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La psychanalyse au banc des accusés ?

+4
aldolo
AntiSubjectiviste
Crosswind
Silentio
8 participants

descriptionLa psychanalyse au banc des accusés ? EmptyLa psychanalyse au banc des accusés ?

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Je voudrais m'interroger sur la pertinence de l'approche psychanalytique et sur sa légitimité. Pour ce faire, voici une liste non exhaustive de critiques émises à l'encontre de la psychanalyse (notamment freudienne) que l'on peut lire et entendre régulièrement, sous la plume de grands auteurs passés (Foucault, Deleuze, Popper, etc.) ou d'auteurs récents qui ont remis au goût du jour la polémique anti-Freud (tel Michel Onfray) :

  1. La psychanalyse n'est pas scientifique. Ce n'est pas une science de la nature (elle est inexacte comme les sciences humaines) et n'est pas falsifiable.
  2. La psychanalyse est scientiste et sous couvert de scientificité, elle fonctionne comme une idéologie masquant un rapport de pouvoir. Ce dernier assure le domination de l'analyste sur le patient, prive le patient de sa parole et induit une normalisation de ses conduites (le constituer comme malade, c'est le priver de sa liberté). Elle serait donc réactionnaire, en plus d'être une secte.
  3. La psychanalyse est le fruit du cerveau malade de Freud qui a universalisé ses propres problèmes.
  4. La psychanalyse est, dans la pratique, inefficace, et dans la théorie une affabulation continue. C'est de la charlatanerie.
  5. La psychanalyse justifie des comportements moralement répréhensibles (elle sert d'excuse, de la même manière que la maladie avalisée par le médecin : "je ne suis pas responsable puisque je suis névrosé").
  6. La psychanalyse n'a rien de nouveau : Freud a pillé Schopenhauer, Nietzsche, occulté Breuer et Fliess, etc.
  7. La psychanalyse se veut la science de quelque chose qui n'existe pas : l'inconscient.

Vous semble-t-il que ces critiques soient toutes pertinentes et justifiées ? Rendent-elles justice à la psychanalyse ? Quels arguments pourrait-on leur opposer ? Peut-être peut-on penser, en effet, que bien que la psychanalyse soit critiquable, il est possible d'y trouver un intérêt, qu'il soit théorique ou pratique. Par exemple, l'histoire de la psychanalyse est l'histoire d'une auto-critique et d'une confrontation aux théories initiales de Freud par le raffinement des théories instruites par de nouvelles observations et interprétations. Un autre exemple serait de dire : la psychanalyse n'est pas scientifique, mais cela la rend-elle nécessairement caduque ? Il est d'ailleurs à noter que parfois, c'est moins la psychanalyse comme telle que le freudisme ou le sectarisme qui sont visés, des critiques comme Deleuze et Onfray cherchant à fonder d'autres approches psychanalytiques.

Dernière édition par Silentio le Sam 28 Fév 2015 - 21:51, édité 1 fois

descriptionLa psychanalyse au banc des accusés ? EmptyRe: La psychanalyse au banc des accusés ?

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Eh bien, je demanderai avant tout l'assurance que les divers intervenants prouvent une maîtrise suffisante de la théorie psychanalytique avant de se risquer à la critiquer. Définir la psychanalyse est le préalable obligé de sa critique.

Qu'est-ce donc, que la psychanalyse ?

descriptionLa psychanalyse au banc des accusés ? EmptyRe: La psychanalyse au banc des accusés ?

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Crosswind a écrit:
Eh bien, je demanderais avant tout l'assurance que les divers intervenants prouvent une maîtrise suffisante de la théorie psychanalytique avant de se risquer à la critiquer.

Difficile : les psychanalystes eux-mêmes ne prétendraient pas en avoir une maîtrise suffisante. Par contre, on peut préciser si l'on est psychanalyste (cela m'étonnerait qu'il y en ait ici...), ou psychanalysé, ou lecteur de Freud/Lacan/autres, etc.

Crosswind a écrit:
Définir la psychanalyse est le préalable obligé de sa critique.

Qu'est ce donc, que la psychanalyse ?

Je crains que la méthode définitionnelle ne fonctionne guère avec la psychanalyse... Mais pour commencer : la psychanalyse est une pratique psycho-thérapeutique durant laquelle un patient entre en relation avec un analyste pour une certaine exploration de la structure psychique du premier à l'aide de modèles théoriques qui ne réduisent pas la psyché à des phénomènes physiologiques.

Voici mes premières réactions brèves aux différents points.

