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Philippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000)

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descriptionPhilippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000) - Page 6 EmptyRe: Philippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000)

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Bonsoir,
Je me permets de dépoussiérer le sujet.


KthunL'auteur observe une institutionnalisation de l'antiracisme discriminatoire :


Bénéton, p.59-60 a écrit:Dans les États-Unis des années 1970, l'antiracisme discriminatoire s'est institutionnalisé sous la forme de préférences de recrutement. Au nom de quoi ? Si le racisme blanc est la clef d'explication par excellence, il explique l'inégalité de réussite entre Noirs et Blancs. Les résultats des Noirs sont en moyenne inférieurs à ceux des Blancs, le fait ne peut s'expliquer que par la discrimination. Ce raisonnement a été étendu aux autres groupes ethniques ainsi qu'aux inégalités de « représentation » entre hommes et femmes. Si les Noirs sont « sous-représentés » à l'université, si les femmes sont « sous-représentées » parmi les cadres de la société ATT ou à la rédaction du New York Times, il faut y voir uniquement l'effet du racisme ou du sexisme. Si les chances étaient égales, les résultats devraient l'être. Dans la mesure où ils ne le sont pas, ils devraient l'être. Dans la mesure où ils ne le sont pas, il convient de les corriger par une action directe afin en quelque sorte de forcer l'égalité. Ces idées ont inspiré et justifié une nouvelle forme d'intervention politique, la politique d'affirmative action qui s'est traduite par un traitement préférentiel fondé sur la race ou le sexe. La lutte contre les pratiques discriminatoires se transformait en une politique visant à l'égale représentation des groupes, qui passait elle-même par de nouvelles pratiques discriminatoires (en sens inverse). L'affirmative action aboutit à subordonner le mérite individuel au groupe d'appartenance, elle est à ce titre une affirmative discrimination (Nathan Glazer). Ainsi l'égalité implique un traitement inégal au nom d'un nouveau principe : celui de l'égale « représentation » des différents groupes. Le postulat sous-jacent est celui-ci : il n'y a aucune différence entre les groupes qui puisse expliquer les différences de réussite (nouvelle version du règne du semblable). Les arguments invoqués en France en faveur de la « parité » hommes / femmes sont du même ordre : si les résultats sont inégaux, la discrimination en est la cause unique. Le sexe n'explique rien, le sexisme explique tout. La réalité n'est pas celle-là. La discrimination peut évidemment être un facteur explicatif mais il est faux de penser qu'en l'absence de toute discrimination, la représentation des différents groupes dans les différentes professions ou activités se calquerait sur leur importance numérique au sein de la  population globale



Premièrement il est intéressant de noter qu'en anglais ils utilisent le terme affirmative action, ils ont donc préféré éviter le terme de discrimination comme en français.



D'autres questions surgissent : jusqu'où les promoteurs d'une telle mesure peuvent-ils aller ? Les recrudescences de violences aux Etats Unis ont ils un rapport avec cet antiracisme discriminatoire ? Ou serait-ce causé par les derniers relents racistes d'une amérique profondément conservatrice ? L'"effet d'intimidation" serait il en cause ?




Kthun
10 / Globalement, si un individu est, a priori, en désaccord avec les thèses développées par Bénéton, alors prendrait-il réellement la peine de lire cet ouvrage ? Parmi les lecteurs du livre : s'il est vrai que l'on ne prêche que des convertis alors quel peut être la conséquence de cette lecture, si ce n'est formaliser, fournir des arguments, voire éclaircir des idées et réflexions déjà en partie présentes ?


Le livre de Bénéton est la référence sur grand débat de société et explique bien des choses, et il a l'avantage d'avoir été écrit par un académicien, ce qui le place hors de la sphère politico politicienne. Malheureusement le revers de la médaille est le coté ésotérique du livre écrit par un universitaire, qui n'aura pas un public de masse.

Bénéton, mieux que quiconque, explique, raisonne, à travers des exemples concrets. Il montre et démontre, sans blabla condescendant ou tendancieux. Prêcher des convertis est une chose, mais le faire avec un raisonnement juste et efficace en est une autre.

descriptionPhilippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000) - Page 6 EmptyRe: Philippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000)

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Lux a écrit:
Le livre de Bénéton est la référence sur grand débat de société et explique bien des choses, et il a l'avantage d'avoir été écrit par un académicien, ce qui le place hors de la sphère politico politicienne.


Universitaire plutôt ; il n'est pas académicien.

