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Faut-il croire au destin ou se sentir libre ?

5 participants

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Silentio a écrit:
Quelle est la différence entre d'un côté l'être et le paraître et de l'autre l'apparence et l'essence ?

Le couple "être-paraître" se manifeste dans une réalité nouménale où ce qui paraît serait une illusion, une erreur vis-à-vis d'un être caché. On ne s'occupe pas ici de la détermination. Alors que le couple "Apparence-Essence", anéanti après s'être débarrassé du couple "Puissance-acte", nous parle d'un pouvoir déterminant au sein de l'être qui sera anéanti lui aussi par voix de conséquence.

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Ne resteraient plus que des phénomènes purs, donc ? Sur fond de hasard et d'absurde alors, à charge pour les hommes de relier le divers de leurs actualités ou apparitions successives (leur suite ininterrompue d'hic et nunc) par un projet, une histoire. Leur essence à venir ?

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Euterpe a écrit:
Ne resteraient plus que des phénomènes purs, donc ? Sur fond de hasard et d'absurde alors, à charge pour les hommes de relier le divers de leurs actualités ou apparitions successives (leur suite ininterrompue d'hic et nunc) par un projet, une histoire. Leur essence à venir ?

Ne serait-ce pas nietzschéen, tout ce que vous dites là ? ;)

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euterpe a écrit:
Ne resteraient plus que des phénomènes purs, donc ? Sur fond de hasard et d'absurde alors, à charge pour les hommes de relier le divers de leurs actualités ou apparitions successives (leur suite ininterrompue d'hic et nunc) par un projet, une histoire.

C'est ainsi que je le comprends.
Euterpe a écrit:
Leur essence à venir ?

Le problème avec cette essence c'est qu'elle adviendrait une fois que l'existant n'est plus. Comment Sartre se dépatouille-t-il avec ça ? Il ne parle de l'essence que pour poser la pleine et entière responsabilité humaine et laisser entrevoir une finalité au projet. Mais cette finalité est à chaque instant à partir du moment où l'être est plongé dans l'existence. Un coup de projecteur sur chaque instant T éclaire une essence sensiblement différente de la précédente et de la suivante. Ce n'est donc plus une essence qui déterminerait un être futur, mais un être qui par son futur détermine une essence. En quelque sorte le futur modifie le passé à chaque fois que l'étant lui surajoute de l'existence. Si l'étant n'est plus, alors l'actualisation de l'essence prend fin.

Mais est-ce aussi la fin de l'essence ? Je pense que Sartre ne garde ce terme que pour deux raisons. La première pour signifier que l'homme n'est rien au départ et qu'il est de sa responsabilité de devenir ce qu'il veut. La seconde pour se garder un chemin vers une morale. Si l'essence est de chaque instant, on peut juger l'action de l'instant et le projet. Mais il peut y avoir aussi rédemption par ce futur déterminant, et le projet initialement "condamnable" peut devenir l'étape d'un projet plus louable ou encore une erreur de parcours dans ce projet (sans mauvaise foi). Enfin, le sujet peut abandonner son projet. Nous sommes dans le renversement des valeurs. Mais pour ma part, à la disparition de l'étant il n'y a plus d'essence au sens propre du terme, seulement un être exceptionnel dans son mode de conscience et qui laisse ce que d'aucuns nomment "essence" et que je considère comme une "empreinte prise". Il se trouve à partir d'ici dans le texte de Sartre une absurdité que les existentialistes Chrétiens ne manqueront pas de dépasser. Pour l'expliquer il faut remonter à la définition de ces deux genres d'êtres que sont l'en-soi et le pour-soi. Le premier est un être qui ne peut être que ce qu'il est ; une table, une chaise, etc. Le second, qui est l'être de la conscience et donc le nôtre, est pure contingence. Il est l'être qui n'est pas ce qu'il est, et qui est ce qu'il n'est pas.

La quête du pour-soi (et donc la nôtre), en tant que projet constitutif de notre mode d'être, c'est-à-dire purement structurel et non pas visant tel projet ou tel autre, est de toujours vouloir fixer son être dans un en-soi, ce qui est impossible. Ce serait peut-être une plénitude pour certains mais d'un ennui sans fin pour les autres, voire la négation même de l'existence. Or l'absurdité survient quand l'étant n'est plus car son passé, et donc son essence a posteriori, est un en-soi… pour autrui ! C'est l'empreinte prise. Prise dans le sens où le ciment peut être pris et donc constitué dans sa fin, dans son projet. Mais pas pour l'étant lui-même car ce sont les autres qui vont alors s'en emparer et juger sur pièce, d'où l'absurdité. Mais pour les existentialistes chrétiens, c'est cette "prise" qui peut retourner à dieu.

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J'aimerais bien savoir qui sont ces existentialistes chrétiens qui ont dépassé Sartre. Peut-être Gabriel Marcel ?
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