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Qu'est-ce que le libéralisme ?

+4
JimmyB
Intemporelle
epommate
Liber
8 participants

descriptionQu'est-ce que le libéralisme ? - Page 8 EmptyRe: Qu'est-ce que le libéralisme ?

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Ce n'est pas le sens de ma remarque. Sur ce qu'est le devoir vous avez entièrement raison. Là n'est pas le problème. Mais comment peut-on juger du devoir d'autrui, ou plutôt qu'autrui agit bien par devoir ? Plus précisément, lorsqu'il s'agit d'hommes politiques, il devient très difficile de savoir si leurs prétentions sont fondées. Untel va affirmer que ce qu'il dit et fait ne relève pas de l'idéologie, de ses propres intérêts ou de ceux de son parti. Il dira qu'il agit par devoir, ce qui est le plus souvent lié à l'intérêt général. Or ce dernier existe-t-il ? Comment le connaître ? Les différents hommes politiques vont tenir le même discours, si bien que toutes les interprétations sont permises. Chacun agit (prétendument) par devoir, mais agit différemment. Est-ce que je peux détacher l'attitude du contenu qui l'oriente ? Puis-je dire, en dépit des idées opposées et de la question de la vérité, que Sarkozy et Hollande agissent par devoir ? Ou pour corser les choses : que de Gaulle et Pétain ont tous deux agi par devoir ? Puis-je dire que Robespierre a agi par devoir quand son attitude repose sur une croyance qui n'est pas forcément la mienne (croyance qui pourrait aussi consister à croire au bien-fondé de ce que l'on entreprend) ? Et je n'ai pas l'impression que juger d'après les résultats, voire l'adéquation des actes aux paroles, aide particulièrement puisque tout repose sur des interprétations opposées. (Cependant, n'allons pas croire que je me fasse le porte-drapeau du relativisme, j'essaie au contraire de comprendre si l'on peut trouver dans ce cas un critère objectif pour départager et juger. Vous me direz sûrement que le problème est très mal posé.)

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Silentio a écrit:
Chacun agit (prétendument) par devoir, mais agit différemment.

C'est l'interférence des idées qui pose problème. Les uns ont des idées, et se veulent fidèles à leurs idées. Ce peut être au détriment du réel (l'incapacité à distinguer, du moins à supposer distincts le réel et les idées qu'on en a). Les autres s'infligent des devoirs, et voudraient bien être en situation de n'agir qu'en suivant la pente de leurs idées. Le devoir suppose un désaccord, qui peut prendre la figure du tragique (le désaccord suprême). Voyez comme Hollande a déjà tout analysé avant de se coltiner le réel ; quand l'analyse est terminée, on cesse de réfléchir (de revenir sur soi).

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Silentio a écrit:
Ce n'est pas le sens de ma remarque. Sur ce qu'est le devoir vous avez entièrement raison. Là n'est pas le problème. Mais comment peut-on juger du devoir d'autrui, ou plutôt qu'autrui agit bien par devoir ? Plus précisément, lorsqu'il s'agit d'hommes politiques, il devient très difficile de savoir si leurs prétentions sont fondées. Untel va affirmer que ce qu'il dit et fait ne relève pas de l'idéologie, de ses propres intérêts ou de ceux de son parti. Il dira qu'il agit par devoir, ce qui est le plus souvent lié à l'intérêt général. Or ce dernier existe-t-il ? Comment le connaître ? Les différents hommes politiques vont tenir le même discours, si bien que toutes les interprétations sont permises. Chacun agit (prétendument) par devoir, mais agit différemment. Est-ce que je peux détacher l'attitude du contenu qui l'oriente ? Puis-je dire, en dépit des idées opposées et de la question de la vérité, que Sarkozy et Hollande agissent par devoir ? Ou pour corser les choses : que de Gaulle et Pétain ont tous deux agi par devoir ? Puis-je dire que Robespierre a agi par devoir quand son attitude repose sur une croyance qui n'est pas forcément la mienne (croyance qui pourrait aussi consister à croire au bien-fondé de ce que l'on entreprend) ? Et je n'ai pas l'impression que juger d'après les résultats, voire l'adéquation des actes aux paroles, aide particulièrement puisque tout repose sur des interprétations opposées. (Cependant, n'allons pas croire que je me fasse le porte-drapeau du relativisme, j'essaie au contraire de comprendre si l'on peut trouver dans ce cas un critère objectif pour départager et juger. Vous me direz sûrement que le problème est très mal posé.)


N'y a t-il pas une différence entre le devoir moral et le devoir politique ?

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Pourriez-vous me dire ce que vous entendez alors par devoir politique ? Si c'est préserver la paix, par exemple, même par des moyens immoraux, je pense qu'il est légitime de penser qu'il s'agit de l'obéissance à un devoir moral. Peut-être pensiez-vous à autre chose ?

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En réalité, je ne pensais pas à cet exemple mais il peut être valide. J'ai eu une discussion, sur un autre forum (littérature), sur un sujet politique, et j'étais surpris de voir les personnes déçues par Hollande, l'accusant d'avoir laissé tomber le socialisme.
Quand je leur ai répondu qu'il suffisait de voir qu'il était un "enfant politique de Delors" pour savoir qu'il n'était pas à gauche du PS, on m'a alors répondu que son discours au Bourget était un mensonge immoral. Le devoir politique pour Hollande n'était-il pas d'être élu par n'importe quel moyen s'il était convaincu d'apporter quelque chose de bénéfique ? Mentir, selon le sens commun, c'est immoral ; mais les élections ne sont-elles pas justement du mensonge pour un bien plus grand : la mise en pratique de choses que les politiques pensent incompréhensibles pour le petit peuple ? Et ne pas se conformer à un discours par nécessité, cela n'est-il pas justement l'expression d'un devoir politique ? Le devoir politique me semble illustré par la mise en pratique d'une réaction qui n'a que faire, justement, du jugement d'autrui, il dépasse cette notion. Le devoir moral serait dans la pédagogie d'un tel comportement, ou bien dans la démonstration qu'on est légitime et que la confiance des électeurs n'est pas vaine. Mais passe-t-il par de la sincérité ou de l'efficacité politique ? Cynthia Fleury parle de courage, je crois, un état dans lequel les mots et les actes seraient indépendants du souci de plaire. Peut-être cela résout-il cette dichotomie et permet un aveu : on est dans un pays libéral. Je ne sais, hélas, si je suis clair.
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