Lux a écrit:
Malheureusement le revers de la médaille est le coté ésotérique du livre écrit par un universitaire, qui n'aura pas un public de masse.


Cela dit, nous pourrions dire que la critique des médias est un thème rebattu. De plus, s'il est vrai que Bénéton fut, en France, l'un des pionniers (dont Taguieff) de l'analyse de l'antiracisme comme idéologie dès 1983 avec Le fléau du bien, il faut quand même reconnaître qu'aujourd'hui ces raisonnements, idées et arguments ne sont plus méconnus (sinon moins inaccessibles) du grand public par l'intermédiaire d'individus comme Éric Zemmour et Alain Finkielkraut.

descriptionPhilippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000) - Page 6 EmptyRe: Philippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000)

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Cette analyse vous semble-t-elle erronée ? Si oui, pourquoi ?

Cette analyse me semble à la fois intéressante car juste sur certains points, mais en même temps fortement partielle, je n'ose pas dire partiale car au fond elle pourrait être la conséquence d'un manque d'information. Mettons-nous d'accord. Après le mouvement des civil rights il est certain qu'une forme historiquement précise et bien déterminée de discrimination à l'encontre des noirs a été combattue et vaincue, c'est bien sûr la ségrégation institutionnalisée. Néanmoins il est faux de penser et d'écrire que la condition noire et plus globalement la condition des non-blancs aux Etats-Unis a été "profondément changée".
A partir des années 80 et de la politique de "war on drugs" commencée par Ronald Reagan (en réalité elle a commencé avec Nixon mais avec moins d'insistance), on s'est retrouvé progressivement dans une situation de durcissement du droit pénal américain à l'encontre des consommateurs de drogues et plus généralement des petits délinquants impliqués dans le trafic de ce genre de substances. Or il est intéressant de remarquer d'une part que ces mesures ont été prises au nom de motivations essentiellement politiciennes puisqu'il s'agissait dès cette époque de doper la côte de popularité du président en fonction, puisqu'on remarque en effet qu'à l'époque la consommation de drogue et son trafic était minime aux Etats-Unis.
D'autre part, on remarque que depuis les années 70, la condition des ghettos noirs n'a cessé d'empirer puisqu'en effet, on a assisté au développement d'une black middle-class qui, petit à petit, s'est mise à quitter les ghettos et cela pour plusieurs raisons. Il y eut les crises économiques, les émeutes dues à des crimes racistes qui ont grandement isolé les ghettos et qui, à certains moments, ont donné des impressions de quasi guerre civile. Ce départ des classes moyennes noires a eu pour conséquences un isolement encore plus grand de la black underclass car en effet la classe moyenne maintenait un semblant d'économie locale. Cependant malgré une situation de plus en plus désastreuse la drogue n'était pas le problème central, ce sont les politiciens qui l'ont fabriqué, et qui ont, à l'aide de médias plus ou moins explicitement, localisé l'origine du problème. Les ghettos. A partir de cette époque on a vu prospérer une politique pénale du "tout carcéral", signalons qu'aux États Unis les policiers reçoivent des primes en fonction du pourcentage d'arrestation, inutile de vous dire que les conséquences de cela sont qu'on cherche moins à démanteler les réseaux de trafic qu'à faire du chiffre. Puis est arrivé le crack, la cocaïne du pauvre, et n'oublions pas qu'en termes de consommation de drogues les riches consomment autant que les pauvres mais ils ne consomment pas la même chose. Jusqu'à l'élection récente d'Obama, le consommateur de crack risquait, pénalement, une peine cent fois plus grave et plus répressive que le consommateur de cocaïne (ceci n'est pas une hyperbole), inutile de vous dire là aussi que globalement celui qui consomme de la cocaïne est un jeune blanc issu d'une famille aisée de l'upper east side plutôt que le jeune noir du Bronx. Depuis Bill Clinton les personnes ayant effectué une peine de prison ne reçoivent plus de bons alimentaires en plus du fait qu'ils ne peuvent pas trouver un travail, il y a à peu près dans les prisons Américaines 70% de noirs, et la plupart sont issus des ghettos. En fait quand un détenu finit sa peine, même une courte peine, c'est la double sanction, quand il ira postuler pour un emploi il devra répondre à un questionnaire qu'on lui soumettra : "have you ever been convicted for a fellony ?", répondant oui, il n'aura évidemment pas le poste. Puis s'il veut se nourrir on lui refusera tout bon alimentaire. A votre avis que pensez-vous qu'il fera ?

