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L'intuition sensible chez Kant : connaissance ou saisie directe ?

5 participants

descriptionL'intuition sensible chez Kant : connaissance ou saisie directe ? - Page 4 EmptyCitation

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@aliochaverkiev

Le texte cité se trouve p. 320. Kant précise auparavant :
Il ne manque pourtant pas d'expressions qui sont exclusivement appropriées à chaque espèce de représentation, sans que nous ayons besoin d'empiéter, pour exprimer l'une, sur le domaine de l'autre. En voici une échelle graduée.
Il semble bien que Kant n'accepte plus les approximations dans l'usage de ces termes. Ce que vous en dites me surprend donc un peu.

Merci pour le reste de votre mise au point.
Cordialement.

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Machaon,

Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une approximation chez les philosophes. Je l'ai déjà dit, je suis culturellement issu d'un monde de scientifiques, qui tend à affecter à chaque mot un seul sens. Je me rends compte que les philosophes ne fonctionnent pas, dans leur esprit (ou dans leur cerveau) comme les scientifiques. Ils pratiquent naturellement la polysémie. Un mot peut référer à plusieurs sens.

Dans un premier temps j'ai pensé qu'ils étaient de mauvaise foi, mais non, ils sont de bonne foi. Il est naturel pour eux qu'un mot renvoie à plusieurs sens. Ils choisissent le sens qui convient en fonction du développement du discours. Ils sont dans le "logos" là où le scientifique est dans la "ratio". L'art du raisonnement mathématique contre l'art de la rhétorique.
Par exemple je lis en ce moment de Gille Deleuze, La philosophie critique de Kant. Deleuze n'est pas un esprit éthéré, il sait ce qu'il dit. Pourtant je le lis et je me rends compte qu'il appelle tranquillement, de temps en temps, "représentation" tout ce qui peut être pensé. Kant fait de même. 
Il y a là cette incompréhension entre scientifiques et professionnels de la philosophie. Le scientifique veut l'univocité. Un mot = un seul sens. Le philosophe trouve cela simpliste, pour lui un mot = plusieurs sens. 
Je pense, avec le recul, vu les conflits que je peux avoir avec les philosophes que le scientifique doit s'adapter au philosophe. Il ne faut pas attendre de réciprocité : le philosophe ne peut pas s'adapter au scientifique.

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aliochaverkiev a écrit:
La représentation n'est pas donnée, elle est construite par action du concept pur sur la sensation, le contenu du phénomène. C'est là justement l'étonnante révolution apportée par Kant : c'est l'esprit humain qui construit, qui crée la représentation.


Ce que Schopenhauer résume parfaitement dès la première phrase du Monde comme volonté et comme représentation, qui se veut tout à la fois le résumé et la version corrigée de la CRPure :
Schopenhauer a écrit:
Le monde est ma représentation.


@Machaon,
lorsque vous vous référez au texte de Kant, pouvez-vous indiquer le titre du chapitre concerné, pour faciliter la tâche des lecteurs ?

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@aliochaverkiev
Plusieurs points.

    1. A la question de Goldo nous avons répondu que chez Kant « l'intuition sensible » n'était pas une connaissance. Ce n'est qu'une réponse partielle. Peut-on dire pour autant qu'elle est une « saisie directe » ? (Le mot saisir est-il dans la CRP ?) « Saisir », est-ce la fonction de l'intuition sensible ? Peut-on saisir directement ? Indirectement ? Plutôt que saisir (verbe très actif), Kant emploie « recevoir, être affecté », affection qui place le sujet en position passive.

    Kant a écrit:
    Ils affectent notre esprit d'une certaine manière et la capacité de recevoir (la réceptivité) des représentations des objets grâce à la manière dont ils nous affectent, s'appelle sensibilité CRP, p. 81 Esthétique transcendantale. L'espace.


    Mais il existe un « moment » d'activité intense, c'est la synthèse de l'appréhension. Moment excellemment étudié par les psychologues de la théorie de la forme (Gestaltthéorie). S'il devait y avoir « saisie », je la situerais là. Mais n'est-on pas déjà à la limite de l'entendement ?

    Kant a écrit:
    j'entends par synthèse de l'appréhension cette réunion des éléments divers d'une intuition empirique qui rend possible la perception, c'est-à-dire la conscience empirique de cette intuition comme phénomène ». CRP, p. 170 Analytique des concepts, &26


    2. Mais saisir quoi ? « Des représentations des objets », vient de nous dire Kant. Pourquoi aurions-nous à saisir des représentations des objets ? Nous nous trouvons à nouveau devant le problème de la représentation. Il faudrait définir « représentation » cette fois en compréhension. Que contient ce concept ?
    Aliochaverkiev a écrit:
    Par exemple je lis en ce moment de Gille Deleuze, La philosophie critique de Kant. Deleuze n'est pas un esprit éthéré, il sait ce qu'il dit. Pourtant je le lis et je me rends compte qu'il appelle tranquillement, de temps en temps, "représentation" tout ce qui peut être pensé. Kant fait de même.
    Cela ne me scandalise pas, ne conforte pas en moi l'idée que les philosophes et les scientifiques utilisent différemment la langue : polysémie chez les uns, univocité chez les autres (je n'y crois guère). Je pense au contraire qu'une définition générique de « représentation » pourrait bien être « tout ce qui peut être pensé ». Décidément il faut revenir sur cette définition. L'intervention d'Euterpe à ce moment de la discussion est vraiment opportune :
    Euterpe a écrit:
    Ce que Schopenhauer résume parfaitement dès la première phrase du Monde comme volonté et comme représentation, qui se veut tout à la fois le résumé et la version corrigée de la CRPure :
    Schopenhauer a écrit:
    Le monde est ma représentation.
    Ce qui me semble proche de la définition que Kant donne de la nature (je ne sais où) : la nature est l'ensemble des phénomènes.


Mais, pour en revenir à la réponse à faire à Goldo : C'est probablement « non ». L'intuition sensible n'est pas « une saisie », sauf à la limite. Il faut décider alors si cette limite (la synthèse de l'appréhension) appartient à l'intuition, à l'entendement ou aux deux. Mais quand on aura admis que cette saisie est le fait de l'intuition sensible, il faudra se demander encore si elle peut être qualifiée de directe.

Supervielle a écrit:

Saisir quand tout me quitte,
Et avec quelles mains
Saisir cette pensée,
Et avec quelles mains
[...]

Le Forçat innocent


A bientôt pour en reparler.
Bien à vous.

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@Machaon,

je me suis occupé de la mise en forme de votre message, si vous avez des difficultés avec l'utilisation des outils de la fenêtre d'édition, je vous invite à consulter les tutoriels du forum ici ; mais n'hésitez pas à demander notre aide au besoin.

Cordialement.
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