vraiment étrange que je rencontre dans l'expérience une partie qui ne soit pas plus petite que le tout (en effet, l'expérience c'est toujours ce qui peut être ainsi et autrement). 
Cela étant, nous pouvons raisonnablement dire qu'un nourrisson de six mois (qui ne parle même pas) ne possède pas cette connaissance. Ce n'est que plus tard qu'il en viendra à connaître cette vérité, si par exemple il apprend la géométrie. 
On peut s'interroger sur la question de savoir comment il acquiert cette connaissance. Probablement le fait-il en comparant dans des figures les parties et le tout. Et ainsi, il est amené à reconnaître par réflexion la vérité dont il est question.
Mais encore une fois, ce n'est pas là la découverte d'une connaissance empirique, bien qu'elle soit aperçue dans le cours ou à l'occasion d'une expérience. Il n'y a pas en effet d'expérience imaginable qui soit contraire à cette vérité : le tout est plus grand que la partie.

Pour l'espace et le temps, c'est un peu la même chose : nous ne découvrons les formes pures de l'intuition qu'à l'occasion de l'intuition des objets (sens externe) ou de notre vie psychique (sens interne). Du reste celles-ci (les formes) et celles-là (les intuitions déterminées), ne sont séparables qu'en pensée. Car naturellement, dans l'expérience nous ne rencontrons que du divers spatio-temporel déterminé. Mais ce divers est toujours et universellement informé par l'espace et le temps. C'est la réflexion sur cette expérience qui nous fait apercevoir les formes dans lesquelles nous intuitionnons. Or cette réflexion, le nouveau-né ne la fait pas, ni même la plupart des hommes si l'on s'en rapporte à la résistance qu'a rencontrée la doctrine des formes de l'intuition depuis qu'elle a été proposée par Kant.   

Pour finir, et pour résumer mon propos, il faut se référer au commencement de l'introduction de la Critique qui stipule que si toute connaissance commence avec l'expérience elle n'en provient pas toute. (je cite de mémoire) Cette différence entre l'origine d'une connaissance et son fondement est essentielle si l'on ne veut pas faire de contresens sur le philosophie Kantienne de la Connaissance.

Bien à vous.
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