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Trop de liberté ?

+3
Silentio
Euterpe
Collegienmv
7 participants

descriptionTrop de liberté ? - Page 9 EmptyRe: Trop de liberté ?

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Bonjour,

Permettez-moi d’intervenir ici de façon un peu impromptue, mais puisque la question "trop de liberté ?"  a conduit à  cette relation avec l'évolution, j’aimerais faire remarquer que l’homme n’est pas un animal ordinaire, en ce que justement son adaptation à l’environnement consiste, au plan de la science et des techniques,  à inventer toutes sortes d’outils lui permettant de s’en protéger. Lui manque-t-il des ailes, il invente l’avion, lui manque-t-il des nageoires, il invente le bateau, souffre-t-il d’une faiblesse auditive, il invente le téléphone, etc. En fait tout cela lui permet surtout, bon gré mal gré, de raccourcir les distances qui le rapprochent d’autrui et je ne pense pas que ces innovations aient véritablement eu le dessein de le rendre individuellement plus "libre" ou plus heureux.

Le but de la civilisation qui engendre ces progrès serait plutôt de sacrifier l’individu au profit de l’ensemble du groupe, l’obligeant à en devenir solidaire, et on pourrait presque dire que plus l’homme devient libre dans la modernité (au sens politique de mieux protégé juridiquement, libéré par l’institution de l’oppression du plus fort) et plus il devient aliéné par elle. C’est comme si la société qui pourtant puise sa liberté dans celle, toute naturelle et originelle, de l’individu, en faisait une sorte de relecture rationnelle ou savante pour la réorienter au profit de ce que l'on désigne par culture.

descriptionTrop de liberté ? - Page 9 EmptyRe: Trop de liberté ?

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En effet, je ne l’avais pas expressément précisé, pensant que c'était sous-entendu par le reste de mes remarques. L’aliénation telle que je la conçois correspond à ce que l’on perd lors d’un échange, mais pour acquérir une liberté (acquise au niveau du Droit et des institutions publiques) de qualité supérieure et donc entendue dans le sens positif ou optimiste du terme, soit le sens attribué par Hegel.
Aliénation au sens de concession d’une partie de sa liberté (naturelle, originaire ou antérieure) au profit d’une liberté "instituée", garantie par la civilisation. A titre de comparaison et dans un tout autre registre : tout comme le citoyen consent à aliéner une partie de sa souveraineté nationale au profit de l’union européenne, sachant que toute alliance consiste à abandonner un peu de soi-même au bénéfice d’un tout plus grand et meilleur (à condition que cette alliance ne soit pas pervertie et parasitée par des intentions néfastes).

L’expression "relecture" est venue spontanément sous ma "plume" pour exprimer de façon résumée que nature et culture ne sont pas opposées, la première contenant en elle le germe de la seconde qui se réalise avec le temps et tout au long de l’histoire concrète, vécue, d’où l’idée d’une progression (avantageuse) dans la modernité.
On est donc chez moi à l’opposé de l’idéologie anti-progrès (que j’assimile à ce qui serait domination d'une "pulsion de mort" dans le langage freudien). On peut donc sans doute éviter toute allusion à Deleuze, dont je ne vois pas l’utilité.

descriptionTrop de liberté ? - Page 9 EmptyRe: Trop de liberté ?

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Vu le nombre de réponses, je n'ai lu que le topic.

La liberté, tout le monde l'a à plus ou  moins grande échelle. Qu'est-ce qui donne les limites à notre liberté ? Ce sont deux grands ensembles qui sont les lois de la nature ainsi que les lois de la communauté dans laquelle nous vivons (lois françaises par exemple). Qu'est-ce qui donne cette différence d'échelle (de niveau de liberté) entre les individus ? Ce sont les différentes conséquences des actes définis par les lois. Au final, rien n'est jamais interdit réellement à l'Homme, mais les conséquences donnent la mesure de la liberté.

Concrètement, rien ne nous interdit de sauter d'une bosse de 2 mètres de haut... De la même manière, rien ne nous interdit de la faire de 50 mètres de haut... On est concrètement libre de le faire dans les deux cas, mais les conséquences donnent le degré de liberté. C'était donc pour exprimer les lois de la nature. Pour les lois de société, c'est la même chose mais avec un gars qui vole un bonbon dans une boulangerie et un gars qui vole une banque avec une arme... Au final, la mesure de liberté n'est pas définie par les actes, mais par les conséquences.
La liberté absolue, nous l'avons tous du fait même du choix de notre existence.

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Gaz,


Même dans le langage courant, lorsqu’on dit d’un ton révolté : "ce n’est pas toi qui fait la loi !", on a bien intuitivement intégré que le maître (donc titulaire de la liberté), c’est celui qui fait la loi et non celui qui la subit. Jusqu’à nouvel informé l’homme n’a aucun pouvoir sur les lois de la nature, qui par définition s'imposent à lui (voir notions de déterminisme, causalité, etc.). Mais l’homme dispose néanmoins de sa raison (ou plutôt ses facultés d’entendement, sa logique innée) pour comprendre les mécanismes des lois naturelles, les exploiter à son propre profit, ou encore faire de la prévention et se protéger de ses agressions.

Les "conséquences" évoquées refléteraient donc plus précisément un degré plus ou moins important d’asservissement, les limites de l’action autorisée (non interdite) et non un quelconque degré de liberté qui se mesure à la capacité de s'auto-limiter, de s'imposer à soi-même des règles.
Quant à la liberté absolue, à part au niveau de l’idée purement abstraite, je ne l’ai jamais croisée sur le chemin concret de l’existence.

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Janus a écrit:
Même dans le langage courant, lorsque l’on dit d’un ton révolté : "ce n’est pas toi qui fait la loi !", on a bien intuitivement intégré que le maître (donc titulaire de la liberté), c’est celui qui fait la loi et non celui qui la subit.
De fait, ce n'est pas l'autre qui fait la loi, ni même qui appliquerait la conséquence, mais le maître absolu restera toujours l'individu, le maître de sa liberté, et donc d accepter de subir ou non la conséquence de ses actes.
Et on le voit bien aujourd'hui de la part d'une certaine jeunesse qui juge les conséquences dérisoires et par conséquent s'octroie une liberté qui n'en est pas une car elle en accepte les conséquences.

De plus, si vous me dites que le maître, celui qui use de la liberté, c'est celui qui la fait, à ce stade, chacun fait sa loi et la loi au sens social n'existe plus, c'est l'anarchie.

Par contre, pour m'auto-mutiler, j'avoue que l'idée même de base qui consiste à dire que "la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres" me chagrine dans mon raisonnement. Mais elle me conforte dans le fait que l'on ne peut que subir une loi puisque ces lois sont définies en rapport à l'"autre" et donc pour le sens commun.
Donc, oui, je pense que comme vous l'avez écrit, la liberté est subie puisqu'elle est la définition de conséquences supplémentaires à celles de la nature.

Dernière édition par gaz le Mer 7 Mar 2012 - 20:49, édité 1 fois
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