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L'intuition comme méthode chez BERGSON.

4 participants

descriptionL'intuition comme méthode chez BERGSON. EmptyL'intuition comme méthode chez BERGSON.

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Je m'intéresse à la méthode de l'intuition de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Je n'ai malheureusement pas su dégoter ses textes en propre et me suis donc rabattu, sans hésitation, sur un ouvrage écrit par Deleuze. Sans hésitation car j'ai pu comprendre que, si Deleuze reste un personnage controversé, beaucoup s'accordent à dire qu'il explique correctement les auteurs. Mais voilà que, alors même que je n'en suis qu'au tout début du livre , je me retrouve bloqué.

Je lis que Bergson distingue essentiellement trois espèces d'actes qui déterminent les règles de sa méthode dite de l'intuition : la position et la création des problèmes ; la découverte des véritables différences de nature et l'appréhension du temps réel. Parlons donc de la création des problèmes :

  • Bergson version Deleuze énonce donc une première règle : Porter l'épreuve du vrai et du faux dans les problèmes eux-mêmes, dénoncer les faux problèmes, réconcilier vérité et création au niveau des problèmes.


Il postule que croire en une relation exclusive du vrai et du faux avec les solutions relève d'un préjugé social. Selon lui notre vraie liberté résiderait plutôt dans le pouvoir de création de problèmes et, dans la foulée, de porter le vrai et le faux sur ces derniers. Dans un texte cité par Deleuze, Bergson précise même que les problèmes doivent être inventés et non pas découverts, explicitant le premier terme ainsi : "donner à être ce qui n'était pas" et le second de la manière suivante : "ce qui porte sur ce qui existe déjà, actuellement ou virtuellement et qui était donc sûr de venir tôt ou tard". Vient alors la question de savoir comment concilier ce "pouvoir constituant" de problèmes avec une norme du vrai. S'il est facile de définir le vrai et le faux par rapport aux solutions, un problème étant posé, il semble beaucoup plus difficile de dire en quoi consiste le vrai et le faux, quand on les applique à la position même des problèmes. Or beaucoup de philosophes se contentent, d'après Deleuze, de définir la vérité ou la fausseté d'un problème par la possibilité ou non de recevoir une solution. Il rajoute que le grand mérite de Bergson aura été d'avoir tenté une détermination intrinsèque du faux dans l'expression : "faux-problème".

  • On en arrive donc à la deuxième règle : Les faux problèmes sont de deux sortes, "problèmes inexistants" qui se définissent en ceci que leurs termes eux-mêmes impliquent une confusion du "plus" et du "moins" ; "problèmes mal posés" qui se définissent en cela que leurs termes représentent des mixtes mal analysés.


Pour exemple il choisit le problème du non-être. Bergson, toujours selon Deleuze, montre qu'il y a "non pas moins mais plus dans l'idée de non-être que dans celle d'être... Dans l'idée de non-être il y a l'idée d'être, plus une opération logique de négation généralisée, plus un motif psychologique particulier de cette opération (lorsqu'un être ne convient pas à notre attente, et que nous le saisissons seulement comme le manque, l'absence de ce qui nous intéresse)". Dès lors "quand nous nous demandons pourquoi quelque chose plutôt que rien, nous tombons semble-t-il dans un vice : prendre le plus pour le moins en faisant comme si le non-être préexistait à l'être, comme si l'être venait remplir un vide". Il rajoute que "l'être est la vérité même mais dans le faux problème, il y a une illusion fondamentale, un "mouvement rétrograde du vrai" par lequel l'être est censé précéder l'acte créateur qui les constitue, en rétrojetant une image d'eux-mêmes dans un non-être supposé primordial". Il termine son paragraphe ainsi : "Ce thème est essentiel dans la philosophie de Bergson : il résume sa critique du négatif, et de toutes les formes de négation comme sources de faux problèmes ".

Eh bien, ici je suis totalement perdu. Je ne vois aucun lien logique dans ce texte. J'ai déjà énormément de mal à simplement me représenter ce qu'il entend par "plus" ou "moins" dans une idée que dans une autre, ne parlons donc pas des implications de ce concept dans l'établissement du vrai ou du faux d'un problème...

Toute aide est la bienvenue !

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Le problème du néant chez Bergson est que l'on ne peut pas le poser tel quel. C'est impossible, à moins de s'exclure soi-même de cette pensée, ce qui est absurde. Il faut d'abord poser l'existence et ensuite la nier en le motivant. Il y a donc plus d'opération dans la "démonstration" de ce néant que le fait de poser uniquement l'existence parce que ce sera toujours le néant de celle-ci et dans un but donné. Et ce plus dans l'affirmation du néant, nous le pensons comme un moins en regard de l'idée que nous avons du rien, du néant.

Cf. Henri Bergson, L’Évolution créatrice, chap. IV. Ed PUF, p. 274.

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J'aimerais m'assurer d'une chose à propos du néant. Lorsque je vois une assiette cette assiette représente le néant de tout ce qui n'est pas elle. Là où il n'y a pas d'assiette il y a un néant d'assiette. Ce néant est donc partout, du moins partout où il y a objet. Ainsi, l'assiette est non seulement une assiette mais en même temps un néant. Je ne peux m'empêcher de voir cela comme, en quelque sorte, les deux faces d'un miroir, une équivalence. Et non pas un plus ou un moins.

S'il s'agit plutôt du néant qui s'opposerait à tous les objets, alors il y a aussi un problème. Car ce néant se néantise par définition. Il n'est même pas pensable.

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Crosswind a écrit:
J'aimerais m'assurer d'une chose à propos du néant. Lorsque je vois une assiette cette assiette représente le néant de tout ce qui n'est pas elle. Là où il n'y a pas d'assiette il y a un néant d'assiette. Ce néant est donc partout, du moins partout où il y a objet. Ainsi, l'assiette est non seulement une assiette mais en même temps un néant. Je ne peux m'empêcher de voir cela comme, en quelque sorte, les deux faces d'un miroir, une équivalence. Et non pas un plus ou un moins.

Concernant Bergson, celui-ci n'a jamais doté le néant de productivité. Cette vision est donc fausse.

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Vangelis a écrit:
Crosswind a écrit:
J'aimerais m'assurer d'une chose à propos du néant. Lorsque je vois une assiette cette assiette représente le néant de tout ce qui n'est pas elle. Là où il n'y a pas d'assiette il y a un néant d'assiette. Ce néant est donc partout, du moins partout où il y a objet. Ainsi, l'assiette est non seulement une assiette mais en même temps un néant. Je ne peux m'empêcher de voir cela comme, en quelque sorte, les deux faces d'un miroir, une équivalence. Et non pas un plus ou un moins.

Concernant Bergson, celui-ci n'a jamais doté le néant de productivité. Cette vision est donc fausse.


Un néant doté d'une productivité ? Pourriez-vous m'en dire plus sur cette idée ?
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