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Trop de liberté ?

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Euterpe
Collegienmv
7 participants

descriptionTrop de liberté ? - Page 10 EmptyRe: Trop de liberté ?

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J'avais volontairement pris un exemple simplifié (en réduisant la "société" à deux personnes) pour montrer que celui qui fait la loi (le maître) est celui qui est libre. Il ne fallait donc pas en tirer la conclusion que chacun fait sa loi. Et il est impropre d'évoquer ici l'anarchie car l'anarchie c'est l'absence de loi.

Quant aux lois qui régissent nos sociétés modernes (je veux dire démocratiques), leur respect par le citoyen n'est pas incompatible avec sa liberté, dans la mesure où ces lois émanent de la volonté du peuple lui-même.

descriptionTrop de liberté ? - Page 10 EmptyRe: Trop de liberté ?

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Janus a écrit:
Quant aux lois qui régissent nos sociétés modernes (je veux dire démocratiques), leur respect par le citoyen n'est pas incompatible avec sa liberté, dans la mesure où ces lois émanent de la volonté du peuple lui-même.
Même en théorie, ça ne tient plus. La crise de la représentation dont parlent régulièrement nos hommes politiques ne date pas d'aujourd'hui. D'une certaine manière, elle est inhérente à la Ve république depuis que le président est élu au suffrage universel direct. Le pouvoir législatif est très réduit. Comme on dit souvent (quoique la chose soit un peu exagérée) le parlement ne sert plus qu'à l'enregistrement.

Les lois ne peuvent être conçues comme une émanation de la volonté du peuple que dans une démocratie directe ou représentative (indirecte). Dans le cas d'une démocratie représentative, il faut non seulement que le pouvoir législatif soit égal au pouvoir exécutif, mais que la consultation populaire soit réelle. Elle le fut en 1788-1789. En 1790, ça sentait déjà le roussi. En 1791, c'était fini. Sous la troisième, il y a eu un moment comme une espèce d'unanimité autour du régime parlementaire. Quant à la légitimité de la Ve, aujourd'hui acquise, elle ne tient qu'à l'élection du président au suffrage universel, justement. C'est une folie pure, puisque cela consiste, pour le peuple, à se confisquer sa propre représentation en marchant allègrement sur la représentation parlementaire qu'il élit pourtant comme il élit son président. Voyez comme on se plaint de l'Europe quand il s'agit de négocier un accord, un traité, etc., on dit que les parlements se substituent aux peuples. On veut le leurre et l'argent du leurre...

Dernière édition par Euterpe le Mar 14 Aoû 2012 - 22:48, édité 1 fois

descriptionTrop de liberté ? - Page 10 EmptyRe: Trop de liberté ?

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Il est question ici d’analyser le lien entre liberté et représentation de la volonté du peuple : cette représentation est certes la somme des volontés individuelles, mais qui se confondent donc avec des désirs ou intérêts particuliers qui, considérés isolément, ne sont pas de la nature d’une liberté au sens de volonté mais au sens d’instinct libéré de toute contrainte. Certes ceux-ci doivent être pris en compte, mais la particularité (qui est une difficulté) de la démocratie, c’est qu’elle doit à la fois rassembler, unir toutes ces différences qui chercheraient naturellement à s’exclure, mais surtout elle doit se fonder sur ce qu’il y a d’identique et universel en chaque individu. D’où l’importance d’un "leader" politique (et pas seulement d’un parlement), on constate d’ailleurs l’importance de son aspect charismatique. Un représentant unique chargé d’assembler spirituellement et psychologiquement, un peu à l’image du Père, sur la base de valeurs et de principes universels que chaque nouvelle génération hérite historiquement de la précédente.
On peut remarquer d’ailleurs que nos parlements ne représentent pas des intérêts particuliers (au sens de corporatisme), mais qu’ils sont élus sur une base territoriale, le citoyen dans la sphère politique étant une pure abstraction de l’individu dans la sphère privée ou économique. Représentation parlementaire et représentation présidentielle (chez nous le Président de la république occupe cette fonction unifiante autrefois remplie par ce roi guillotiné, au sein de cette entité qu’est la nation) sont ainsi dialectiquement complémentaires.
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