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Qu'est-ce que le libéralisme ?

+4
JimmyB
Intemporelle
epommate
Liber
8 participants

descriptionQu'est-ce que le libéralisme ? - Page 9 EmptyRe: Qu'est-ce que le libéralisme ?

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JimmyB a écrit:
Cynthia Fleury parle de courage je crois, [..]


C'est bien là tout le problème. Nos hommes politiques cherchent le consensus unanime comme le graal de la gouvernance.  Alors soit c'est d'une naïveté affligeante, soit c'est d'une couardise indigne de leur charge. Dans tous les cas ils sont dans le déni.

descriptionQu'est-ce que le libéralisme ? - Page 9 EmptyRe: Qu'est-ce que le libéralisme ?

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JimmyB a écrit:
En réalité, je ne pensais pas à cet exemple mais il peut être valide. J'ai eu une discussion, sur un autre forum (littérature), sur un sujet politique, et j'étais surpris de voir les personnes déçues par Hollande, l'accusant d'avoir laissé tomber le socialisme.
Quand je leur ai répondu qu'il suffisait de voir qu'il était un "enfant politique de Delors" pour savoir qu'il n'était pas à gauche du PS, on m'a alors répondu que son discours au Bourget était un mensonge immoral. Le devoir politique pour Hollande n'était-il pas d'être élu par n'importe quel moyen s'il était convaincu d'apporter quelque chose de bénéfique ? Mentir, selon le sens commun, c'est immoral ; mais les élections ne sont-elles pas justement du mensonge pour un bien plus grand : la mise en pratique de choses que les politiques pensent incompréhensibles pour le petit peuple ? Et ne pas se conformer à un discours par nécessité, cela n'est-il pas justement l'expression d'un devoir politique ? Le devoir politique me semble illustré par la mise en pratique d'une réaction qui n'a que faire, justement, du jugement d'autrui, il dépasse cette notion. Le devoir moral serait dans la pédagogie d'un tel comportement, ou bien dans la démonstration qu'on est légitime et que la confiance des électeurs n'est pas vaine. Mais passe-t-il par de la sincérité ou de l'efficacité politique ? Cynthia Fleury parle de courage, je crois, un état dans lequel les mots et les actes seraient indépendants du souci de plaire. Peut-être cela résout-il cette dichotomie et permet un aveu : on est dans un pays libéral. Je ne sais, hélas, si je suis clair.

Je suis un peu troublé : je lis en ce moment Après le libéralisme ? de Dewey. Je pourrais parfaitement souscrire à sa façon d'envisager la politique. Mais si, comme vous le suggériez, sa seule traduction actuelle est l'action du gouvernement Hollande-Ayrault, il y a quelque chose qui ne va pas. Ce gouvernement est nul et incohérent, je ne peux pas y adhérer alors que sur le papier, si on prend en compte les idées développées par Dewey, je devrais me considérer comme un libéral de gauche. Or cela ne fonctionne pas. De la même manière, le blairisme me semble complètement contradictoire (l'excès de liberté entrepreneuriale qui nuit à l'égalité sociale et donc à la liberté).

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Tout simplement parce que vous ne prenez pas en compte dans votre réflexion une idée qui est primordiale chez Dewey : un espace public organisé dans l'action politique et avec une écoute de la part du pouvoir en place.
Pour Dewey, chaque individu, s'il rencontre un problème, en fait le constat, analyse, tente de formuler des hypothèses et, si cela solutionne le problème lors de la mise en pratique de l'hypothèse, il recommence ce processus intellectuel. C'est l'instrumentalisme et cela se fait par le biais de l'expérimentation.
A l'échelle d'une société, les individus possédant à un instant T un intérêt commun, c'est-à-dire la volonté de résoudre un problème individuel mais qui ne peut passer que par une solution collective, vont s'allier jusqu'à la satisfaction des différents individus. Point de communautarisme je précise, ce sont des alliances temporaires et pas sur la nature ou une culture, mais sur un problème rencontré. Cela peut prendre diverses formes : manifestations, mouvements protestataires, révoltes, associations, débat public, etc.
Le souci du gouvernement Ayrault-Hollande est qu'il n'a de libéral que le versant économique. Dans la pratique du pouvoir il n'est pas libéral. On ne peut prôner l'égalité de tous si l'on tient à défendre les libertés individuelles de chacun. Pourtant c'est ce qu'il se produit et qui conduit à une scission totale entre gouvernement et espace public. Les valeurs dites sociétales ne sont faites que dans un but d'égalité, il est donc impossible d'estimer ce gouvernement comme libéral au sens où l'entend Dewey. De plus je ne pense pas que ce gouvernement soit incompétent pour ses orientations économiques, je pense qu'il est incompétent parce qu'il ne fait rien de courageux. Ce sont des mesurettes sans but, sans objectif ; ce qui engendre une défiance de l'opinion publique. Le courage étant d'assumer des décisions et de s'adapter à un contexte pour juger de ce qui serait le plus bénéfique. Nous sommes encore victimes d'idéologies. Le problème de ce gouvernement n'est pas d'être ou de ne pas être libéral, il est d'être idéologue et peu pragmatiste justement. Il ne s'agit même pas de consulter l'opinion, mais simplement de tenir compte des sondages et de mener potentiellement des groupes de travail qui iraient selon les réalités macro-économiques mais aussi micro-économiques, ce que la politique a délaissé depuis longtemps. J'ajoute qu'avec un pouvoir aussi centralisé l'on ne peut avoir une politique libérale, pour la simple et bonne raison qu'un pouvoir centralisé est un pouvoir qui lutte malgré les lois pour re-concentrer les pouvoirs et prendre de la distance avec l'opinion publique.
Obama peut être un exemple de politique selon Dewey.

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Donc, comme je le pense, le libéralisme de gauche et le Parti socialiste n'ont rien à voir. En même temps, ce dernier défend de facto des valeurs politiques libérales et l'économie de marché.

Par contre, je ne comprends pas la contradiction entre libertés individuelles et égalité. Le social-libéralisme essaie au contraire de les concilier, justement parce qu'elles sont indissociables, l'égalité étant, par exemple chez Dworkin, condition de la liberté (celle-ci n'étant pas que formelle ni négative).

Enfin, je trouve votre assertion drôle lorsque vous dites que Hollande fait ses mesurettes en fonction des sondages, alors même que sa côte de popularité ne cesse de dégringoler ! A la limite, on pourrait dire que des mesures sociétales, qui sont indispensables mais pas urgentes, sont là pour masquer ce qui se passe dans les coulisses (même s'il ne fallait pas être un génie pour savoir que les soi-disant socialistes feraient une politique économique libérale).

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Je me fie à la théorie de l'individualisme et de l'holisme de Louis Dumont et j'ai dit le contraire au niveau des sondages...
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