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Toutes les vies humaines ont-elles la même valeur ?

4 participants

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Alors qui vous aime lorsque vous êtes aimé ? une glande ? un automate réglé par la production d'une glande ? Quelles sont les limites que vous attribuez à votre capacité à dire "Je" ? Quand vous sentez-vous l'expression d'une activité pulsionnelle et quand vous sentez-vous représentatif de vous-même ? Voyez-vous le genre de questions inconfortables dans lesquelles votre affirmation nous mène ? ou bien je remarque des contradictions là où il n'y en a pas ?

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Merci de votre contribution à cet échange. Vous êtes manifestement épris d'un déterminisme radical en matière de comportement humain qui m'interpelle. Puis-je vous solliciter une autre fois pour tenter de conclure sur la question de l'intentionnalité des actes ?

Ce que Ronin a écrit dans ses textes aujourd'hui laisse à penser qu'il attribue peu de place à l'intention, la motivation, dans le comportement humain. Or, l'une des notions de base en philosophie c'est justement l’intentionnalité de la conscience. Pensez-vous que l'être humain soit doté d'un "sens interne", qu'on pourrait tout aussi bien appeler "sens critique", et que les Anciens ont appelé "Logos", "Ratio" et que nous appelons aujourd'hui "Raison" ou encore "conscience" ? Ce sens interne, cette capacité à évaluer le monde extérieur dans sa réalité sensible et ses propres perceptions qui se manifestent sous forme de ressentis à l'origine d'états affectifs divers et variés, vous le sentez capable de maîtriser les productions de l'activité neuronale, hormonale, historique, sociale au point de se déclarer libre dans ses choix ? Il me semble que vous accordez plus d'importance dans la description du comportement humain aux stimuli sensibles qu'aux motivations personnelles. Ce qui me semble avoir des conséquences d'importance en termes de responsabilité et aussi de valeur.

Si j'avais voulu disputer avec vous sur ce sujet, avec donc bien l'idée d'apporter des arguments les plus tranchants possibles, c'est parce que le déterminisme du comportement ramène au thème de la valeur. Les deux sont liés et apparaissent d'emblée pour peu que l'intentionnalité des actes humains soit convenablement décrite. Si on ne sait jamais pourquoi on est aimé, autant dire que nous ne savons pas ce que nous faisons quand nous aimons ou sommes aimés. Ce qui me semble aussi affecter le sens de la valeur du sentiment amoureux.

Au plaisir de vous relire.

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Gnomon a écrit:
Effectivement, la nature n'accorde aucun droit. Mais c'est bien parce que la nature n'offre que des valeurs relatives que les êtres humains ont estimé nécessaire de vivre en fonction d'une valeur qui serait, elle, absolue : le droit à l'existence.

Mon affirmation est fondée sur une question : si personne ne reconnaît à chacun le droit indiscutable de vivre, comment éviter la situation extrême des chambres à gaz ?

Le droit à vivre n'est pas une valeur présente dans la nature, elle n'est donc pas relative à quelqu'un. Elle est fonction d'un principe érigé en absolu par les êtres humains : le droit à vivre son existence quelle que soit la valeur relative de chacun.

Sinon, rien n'empêche de liquider des êtres humains au prétexte qu'ils possèdent moins de valeur que d'autres. D'où la nécessité, à mon sens, d'instaurer une valeur absolue qui donne à chacun l'importance qu'il mérite, en tant qu'être vivant, même animal, malgré les différences de valeurs entre les êtres.

Etes-vous d'accord ?

Je suis assez d'accord avec la plupart de vos analyses mais j'aurais une objection à propos de ce "droit à l'existence" qui serait à considérer comme le principe le plus absolu, autrement dit comme valeur première dans la hiérarchie des valeurs. J'opterais plutôt pour la liberté à considérer comme valeur première, à propos bien sûr plus précisément de la vie humaine car animaux et végétaux ne sont pas très directement concernés, bien que les civilisations les plus modernes aient une considération de plus en plus grande pour la vie ou la souffrance animale.
La référence à la liberté fonde d'ailleurs ce comportement humain moderne et "cultivé" qui consiste, par exemple dans le cas d'un naufrage, à donner la priorité du sauvetage "aux femmes et aux enfants", c'est-à-dire priorité aux plus faibles, alors que dans la nature c'est au contraire la loi du plus fort qui s'applique. Liberté qui, je le précise, consiste politiquement à donner aux plus faibles les mêmes droits juridiques qu'aux plus forts.
Mais au regard du "droit de vivre", je dirais que les progrès de la liberté font que de nos jours le suicide par exemple n'est plus considéré comme condamnable (contrairement aux interdits religieux en la matière), chacun étant considéré désormais libre de disposer de sa propre vie.

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Je partage votre passion pour la liberté. Quoique, vu les posts précédents, certains entendent la liberté dans un sens très réduit sans vraiment voir qu'ils limitent du même coup la portée et la signification qu'ils accordent à la liberté. Puisque nous en sommes à ce sujet-là, la liberté, puis-je vous demander ce que vous pensez des réflexions de Karl Popper, penseur libéral, sur le paradoxe de la liberté ? La liberté, entendue au sens plein, exclut la liberté d'autrui au nom de la liberté, surtout si on la place au-dessus de tout. Ne devrait-on pas placer la dignité humaine au-dessus de la liberté afin d'éliminer les excès de la liberté ?

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Gnomon a écrit:
Je partage votre passion pour la liberté. Quoique, vu les posts précédents, certains entendent la liberté dans un sens très réduit sans vraiment voir qu'ils limitent du même coup la portée et la signification qu'ils accordent à la liberté. Puisque nous en sommes à ce sujet-là, la liberté, puis-je vous demander ce que vous pensez des réflexions de Karl Popper, penseur libéral, sur le paradoxe de la liberté ? La liberté, entendue au sens plein, exclut la liberté
d'autrui au nom de la liberté, surtout si on la place au-dessus de tout. Ne devrait-on pas placer la dignité humaine au-dessus de la liberté afin d'éliminer les excès de la liberté ?

Une passion peut-être, mais pourtant détachée de tout affect… ... Car en effet la liberté, du moins telle que je l’entends, a pour contrepartie le don de soi à autrui. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’exprimer (auprès de libertaires qui n’ont pas apprécié, étant très hostiles à l’idée de soumission à la loi) que la liberté est en réalité une auto-privation de liberté, consistant à s’auto interdire volontairement d’user d’une liberté totale à l’égard d’autrui, qui conduirait fatalement à lui nuire en abusant de sa faiblesse et en profitant de sa position de force. J’ai d’ailleurs trouvé confirmation de ces remarques dans la psychanalyse freudienne que je découvre actuellement et qui conclut que le principe de réalité (qui pose des limites à l’exercice libre des pulsions, par définition assujetties au plaisir et à la jouissance) consiste finalement en une meilleure garantie du principe de plaisir. Mais je ne vois pas pourquoi on opposerait liberté et dignité. Au contraire, la liberté conditionne la responsabilité et cette dernière est une condition de la dignité. De plus être capable de se sacrifier (raisonnablement) pour autrui n’a rien d’indigne. Dans l’exemple que j’avais cité (sauvetage) est-il indigne de sacrifier volontairement sa propre vie pour sauver un (faible) enfant de la noyade ?


Quant à Popper connu surtout en matière d'épistémologie, je ne le situe pas particulièrement comme un penseur libéral.
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