Portail philosophiqueConnexion

Bibliothèque | Sitographie | Forum

Philpapers (comprehensive index and bibliography of philosophy)
Chercher un fichier : PDF Search Engine | Maxi PDF | FreeFullPDF
Offres d'emploi : PhilJobs (Jobs for Philosophers) | Jobs in Philosophy
Index des auteurs de la bibliothèque du Portail : A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z

La théorie sur la conscience de Dehaene en question

power_settings_newSe connecter pour répondre
+7
PhiPhilo
BOUDOU
Zingaro
Cardinal
Vangelis
Azyb
shub22
11 participants

descriptionLa théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 26 EmptySuite de ce que peut être l'usage, etc.

more_horiz
Suite...

Spoiler :

descriptionLa théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 26 EmptyRe: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

more_horiz
Article très riche auquel je me permets d'apporter juste quelques réponses ponctuelles.

tout usage est déterminé par la relation individu/environnement

Pas nécessairement. L'usage au sens où je l'entendais dans mes posts précédents est une relation communauté (humaine)/institution (langage).

Nous allons donc regarder la distinction entre usage, travail et utilisation, car ces trois dimensions de l'agir humain restituent les trois formes de relations que nous avons avec la matière extérieure à notre corps.

Il y en a d'autres : l'habitus, la coutume, la routine, la production, l'action, etc.

En effet nous n'usons pas de notre corps, nous ne le travaillons pas (sauf en recherche de performation sportive abusive) et encore moins nous l'utilisons, cette simple rectification nous permettra d'aborder la matière comme objet de l'usage, du travail et de l'utilisation. 

Très important et très juste. Contrairement à la doxa scientiste, nous ne pensons pas avec notre cerveau, nous ne digérons pas avec notre intestin au sens où nous peindrions avec notre pinceau (moyen). Nous pensons, digérons, etc., par ce que nous avons un cerveau, un intestin, etc. Tout au plus, peut-on dire, comme Aristote, que "la main est pour ainsi dire un instrument qui tient lieu des autres instruments" (Aristote, Parties des Animaux, 687a).

Et donc nous sommes conduits à prendre cette triple distinction, usage, travail, utilisation comme nécessaire pour subvenir à l’élucidation du pire traumatisme que le corps puisse supporter à savoir : l’inconscience de sa responsabilité vitale.

??!!

la dénaturation de notre corps est une des causes de notre absence du réel, ce pourquoi il nous est maintenant presque impossible dans certains cas de nous positionner dans le monde naturel, mais nous contraint à nous maintenir dans un monde artificiel, ce que cette dénaturation pose comme contrainte n’est pas seulement un dérèglement physiologique des cinq sens, mais aussi une séparation des rythmes de correspondances entre notre corps et son milieu vital naturel.(les points vitaux de l'évolutions)

C'est très discutable. L'idée d'une dénaturation de l'être humain convoque, entre autres, des références à Aristote, Spinoza, Pascal, Rousseau, Kant, Marx, Bourdieu, etc.

Et si ce conditionnement artificiel est la conséquence de la volonté de puissance

... et à Nietzsche.

ce que nous pourrions alors désigner comme dénaturation, c'est un développement unilatéral du groupe par la coopération de chacun, dans un système de représentation symbolique, tant gestuel (cause efficiente) qu'imaginaire (cause exemplaire), ainsi l’implication collective par la capacité à transformer la matière et par le droit, de l'appropriation matérielle et intellectuelle sont devenues les causes univoques de cette dénaturation…

Pourquoi ce "développement unilatéral [pourquoi "unilatéral" ?]" ne serait-il pas la destination, la φύσις de l'homme (cf. Aristote ou Bourdieu) ?

la distinction entre l'outil et la machine, nous place devant ce fait: tant que la main tenait l'outil, la présence du geste physique était la mesure de l'activité de transformation de la matière, mais depuis que la machine est interposée comme unité ou réseau semi-autonome, entre le corps et la matière, la qualité du geste est de fait complexifié selon deux directions, la rapidité et l'autonomisation répétitive du travail à effectuer, et ces deux rapports quantitatif au travail sont maintenant la qualification même de la présence du travailleur, comme une exigence de coller à son nouvel environnement dynamique, à savoir la productivité.

Très important et très juste (cf. Marx, Arendt).

c'est aussi sans doute pourquoi beaucoup de machines sont aussi souvent vectrices de morts pour des individus vivants, car ces deux mouvements contraires, de la qualité vers la quantité et de la quantité vers la qualité, ne peuvent coexister sans s'opposer parfois et se détruire souvent,

??!!

