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L'existence de la liberté

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descriptionL'existence de la liberté - Page 7 EmptyRe: L'existence de la liberté

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Janus, à l'avenir utilisez la fonction d'édition pour ne pas poster plusieurs messages à la suite.

descriptionL'existence de la liberté - Page 7 EmptyRe: L'existence de la liberté

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La liberté, quelle belle phrase que vous avez citez ! "L'homme n'est plus esclave que de lui-même".
En effet, quand on voit certains talents dans telle matière, ou telle faculté dans d'autres domaines, on se demande pourquoi ces personnes ne se lancent pas à corps perdu dans ce qui devrait être leur épanouissement.
On se rend compte de cette différence de perception chez les hommes ayant vécu des périodes très dures qui les ont rapprochés un peu plus de la mort. Ces personnes ont bien plus la notion du : "je n'ai rien à perdre."

Sinon, je pense qu'il y a une sorte de hiérarchie des libertés. La plus vaste et répandue est la liberté que je qualifie de naturelle - cloisonnée dans la nature. En effet, on ne peut user du temps à l'infini parce que nous sommes tous mortels. Nous ne pouvons lever une tonne à bout de bras. Bref, cette liberté s'applique de par le monde à la nature entière.

Ensuite, vient la liberté que je qualifierais de sociale : "la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres". Et cette liberté est appliquée par la société pour le "vivre ensemble". Cette liberté a de l'incidence sur nos relations afin de limiter les conflits, mais aussi sur les possibilités de désir que nous propose la société dans son ensemble. A ce titre, je rappellerais la phrase suivante : "il n'y a pas plus esclave que celui qui croit être libre". On se demande à ce titre où commence l'esclavagisme et où s'arrête la liberté. En effet, si un homme nous pousse à exécuter une tâche qui va dans le sens de notre propre recherche de plaisir, l'ordonnateur est-il réellement le tortionnaire ?On tomberait dans ce cas dans un idéal de société où tout le monde serait satisfait. Sauf que l'homme en veut toujours plus et cette situation ne peut être durable. En effet, si les notions peuvent être acceptables, les proportions ne peuvent que créer un trouble et donc un désaccord.

Mais il y a aussi la liberté que je qualifierais de l'"autre". En effet, il n'y a pas de loi pour nous interdire de nous balader dans la rue avec un entonnoir sur la tête, et pourtant le regard de l'autre nous enserre aussi des limites. Et ces limites sont même parfois strictement communautaires agissant sur de petits groupuscules.


Alors oui, au final, je trouve que la phrase de tête est vraiment bien tournée pour exprimer ce qu'est la liberté pour l'homme.

Dernière édition par gaz le Sam 10 Mar 2012 - 16:51, édité 1 fois

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La solution peut sembler pratique, mais pas si simple pourtant. Entre la liberté sauvage du petit enfant des peuples primitifs qui n’avait, on s’en doute, que faire de scrupules liés au mensonge et celle devenue volonté de notre garçonnet des temps modernes qui, s’identifiant à ses parents, n’ose mentir de crainte de ressembler à Pinocchio, il y a tout un monde ! Par quel chemin et quelles médiations le désir animal s’est-il transformé en impératif catégorique (qui s’intègrera à son tour à l’esprit de la Loi institutionnelle), cela la logique de la raison pratique ne nous le dit pas.

Kant (Critique de la raison pure), en clarifiant la distinction entre monde phénoménal (représentation) et ordre nouménal (la chose en soi, inaccessible à notre entendement), a bien entendu réussi à souligner ces fameuses antinomies visant à mettre un terme aux vieilles querelles d’ordre théologique et à toute tentative, vaine,  de faire une quelconque démonstration de l’existence de Dieu.
Mais il n’a pas pour autant renoncé à faire lui-même preuve de foi dans sa conception de la raison pratique, qui laisse à son tour non résolus beaucoup d’autres présupposés métaphysiques, dont la notion d'a priori invoquée en éthique et largement contestée par les empiristes. Si on peut lui être reconnaissant d’avoir, comme il l’a fait grâce au génie de ses cogitations, mis beaucoup de lumière dans la pensée philosophique, il n’a pas pour autant pu éviter de soulever de nouvelles antinomies, comme entre causalité naturelle et causalité libre par exemple, et il nous faudra sans doute aborder les méandres de la dialectique hégélienne (phénoménologie de l'esprit ou philosophie du droit en particulier) si l’on espère aller plus loin pour tenter d'élucider ces antinomies et avancer sur ce concept de liberté, qui bien que situé au sommet des valeurs de notre Constitution par exemple, n'a pas encore réussi à être cerné par une simple définition, ni à montrer avec évidence toutes les vertus de sa réalisation.

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Tom a écrit:
Il est vrai Janus que la liberté au sens métaphysique n'est pas sans intérêt, et puisque vous évoquez Kant, parlons-en.

Je juge les disputes métaphysiques comme une perte de temps, je trouve qu'on échappe au vrai problème à ne saisir que le problème métaphysique pour lui-même. Je vais m'attacher à la solution de la 3ème antinomie de la raison pure de la Critique de la raison pure. Mais faisons comme rappel un petit détour formel par l'exposition de la 3ème antinomie.

