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Le pouvoir corrompt

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Janus
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Liber
Euterpe
Collegienmv
10 participants

descriptionLe pouvoir corrompt - Page 7 EmptyRe: Le pouvoir corrompt

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Silentio a écrit:
1) on ne peut vouloir, si on est cohérent, critiquer un régime si on n'est pas en mesure de le changer
Non. On peut le critiquer à la condition impérative d'y participer, ce qui consiste à jouer le jeu en acceptant les règles de ce jeu, plutôt qu'à y jouer (ce qui revient à accepter ces règles - même par défaut) en les invalidant dans le même temps. Il est devenu évident, par exemple, ou bien que les gens ne comprennent plus, ni ce qu'est un représentant, ni ce qu'est la représentation, ou bien qu'ils ne veulent plus être représentés. J'y reviens plus bas.

Silentio a écrit:
2) certaines critiques sont stupides, mais que la critique n'est pas illégitime pour autant
Oui. Dans la mesure du possible, il faut éviter le simplisme du tout ou rien. Les critiques visent souvent mal, aussi mal que les dithyrambes.

Silentio a écrit:
3) toute critique d'une politique, d'un gouvernement élu et d'un régime est infondée puisqu'on a voté et donc participé à les choisir, si bien qu'il serait incohérent de ne pas jouer selon les règles du jeu et de vouloir défaire ce qui se fait au nom d'un choix effectué auparavant en notre nom ?
On peut, malheureusement, appliquer à la société française le paradigme de l'état de nature qu'on trouve dans l'œuvre de Boudon. L'état de nature, c'est l'état où tout contrat a disparu. Je n'ai pas le temps de développer, aussi je ne peux que renvoyer à son livre Effets pervers et ordre social, au paradigme interactionniste de type tocquevillien et aux effets Cournot. La France est dans une situation d'état de nature en ceci que la société française se caractérise essentiellement par la multiplicité des rôles et surtout la juxtaposition de comportements non liés.

Un contrat engage, un contrat ob-lige (je vous renvoie à l'étymologie de ce terme, dont vous savez qu'il est central dans la philosophie kantienne). Hors de là, pas de responsabilité, par conséquent, pas de liberté.

Silentio a écrit:
En définitive, quelle attitude adopter, surtout lorsqu'on est critique ?
Critiquer veut dire énoncer des critères pour connaître et juger. Je vous renvoie, encore, au verbe grec κρίνω.

JimmyB a écrit:
Je pense que ce que veut dire Euterpe c'est que les électeurs, en France surtout, n'attendent pas les résultats de la politique menée par les élus qui ont pourtant été élus pour cela. C'est pourtant la base de notre démocratie de confier une confiance envers ceux que nous élisons. La base de ce contrat de confiance c'est de laisser les gouvernants mener à bien leur politique et d'attendre les prochaines élections avant d'émettre un jugement politique. Or ce n'est plus le cas.
En effet.

JimmyB a écrit:
Cette critique possède en son sein une limite : l'Union Européenne, qui est à la base de beaucoup de lois qui s'inscrivent dans le système législatif des États et que nous ne pouvons décider. Cela remet donc en cause les deux systèmes politiques : celui de la France et celui de l'Europe, le premier parce qu'il est dépendant du second alors que le peuple qui l'élit n'est plus décisionnaire de quoi que ce soit, même avec son vote. Et le second, car les élections européennes sont des élections fantoches et que le pouvoir central ne dispose pas de légitimité électorale.
Les élections européennes, pour des raisons qu'il faudrait élucider, n'ont jamais pris racine. Leur maintien a sans doute contribué à renforcer le divorce entre les populations des pays européens et les institutions européennes, dans la mesure où, d'un côté, l'Europe se veut une Europe de représentants, de l'autre, les populations européennes ne veulent plus des représentants (des délégués), mais des mandants, des commettants. Ce qui signifie que, désormais, il semble bien établi que, consciemment ou pas, les gens veulent une démocratie directe (le mandat impératif). Or, vouloir une démocratie directe, à une échelle aussi grande que l'Europe, c'est vouloir une fédération. Proposer une fédération à la France, créatrice du modèle national, c'est se faire couper la gorge. Les Français veulent rester une nation, mais ils ne veulent plus des moyens inhérents (ou qui, historiquement, semblent inhérents) aux nations pour fonctionner politiquement. On veut manger des spaghetti, mais on ne veut plus de fourchettes. Dont acte.

Dernière édition par Euterpe le Sam 30 Nov 2013 - 14:48, édité 1 fois

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Euterpe : "Nous vivons sous un régime présidentiel, plutôt que parlementaire."

En fait, nous ne vivons dans aucun des deux, nous vivons dans un régime SEMI-présidentiel (la différence est assez importante). Pour exposer un exemple, les Etats-Unis eux présentents un régime présidentiel.

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Funkhip a écrit:
Euterpe : "Nous vivons sous un régime présidentiel, plutôt que parlementaire."

En fait, nous ne vivons dans aucun des deux, nous vivons dans un régime SEMI-présidentiel (la différence est assez importante). Pour exposer un exemple, les Etats-Unis eux présentents un régime présidentiel.
Nous vivons sous un régime présidentiel, plutôt que parlementaire. Autrement dit, nous sommes sous un régime mixte, qui penche plutôt du côté présidentiel que du côté parlementaire. Il n'a été "parlementaire" qu'en deux occasions : les deux cohabitations (gouvernement Chirac sous Mitterrand, gouvernement Jospin sous Chirac). D'où la réforme constitutionnelle à la fin du deuxième mandat de Chirac : le quinquennat remplace le septennat pour fondre en un seul calendrier électoral élections présidentielles et élections législatives, afin de donner au président les moyens de son action. Mitterrand a créé un précédent en fonction de calculs politiques de sa part, alors que l'article 8 de la Constitution lui attribue le pouvoir, discrétionnaire, de nommer le premier ministre de son choix. https://fr.wikipedia.org/wiki/Article_8_de_la_Constitution_de_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise
Constitutionnellement, donc, nous sommes plutôt sous régime présidentiel que sous régime parlementaire.

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