Il y a encore un très gros problème racial aux États Unis, ne vous laissez pas tromper par les apparences et les symboles. De fait, la ségrégation n'a fait que changer de visage. Néanmoins, l'antiracisme que vous appelez discriminatoire pose en effet problème dans la mesure où il me semble qu'il participe de ce qu'un sociologue français contemporain, pape Ndiaye, a pu appeler le "tokenisme" : on érige des symboles, des figures au pouvoir comme pour consoler l'ego ou l'orgueil blessé des "minorités" (inévitablement les compétences de la personne symbole sont mises au second plan), or c'est l'arbre qui cache la forêt, ici dans un sens néfaste, puisqu'en effet cette discrimination positive (à tout le moins celle qui prend effet dans les instances du pouvoir politique) illusionne sur les dysfonctionnements réels et profonds du système et les occulte. Cela ne veut pas dire que je sois absolument contre ce type de mesure, juste contre son application mystifiante et aussi quand elle est appliquée à tort et à travers ( en Afrique du sud par exemple elle a mené à de véritables désastres économiques).
En ce qui concerne l'antiracisme subversif je suis là aussi relativement d'accord, il y a une façon qu'ont les tenants de la bien pensance et de la bienséance de noyer le poisson dans l'accusation de racisme à tort et à travers. Et cela parce qu'en face il y a des façons de soulever des questions, des problèmes de manière caricaturale et "polémisante", pour moi l'exemple parfait est Éric Zemmour. Il touche un certain nombre de questions qui peuvent être intéressantes mais son approche est toujours déjà provocatrice, potentiellement polémique et là aussi potentiellement subversive. Il en est de même pour Finkielkraut qui, quant à lui me semble au fond être le symptôme de quelque chose d'inquiétant, tout comme Zemmour d'ailleurs avec son récent Suicide français. Ne parlons même du délire qui vise a faire supprimer les études des auteurs classiques aux Etats-Unis, les noirs-Américains ne se rendent pas compte que de la sorte, ils se construisent ce qu'on pourrait qualifier "d'avenir autodafé", c'est de la folie. Frustrés par les méfaits que nous à infliger l'ancien oppresseur on entre dans une dynamique négatrice de tout ce qui peut venir de lui même ce qui est bon à prendre.

Bénéton pose en outre la question de la responsabilité individuelle. Je suis désolé mais vous devez bien admettre que même si l'homme n'est pas que ce qu'on fait de lui, cela joue néanmoins un grand rôle dans sa formation ou dans son développement. Dire que tout homme a son libre arbitre et que ses erreurs et ses mauvais choix ne dépendent que de lui serait soit faire preuve d'une ignorance ahurissante de certaines situations économiques et sociales de par le monde, soit faire preuve de ce que Merleau-ponty a pu nommer moralisme bourgeois et cynique. Reprenons l'exemple du ghetto, imaginez que vous ayez grandi dans un milieu ou du matin au soir vous entendez des coups de feu, ou il y a beaucoup de chances que votre cellule familiale soit morcelée, ou votre école regroupe tous les enfants comme vous, les enfants du ghettos, ou les seuls modèles disponibles sont les caïds du coin qui distribuent des billets ou des baskets neuves dès qu'ils ont écoulé leur stock de crack ou de meth avec succès (d'ailleurs ils en ont sûrement vendu à l'un de vos proches qui est addict, ce sont des situations fréquentes dans le ghetto). Comment pouvez-vous raisonnablement affirmer que si l'enfant devient plus tard un dealer de drogue il n'aura fait que faire appel à son libre arbitre ? Et même si c'est le cas, pour qu'il y ait liberté d'arbitrer, il faut que la conscience-arbitre ait les conditions de faire un choix "moral", qu'elle s'élève d'un point où elle peut peser le pour et le contre et prendre la décision la plus rationnelle qui s'offre à elle. Or ici la décision rationnelle c'est celle qui permet la survie, et la survie est peu probable par l'école, en outre au-delà du ghetto, l'horizon est flou, c'est presque un autre pays et bien souvent on y parle une langue presque étrangère. Or oui, je vous le dis le choix rationnel là bas, c'est le caïd du coin... Dès lors l'aspect moral sera sacrifié au bénéfice de la rationalité. Je parle ici des esprits brillants, car bien sûr il y en a dans le ghetto, mais voilà ce à quoi le système les réduit.
Vous me semblez avoir trop oublié les leçons fondamentales de Marx et plus globalement les conséquences désastreuses de la reproduction sociale. En outre, il est vrai que par exemple les Chinois ont comme les noirs subi des discriminations aux États-Unis et que pourtant ils s'en sortent plutôt bien, mais n'oubliez pas que l'histoire des migrations asiatiques et africaines n'est pas la même. La déportations des noirs d'Afrique vers les Amériques, la destruction des structures sociales par l'esclavage puis par la ségrégation et le maintient dans la précarité a mené à ce qu'on connaît aujourd'hui. La migration asiatique quant à elle a été organisée et volontaire, cela a permis le maintien d'une structure sociale hyper communautaire et favorisant des mécanismes de prêts, en somme d'entraide économique. La réussite est due à des phénomènes historico-sociaux et non à des faits culturo-biologiques comme cela est à un moment sous-entendu dans le livre.
Quant à la réussite dans les sports elle est due à un certain nombre de faits eux aussi historico-sociaux (voire psychologiques ou même psycho-somatiques) qu'il serait trop long de détailler ici.