Qu'observons-nous ? Déjà, par exemple dans mon édition (GF) chacune des thèses et antithèses est exposée l'une en face d'une autre, toutes s'opposent bec et ongles. Pourquoi une telle forme ? Ce que Kant veut signifier c'est que la métaphysique est un problème quand elle s'attache à des questions métaphysiques comme "la liberté existe-t-elle ?", et que faute de solution, la métaphysique rentre dans des disputes qui n'en finissent pas. La raison ici se révèle dialectique et reste collée à ses contradictions.

Passons à la solution, parce qu'il y en a une !

Ce que Kant nous révèle c'est que la liberté n'est pas impossible. On pourrait se dire, "c'est tout...", mais justement c'est plus malin que ça : quand un enfant de deux ans dit : "c'est pas juste", que fait-il ? Il fait appel en lui à un certain sens moral et juge du monde tel qu'il est à partir de son idée du monde tel qu'il devrait être. Le mythomane pourrait très bien arrêter de mentir, et s'il le fait c'est qu'il a fait appel en lui à l'idée du devoir. Tout ça est déjà sur un plan pratique puisque sans contradiction avec le monde phénoménal. Enfin, je vous renvoie à la 3ème antinomie...

Toute la solution va vers une direction : sortir de la liberté métaphysique pour un plan plus pratique. Le mouvement de Kant est pertinent, mais il faut aller plus loin : rentrer dans le domaine où la liberté peut se réaliser. Ce monde, c'est celui des phénomènes (sociaux, économiques, politiques) où l'on juge du monde tel qu'il devrait être et où l'on agit librement dans les limites mêmes de la liberté.

Je ne connais pas Thomas Hobbes personnellement, mais je me pose plusieurs questions qui pourraient même se recouper.

La liberté n'est-elle pas une forme de critique de la matière ? Une critique de ce qui est libre ? Une critique de ce qui est soumis à des forces ? (l'air, ça circule ; le sol c'est à demeure à quelques minutes près).
La liberté est-elle l'appellation que la loi a donné à ce qui devait être reconnu libre ou pas par le sens commun ?
Un "Conscient" qui serait "sauvage", avec un affect disons "peu étendu", disons plutôt loup que homme ne serait-il pas plus libre qu'un "Conscient", dirais-je plutôt, "humanisé" ? (en tout bien, tout honneur).
L'homme n'est-il pas suffisamment qualifiable comme humain pour grandement se limiter dans une appréhension du caractère libre de la liberté ? Auquel cas toute notion de liberté en deçà de ses limites ne serait-elle pas une figure de l'esprit sans incidence matérielle (et suffisamment abstraite pour être plutôt de l'ordre de la capacité humaine) ? Avouez que c'est ironique, l'homme serait tellement humain qu'il serait poussé, pour l'assumer, à se servir de ses capacités cérébrales hors du commun, à moins que ça ne soit justement parce qu'il est cérébralement humain qu'il soit poussé à se considérer comme homme, voire peut-être même les deux en même temps.
Personnellement, c'est en ce sens que je comprends une des antinomies qui sont décrites plus haut, mais je ne suis pas certain de comprendre correctement le sens de ces antinomies.
Cela m'inspire d'autres questions :
L'homme n'est-il pas trop humain pour être libre ? Sans être Sartre : l'homme peut-il aspirer à être libre autrement qu'en se condamnant à être libre ? Je peux me tromper mais je crois que ce n'est pas impossible. N'est-ce pas ? (en dehors de toute notion de coupable, victime ou même innocent).
Est-ce que  nommer, figurer, temporiser, par exemple du "réel", peut porter atteinte à la notion de liberté ?
Si selon Voltaire la tolérance est limitée par sa propre définition, est-ce que la liberté ne se limite pas elle-même de la même manière ? (Je suis une considération nuancée de mesure donc je suis indépendante de la notion d'absolu...) L'absolu lui-même ne se compare-t-il pas au reste dans une relation de qualification ?

Cela m'inspire quelques dernières questions qui résument, après coup, à mon sens, un peu toutes les autres :
Est-ce que exister est une des meilleures idées pour ne pas être libre ?
Les angoisses, insomnies, paniques, capacités dépressives (selon la théorie de phychothérapie de Pierre Fédida, psychanalyste), anxiétés sont-elles des formes de liberté ? des libertés propres à soi-même et/ou des libertés de son propre corps sur soi ?  
La liberté est-elle contraire à ce que l'homme a d'humain ? (quand je suis libre, j'agis d'une manière qui n'est pas spécifiquement le propre de l'homme). La liberté est-elle un simple léger frein à l'humain, ou un levier mineur "pour les prudents, les asthéniques et les peureux" ?
Est-ce que tout en étant un concept employé par tous, la liberté repose sur des nuances propres à chacun ?
(Je pense aller lire, pour m'aider à réfléchir, Comme il vous plaira de Shakespeare.)

J'espère ne pas avoir embrouillé le thème et ne pas avoir soulevé, à outrance, des questions auxquelles une réponse avait déjà été donnée, ni posé des "problèmes" aux "énoncés" contradictoires et absurdes.
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