L'usage se distingue aussi du travail et de l'utilisation par un rapport de complémentarité entre agent et patient, le travail lui, pose un rapport de continuité entre une matière et une autre, et l'utilisation un rapport de fonctionnalité entre deux efficiences (le possible et le droit de faire), donc si nous faisons de l'usage un rapport de continuité, nous tombons dans la soumission de l'habitude, et sous le rapport de fonctionnalité, dans l'impasse de la nouveauté choisie pour elle-même (consommation de masse).

Pas clair. Que fait-on alors lorsqu'on fait un "travail sur soi-même" ?

ce que la notion de collaboration pose dans le travail c'est tout d'abord la nécessité d'accepter l'altérité, et ce mouvement intérieur de reconnaissance pour l'intelligence et la volonté est autant fondé sur un besoin que sur un projet, c'est ce qui lui fait être un des fondements du développement des civilisations. [...] C'est pourquoi aussi toutes les œuvres et ouvrages ne peuvent être exécutées en collaboration, mais que certaines l'exigent, car c'est dans la rencontre que se trouvent jointes la disponibilité et les capacités des acteurs potentiels et par ces deux dernières, la diversité des réalisations possibles. 

Hannah Arendt distingue la solitude constitutive de la relation de travail à la nécessaire coopération dans le cadre de l'œuvre ou de l'action.

Ce qui se trouve dans l’élan de l’émancipation par le travail, c’est avant tout une disposition à l’autonomie comme appropriation des relations avec le milieu de vie et bien évidemment avec les autres vivants qui s’y trouvent, en passant de la passivité à l’activité, alors que l’autonomisation dans son premier élan, est avant tout une recherche de rupture avec ces relations, et en fin de compte une envie de rompre toutes dépendances.

Quid de l'aliénation par et dans le travail (cf. Aristote, Marx, Arendt) ?

en effet la dématérialisation de la présence physique opère une distanciation du sens ultime de la communication, et implique ce transfert de responsabilité puisqu'il ne peut exister en un monde virtuel une autre unité que celle de l'anonymat conditionnel du traitement de l'information encodée numériquement, qui n'est plus alors un lieu d'échanges aussi responsabilisé que le réel, et qui ne se contente que de répartir des données, non pas par leurs sens, mais uniquement par leurs significations codées numériquement, c’est-à-dire leur volume de consultation d’entrées et par la rémanence des liens.

Ce qui se passe sur ce forum est, à cet égard, significatif (cf. Forum Philosophique et Internet).

Et en conclusion nous voyons donc que l’usage est comme une agora et donc comme un lieu de proclamation et un lieu donc où l’échange peut devenir supplétive du simple partage, car en termes de vie quotidienne le travail et l’utilisation reste plus dépendants du partage que la matière permet par les lois de répartitions des corps dans leurs limites, mais dès que la vie devient spécifiquement un conditionnement stable, c’est l’usage et donc l’échange qui prend le relais…

Bien vu.

descriptionLa théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 26 EmptyRe: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

more_horiz
C'est une vision très utilitariste non ? L'utilitarisme revient à la mode, en désespoir de cause peut-être.
Dommage qu'il ne soit jamais question par ailleurs ni d'aliénation, ni d'exploitation, ni aussi d'inconscient non plus.
Un capitalisme réinventé sur le mode des Lumières et qui resterait ou serait dans sa continuité ? Peut-être c'est tout ce qui reste dans le fond...
Bourdieu a pris des vacances illimitées on dirait.

Bon sinon tout va bien dans le meilleur des mondes alors... Chouette alors !!!

descriptionLa théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 26 EmptyRe: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

more_horiz
D'abord ce qui est dit supra n'a rien à voir avec l'utilitarisme (doctrine philosophique préconisant de maximiser le bien-être du plus grand nombre). Ensuite, plût au Ciel que ce fût une doctrine "à la mode", comme vous dites : il me semble que le capitalisme, depuis deux siècles et demi, tend plutôt à maximiser le bien-être de quelques-uns, les autres (le plus grand nombre) devant se contenter des miettes, des retombées, de ce qui ruisselle ! Enfin, quoi que vous désigniez par "utilitarisme", je vous rappelle qu'il s'agissait, dans les posts qui précèdent, de développer les notions d'"usage" ou d'"utilisation", où il est nécessairement question d'utilité, non ?

descriptionLa théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 26 EmptyPour revenir au sujet initial...

more_horiz
@shub22
Bien sûr tout va dans le meilleur des mondes si nous acceptons que le meilleur soit : une réduction de l'évolution vitale à une gestion performante de la maîtrise de la matière ! Et le monde : une représentation figurative issue de l'égocentrisme promu par le commerce et par l'usage psychologisant des points vitaux de l'être au monde (car le "monde" est spécifiquement une projection humaine et l'inconscient une invention se substituant à l'inconnaissance des propriétés mnésiques) ...
Mais bref, merci à vous.

