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L'existence de la liberté

+6
Euterpe
Baschus
Silentio
Liber
Desassocega
jem
10 participants

descriptionL'existence de la liberté EmptyL'existence de la liberté

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Je tente de proposer un sujet, je ne sais s'il sera de qualité, je débute dans ce domaine ;), je préfère répondre aux questions que de les poser :).

Je m'interroge sur l'existence de la liberté. Au même titre que le bonheur je me demande si la liberté existe ou du moins si elle a une consistance dans notre monde (j'entends par « le monde » l'environnement dans lequel nous vivons, au-delà de nos perceptions). Le sujet m'est venu après avoir vu une émission sur la surveillance de la population aujourd'hui. Le premier degré de la discussion sera là. De nos jours la surveillance des populations est mise en place pour assurer notre sécurité, mais ne va-t-on pas trop loin dans la surveillance, ne va-t-on pas jusqu'à entraver les libertés des hommes pourtant assurées dans les droits de l'homme ?

Pour le deuxième degré, plus philosophique, je pousse la réflexion en me demandant si la liberté n'est pas simplement inaccessible pour l'être humain. Après tout si la liberté est le fait de n'avoir aucune contrainte, alors même si l'on abolit toute les contraintes des sociétaires, il reste à prendre en compte les contraintes du corps, c'est-à-dire les limitations que lui imposent ses perceptions et ses besoins. De plus il reste à prendre en compte les limites qu'il se fixe lui-même. Et même si toutes ces contraintes sont abolies, l'homme n'en reste pas moins dépendant de sa volonté non ? Et là je parle de liberté individuelle, la liberté devient d'autant plus irréelle quand on la confronte à une communauté. La liberté n'existe donc pas. Ou du moins pas pour l'être humain.

descriptionL'existence de la liberté EmptyRe: L'existence de la liberté

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ou du moins si elle à une consistance

Que voulez-vous dire ?

De nos jours la surveillance des populations est mise en place pour assurer notre sécurité, mais ne va-t-on pas trop loin dans la surveillance, ne va-t-on pas jusqu'à entraver les libertés des hommes pourtant assurées dans les droits de l'homme ?

Ceci me rappelle mon sujet de TPE dans lequel j'avais cité l'exemple de la surveillance extrême de la ville de Londres...

il reste à prendre en compte les contraintes du corps, c'est-à-dire les limitations que lui impose ses perceptions et ses besoins. De plus il reste à prendre en compte les limites qu'il se fixe lui-même.

Sans oublier les causes qui nous déterminent... Pour ma part je ne pense pas que l'homme soit libre, il en a simplement l'illusion... Spinoza le disait aussi, mais pour moi l'essai de Schopenhauer sur la Liberté prouve que l'homme n'est pas libre et qu'il n'y a pas de libre arbitre, je conseille cet essai à toute âme philosophique.  :D

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La liberté est un idéal très séduisant. Mais en réalité, l'homme n'a pas besoin de beaucoup de liberté. Dès qu'il en a trop, il recherche l'ordre, donc la contrainte. De nos jours, nous jouissons de beaucoup de liberté d'expression, chose qui manquait souvent dans le passé. Cela nous a-t-il délivrés des préjugés, du qu'en dira-t-on, de l'hypocrisie ? On croyait être enfin libres, nous voilà de nouveau esclaves, et d'une manière beaucoup plus insidieuse, à laquelle il sera bien difficile d'échapper. Je trouve l'homme moderne bien plus esclave et pusillanime que celui du passé.

descriptionL'existence de la liberté EmptyRe: L'existence de la liberté

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Vous risquez de confondre la liberté métaphysique ou ontologique et la liberté politique, même si on peut montrer en quoi elles sont liées. Cette dernière est celle que l'homme se donne au travers de la loi qui oblige le souverain et contraint les sujets selon la volonté qui s'est exprimée pour décider de ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, afin de garantir le bien commun et la possibilité de l'action et de la vie entre les individus. Mais cette liberté, essentielle au politique, est celle que l'homme veut pouvoir s'attribuer. Elle correspond au devoir-être qu'il vise et qui va à l'encontre de l'être. On ne sait pas si la liberté existe réellement et le discours politique, notamment par le biais du droit, peut être aussi bien une manière de limiter la puissance individuelle et d'objectiver le réel pour exercer sur lui un pouvoir ou une domination. C'est cependant cela qui permet l'épanouissement des individus qui vivent ensemble, pouvant jouir des droits autant qu'ils ont des devoirs pour ne pas s'entretuer. Édicter un semblant de liberté peut néanmoins être la marque d'un asservissement plus profond des sujets à la volonté des plus forts qui ont transformé leur force en droit. D'autre part, la loi humaine peut imiter la loi de la nature, s'y substituer comme nouvelle nécessité à l'échelle du monde humanisé. Toutefois, il est certain que l'être prime sur l'artifice et il faudrait voir ce qu'est l'homme dans le monde. Or il apparaît qu'il dépend de certaines conditions de possibilité qui le rendent par conséquent en position de pouvoir accomplir des actes tout en étant limité par l'altérité (le monde, autrui) et la finitude (le corps), etc. Néanmoins, si on peut critiquer le libre-arbitre, on peut reprendre la conception de liberté de Spinoza, qui consiste dans la puissance, c'est-à-dire à exprimer ma propre nécessité. Cette conception implique un rapport de force constant dans lequel la force peut varier et s'exercer. La liberté politique se retrouve ici dans son effectivité, ses conséquences sur le réel, dans ce que le discours produit sur les conduites.

Dernière édition par Silentio le Lun 22 Aoû 2011 - 15:59, édité 4 fois

descriptionL'existence de la liberté EmptyRe: L'existence de la liberté

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Mais en réalité, l'homme n'a pas besoin de beaucoup de liberté. Dès qu'il en a trop, il recherche l'ordre, donc la contrainte.

A noter tout de même que la liberté et la contrainte ne sont pas opposées, ces deux notions vont ensemble je dirais même. Prenons par exemple les lois, elles nous contraignent, car nous leur sommes soumis, cela veut-il dire que ça nous empêche d'être libres ? Bien au contraire. La liberté et l’obéissance vont ensemble : là ou il n’y a plus d’obéissance, il n’y a plus de liberté et là ou il n’y a plus de liberté, l’obéissance n’est plus démocratie, elle est tyrannie. Obéir aux lois que nous nous sommes fixées à nous-mêmes, c'est finalement ça la liberté. Et c’est en ce sens que la démocratie est la forme politique de la liberté.

On croyait être enfin libres, nous voilà de nouveau esclaves, et d'une manière beaucoup plus insidieuse, à laquelle il sera bien difficile d'échapper. Je trouve l'homme moderne bien plus esclave et pusillanime que celui du passé

Tout à fait, c'est ce que Tocqueville nommait le despotisme sournois me semble-t-il, car nous vivons dans une prison sans barreaux, et ceci est la prison la plus efficace !
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