10 / Globalement, si un individu est, a priori, en désaccord avec les thèses développées par Bénéton, alors prendrait-il réellement la peine de lire cet ouvrage ? Parmi les lecteurs du livre : s'il est vrai que l'on ne prêche que des convertis alors quelle peut être la conséquence de cette lecture, si ce n'est formaliser, fournir des arguments, voire éclaircir des idées et réflexions déjà en partie présentes ?

Je ne dirais pas que je suis globalement en désaccord, il y a des choses que je trouve intéressantes comme cette analyse très pertinente de l'opinion dominante. Mais il y a d'autres choses qui m'ont semblé quelque peu fausses voir ubuesques.

descriptionPhilippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000) - Page 6 EmptyRe: Philippe Bénéton - Les fers de l'opinion (2000)

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Mr Eko a écrit:
A partir des années 80 et de la politique de "war on drugs" commencée par Ronald Reagan (en réalité elle a commencé avec Nixon mais avec moins d'insistance), on s'est retrouvé progressivement dans une situation de durcissement du droit pénal américain à l'encontre des consommateurs de drogues et plus généralement des petits délinquants impliqués dans le trafic de ce genre de substances. Or il est intéressant de remarquer d'une part que ces mesures ont été prises au nom de motivations essentiellement politiciennes puisqu'il s'agissait dès cette époque de doper la côte de popularité du président en fonction, puisqu'on remarque en effet qu'à l'époque la consommation de drogue et son trafic était minime aux Etats-Unis.
D'autre part, on remarque que depuis les années 70, la condition des ghettos noirs n'a cessé d'empirer puisqu'en effet, on a assisté au développement d'une black middle-class qui, petit à petit, s'est mise à quitter les ghettos et cela pour plusieurs raisons. Il y eut les crises économiques, les émeutes dues à des crimes racistes qui ont grandement isolé les ghettos et qui, à certains moments, ont donné des impressions de quasi guerre civile. Ce départ des classes moyennes noires a eu pour conséquences un isolement encore plus grand de la black underclass car en effet la classe moyenne maintenait un semblant d'économie locale. Cependant malgré une situation de plus en plus désastreuse la drogue n'était pas le problème central, ce sont les politiciens qui l'ont fabriqué, et qui ont, à l'aide de médias plus ou moins explicitement, localisé l'origine du problème. Les ghettos.

Attention quand même à ne pas tomber dans la "stratégie sudiste" ou les caricatures d'une Michelle Alexander... Outre que vous négligez le Harrison Narcotic Act de 1914 avec le contexte historique des cinquante années qui le précèdent, le Marihuana Tax Act de 1937, et le Controlled Substances Act de 1970, vous ne précisez pas l'impact psychologique provoqué par la cocaïne épurée au tournant des années 70 et des années 80. Vous appuyez-vous sur d'autres sources que le rapport de Human Rights Watch, publié en 2000 : Punishment and Prejudice : Racial Disparities in the War on Drugs ?

Bien sûr, la reproduction sociale s'applique en grande partie dans les ghettos ; mais pas à l'exclusion d'autres outils d'analyse.

Kthun,
je ne vois pas comment on peut rapprocher Bénéton de Zemmour ou de Finkielkraut sans dévoyer votre démarche.

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Euterpe a écrit:
Kthun,
je ne vois pas comment on peut rapprocher Bénéton de Zemmour ou de Finkielkraut sans dévoyer votre démarche.

C'est-à-dire (d'ailleurs, il ne me semble pas avoir écrit, si l'on valorise la précision du langage, "je rapproche Bénéton de Zemmour et Finkielkraut") ? De quelle "démarche" parlez-vous ?
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