Pour revenir au sujet initial et vous remercier vivement PhiPhilo pour votre lecture corrective, il est nécessaire de reprendre les deux points qui vous ont parus obscures, et qui pourtant nous donne une possibilité de mieux comprendre l'effort, sans doute vain et même contre-nature, de la recherche des neurosciences quant à proposer une explicitation ex parte materiæ de la conscience, en voulant aller très loin dans "la mise en réseau" comme cause univoque...

Mais avant et pour essayer de répondre à votre interrogation PhiPhilo :
Pourquoi ce "développement unilatéral [pourquoi "unilatéral" ?]" ne serait-il pas la destination, la φύσις de l'homme (cf. Aristote ou Bourdieu) ?

Il me semble que toute extrapolation et pour tout dire l'inconnaissance et l'oblitération collective du point de non-retour que subi l'environnement naturel en notre temps, justifie que je parlasse de développement unilatéral, comme une sorte d'impasse... (car sur ce point je ne suis pas les leçons de René Guénon ou de Rudolf Steiner sur le fatum cosmique inéluctable)

Ainsi la φύσις humaine me semblait, d'après les leçons d'Aristote, plus tournée vers l'amitié et la contemplation que vers la performation de son "facere" fût-il motivé par les qualités du "vivre ensemble" que nous défendons comme : la justice distributive et commutative, la paix, mais aussi la pérennité de l'espèce etc...

Donc, quand j'écrivis : nous sommes conduit à prendre cette triple distinction, usage, travail, utilisation comme nécessaire pour subvenir à l’élucidation du pire traumatisme que le corps puisse supporter à savoir : l’inconscience de sa responsabilité vitale, je voulais ouvrir un champs explicatif du fait que les humains se tournent de plus en plus vers une monomanie unissant la maîtrise et l'appropriation de la matière du monde, ou comme dit précédemment par la confusion entre l'usage, le travail et l'utilisation les faisant "glisser" de l'autonomie à l'autonomisation et de l'émancipation à la dénaturation...

La phase culturelle "psychologisante" (principalement de ces deux derniers siècles) maintient aussi l'intelligence naturelle humaine sous une confusion et pire dans une inversion, puisque si l'inconscient individuel n'existe pas, ce que cette psychologie a réussi en partie à produire, c'est bien cette inconscience de la responsabilité vitale de l'humain dans la nature (pollution, exploitation de la vie animale et destruction de la biodiversité, etc.).

Cela dit ne réduisez pas cette lecture personnelle à une nostalgie de la mission biblique de l'homme gardien du jardin d'éden, il n'est pas ici lieu de faire des raccourcis caricaturaux, mais juste de souligner avec force que l'appropriation abusive de cette planète où nous vivons est en passe de toucher quelque chose d'inédit et d'irréversible, mais pas de cet inédit et de cette irréversibilité que produit l'évolution naturelle mais d'une autre, beaucoup plus morbide...

Ce qui me permet d'éclaircir un deuxième point quand je vous disais : 
C'est aussi sans doute pourquoi beaucoup de machines sont aussi souvent vectrices de morts pour des individus vivants, car ces deux mouvements contraires, de la qualité vers la quantité et de la quantité vers la qualité, ne peuvent coexister sans s'opposer parfois et se détruire souvent.

En effet je ne faisais pas uniquement allusion à l'accidentologie directe que produisent les machines, comme les voitures, les industries mécaniques alimentaires contre-nature ayant produit la vache folle, les herbicides, pesticides, et possiblement à terme le génie génétique qui perturbera inévitablement l'ordre naturel de la transmission génétique...

Bref, je voulais parler précisément des machines inversant l'ordre naturel qui, de la matière quantitative tournée vers la vie qualitative est comme conduite par une mouvement du singulier vers le multiple en générant le diverse, (et même si nous savons qu'aucune quantité n'existe dans le réel sans une certaine qualité et pareillement qu'aucune quantité n'existe dans le réel sans une certaine quantité), les machines inversent cet ordre naturel et font de la quantité à partir des qualités, ainsi toutes les machines qui non seulement produisent à l'identique mais aussi mesurent ou isolent ou même synthétisent telle qualité en la séparant quantitativement du réel, implique in fine une modification du milieu naturel (routes, télévision, web, et bien sûr les machines telle que l'I.R.M utilisée dans les recherches théoriques...).

C'est donc lorsque certaines machines génèrent un savoir ou une transposition d'un savoir, que la question de la réversion de l'ordre naturel qualité/quantité en quantité/qualité est la plus subtile à trouver, puisqu'il s'agit de signaler comment et pourquoi une signification vraie mais partielle peut devenir fausse dans sa généralisation ou plus exactement dans "son retour au réel", ceci est un problème philosophique ancien mais toujours d'actualité il me semble...

À suivre...

Dernière édition par Zeugme le Ven 5 Avr 2019 - 8:21, édité 1 fois
privacy_tip Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
power_settings_newSe connecter pour répondre