1. La psychanalyse n'est pas une science (ni de la nature, ni humaine). Mais ce n'est pas pour ça qu'elle n'a pas de valeur.
2. Il ne me semble pas que la psychanalyse soit scientiste, puisqu'elle n'est déjà pas une science. Freud la voulait scientifique, mais je parle de ce qu'elle est devenue depuis. En théorie, l'analyste n'a pas une position de domination sur le patient, en pratique par contre...
3. Dans ce cas, beaucoup de gens ont un cerveau proche de celui de Freud, car beaucoup de gens sont interpellés par les concepts psychanalytiques. Je pense que critiquer la personne de Freud ne discrédite pas la psychanalyse en elle-même.
4. Je n'ai pas une pratique de la psychanalyse, donc ne me prononcerai pas là-dessus. Concernant la théorie, la difficulté est que ses concepts doivent être évalués dans une approche holiste. Il est absurde, par exemple, de s'interroger sur l'existence de l'inconscient ou du surmoi indépendamment de leur fonction dans la théorie globale.
5. Sans généraliser, on peut admettre que certains comportements soient "plus forts" que leur auteur, pour des raisons liées à son vécu passé, et la psychanalyse peut en théorie aider à les explorer. De plus, il faut distinguer la culpabilité de la responsabilité : si certains ne sont pas coupables d'un acte parce qu'ils ont une pathologie, ils restent néanmoins responsables.
6. Qu'elle soit nouvelle ou pas ne changerait pas sa valeur si elle en a une.
7. Cf. le point 4.

descriptionLa psychanalyse au banc des accusés ? EmptyRe: La psychanalyse au banc des accusés ?

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Si je vous suis bien, AntiSubjectiviste, la psychanalyse ne reposerait sur aucune règle tangible ? Comment peut-il s'avérer possible d'affirmer son appartenance au corps psychanalytique sans démontrer la maîtrise attendue ? Une simple définition du dictionnaire suffit-elle à réguler ce qui, au bout du compte, ne s’avère qu'un phénomène de société ?

Au vu de la difficulté du sujet, je propose d'y aller pas à pas.

Qu'en est-il de la scientificité de la psychanalyse ?

descriptionLa psychanalyse au banc des accusés ? EmptyRe: La psychanalyse au banc des accusés ?

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AntiSubjectiviste a écrit:
Voici mes premières réactions brèves aux différents points.

1. La psychanalyse n'est pas une science (ni de la nature, ni humaine). Mais ce n'est pas pour ça qu'elle n'a pas de valeur.
2. Il ne me semble pas que la psychanalyse soit scientiste, puisqu'elle n'est déjà pas une science. Freud la voulait scientifique, mais je parle de ce qu'elle est devenue depuis. En théorie, l'analyste n'a pas une position de domination sur le patient, en pratique par contre...
3. Dans ce cas, beaucoup de gens ont un cerveau proche de celui de Freud, car beaucoup de gens sont interpellés par les concepts psychanalytiques. Je pense que critiquer la personne de Freud ne discrédite pas la psychanalyse en elle-même.
4. Je n'ai pas une pratique de la psychanalyse, donc ne me prononcerai pas là-dessus. Concernant la théorie, la difficulté est que ses concepts doivent être évalués dans une approche holiste. Il est absurde, par exemple, de s'interroger sur l'existence de l'inconscient ou du surmoi indépendamment de leur fonction dans la théorie globale.
5. Sans généraliser, on peut admettre que certains comportements soient "plus forts" que leur auteur, pour des raisons liées à son vécu passé, et la psychanalyse peut en théorie aider à les explorer. De plus, il faut distinguer la culpabilité de la responsabilité : si certains ne sont pas coupables d'un acte parce qu'ils ont une pathologie, ils restent néanmoins responsables.
6. Qu'elle soit nouvelle ou pas ne changerait pas sa valeur si elle en a une.
7. Cf. le point 4.


Si l'on remplace A, B et C par des éléments de notre choix, n'est-il pas possible de rendre à peu près n'importe quelle doctrine ou courant de pensée irréfutable, inattaquable ? Il faut, pour ce faire, prendre en compte l'ensemble des 7 propositions :


1. La doctrine ou courant de pensée A n'est pas une science (ni de la nature, ni humaine). Mais ce n'est pas pour ça qu'elle n'a pas de valeur.
2. Il ne me semble pas que A soit scientiste, puisqu'elle n'est déjà pas une science. Auteur B la voulait scientifique, mais je parle de ce qu'elle est devenue depuis. [...]
3. Dans ce cas, beaucoup de gens ont un cerveau proche de celui de B, car beaucoup de gens sont interpellés par les concepts C. Je pense que critiquer la personne de B ne discrédite pas A en elle-même.
4. Je n'ai pas une pratique de A, donc ne me prononcerai pas là-dessus. Concernant la théorie, la difficulté est que ses concepts doivent être évalués dans une approche holiste. Il est absurde, par exemple, de s'interroger sur l'existence de C1 ou du C2 indépendamment de leur fonction dans la théorie globale.
5. Sans généraliser, on peut admettre que certains comportements soient "plus forts" que leur auteur, pour des raisons liées à son vécu passé, et la A peut en théorie aider à les explorer. [...]
6. Qu'elle soit nouvelle ou pas ne changerait pas sa valeur si elle en a une.
7. Cf. le point 4.
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