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Le pouvoir corrompt

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Euterpe
Collegienmv
10 participants

descriptionLe pouvoir corrompt EmptyLe pouvoir corrompt

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Nous votons tous les cinq ans  pour un président qui doit nous représenter, mais celui-ci est corrompu par le pouvoir. Alors, que devons-nous faire ? Garder le pouvoir pour être corrompu(s) ou le donner à quelqu'un d'autre ?

descriptionLe pouvoir corrompt EmptyRe: Le pouvoir corrompt

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Collegienmv a écrit:
Nous votons tous les cinq ans  pour un président qui doit nous représenter, mais celui-ci est corrompu par le pouvoir. Alors, que devons-nous faire ? Garder le pouvoir pour être corrompu(s) ou le donner à quelqu'un d'autre ?

On n'a jamais trouvé la réponse. Tout ce qu'on a trouvé, c'est le droit constitutionnel, censé précéder tous les autres, et qui présente l'avantage de n'appartenir à personne. Ses limites sont connues : les gardiens de la constitution n'ont pas de pouvoirs leur permettant d'être aussi efficaces qu'on pourrait le souhaiter. Mais on trouve des variations intéressantes d'un pays à l'autre (aux États-Unis par exemple, le peuple peut amender la constitution ; sur ce point, ils sont beaucoup plus démocratiques que nous). C'est, aussi, la division, la séparation et l'équilibre des pouvoirs ; avec, là encore, des variations importantes d'un pays à l'autre. C'est, enfin, l'institution de contre-pouvoirs, plus ou moins puissants, efficaces et nombreux d'un pays à l'autre.

Quant à garder le pouvoir, ce n'est possible que dans les toutes petites démocraties, comme en Suisse, parce que la démocratie doit être directe. Mais ça suppose des conditions socio-historiques particulières, une "maturité historique". En France, on n'a jamais réussi, au point qu'on juge plus prudent de considérer que c'est impossible (comme pour tous les grands pays). Chaque fois que les Français ont pris ou voulu prendre le pouvoir, on a eu la guerre civile et l'anarchie. On a opté pour une démocratie indirecte, parlementaire. Mais la IVe République, pour des raisons diverses, a succombé. De Gaulle et Debré ont renforcé le pouvoir exécutif, et affaibli le pouvoir législatif (le parlement). Pourquoi pas ? L'erreur a été ensuite de faire élire le président de la république au suffrage universel direct. Les Français, et surtout la France, le paient très cher depuis un moment, et ils n'ont pas fini d'en payer les conséquences...

Dernière édition par Euterpe le Mar 11 Fév 2014 - 13:53, édité 1 fois

descriptionLe pouvoir corrompt EmptyRe: Le pouvoir corrompt

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Merci, tout d'abord de m'avoir encore corrigé. Mais, en France, il y a trop d'intérêts différents, pourquoi ne donnons-nous pas le pouvoir au peuple par référendum et autres moyens pour qu'il s'auto-gouverne, car les candidats font partie de partis politiques qui ne veulent que leurs valeurs.

descriptionLe pouvoir corrompt EmptyRe: Le pouvoir corrompt

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Collegienmv a écrit:
Mais, en France, il y a trop d'intérêts différents

C'est le cas dans tous les pays. A vrai dire, c'est le cas dans toute société, dès qu'il y a société, donc à partir du moment où deux personnes au moins sont en présence.

Collegienmv a écrit:
pourquoi ne donnons-nous pas le pouvoir au peuple par référendum

Le référendum, d'abord, ne peut concerner que les questions les plus importantes. Si on devait en proposer chaque jour ou chaque semaine pour prendre toutes les décisions, on ne s'en sortirait pas. D'abord, ça pose des problèmes d'organisation, mais aussi le problème de ce qu'est une consultation populaire. Or, ce n'est pas si simple à envisager. Par exemple, est-on bien sûr que le principe majoritaire soit conforme à la démocratie ? Rien n'est moins sûr. Imaginez 49% de personnes qui, chaque semaine, constatent qu'elles font partie, encore et encore, d'une minorité, donc du côté des perdants ! Que font-elles ? Que leur propose-t-on, comme réponse, comme solution, comme compromis ? Elles quittent le pays ? Bref, le référendum appelle en quelque manière la question d'un consensus, sinon de l'unanimité - comparée à la majorité : quels sont leurs avantages et inconvénients respectifs ?

En outre, l'usage des référendums est souvent le fait des régimes autoritaires... Pourquoi ? Il faut donc se méfier de ce qui ressemble à une "restitution" du pouvoir au peuple. Regardez du côté de la Suisse, un des pays les plus avancés en matière démocratique. Il n'y a que là où les référendums ont un vrai sens démocratique. En effet, on en compte trois différents : le référendum obligatoire, le référendum facultatif, l'initiative populaire (je ne connais rien de plus direct en guise de démocratie), sans compter ce qu'on appelle là-bas les arrêtés fédéraux !

Collegienmv a écrit:
autres moyens pour qu'il s'auto-gouverne

Il y a une donnée fondamentale que beaucoup de gens négligent : les peuples sont très différents les uns des autres. La démocratie suisse, la plus directe et la plus efficace au monde, offre un contraste saisissant avec l'anarchie. Le(s) rare(s) moment(s) démocratique(s) français, encore une fois, n'a jamais débouché sur autre chose que des massacres. On le dit depuis deux siècles : les Français, incapables de liberté, ne s'intéressent qu'à l'égalité, et préfèrent (ou rendent nécessaire) un pouvoir fort. Notez que notre pays a cette particularité (j'allais dire : cette anomalie), qui en dit long (dans le mauvais sens du terme), d'avoir un pouvoir exécutif à deux têtes (président et premier ministre...).

Collegienmv a écrit:
car les candidats font partie de partis politiques qui ne veulent que leurs valeurs.

On en revient à la question de la majorité, dans une démocratie. Observez l'évolution politique des principaux pays occidentaux, depuis 150 à 200 ans, vous verrez que la tendance au bipartisme est générale. C'est l'instauration de la majorité qui provoque "naturellement" ce genre de simplifications. Ça a des avantages. Plus il y a de partis, et plus se pose la question de la légitimité du vainqueur, puisque sa base électorale est forcément minoritaire. Un pouvoir n'est donc jamais représentatif. Les pays qui préfèrent le principe de la proportionnalité ont des avantages certains, mais aussi des inconvénients : le pouvoir législatif y est aussi fort, voire plus fort que le pouvoir exécutif. Mais en période de crise, c'est un problème : il faut agir vite, prendre des décisions compliquées qui, à l'échelle parlementaire, demanderaient des semaines au mieux.

Dernière édition par Euterpe le Mar 11 Fév 2014 - 13:53, édité 2 fois

descriptionLe pouvoir corrompt EmptyRe: Le pouvoir corrompt

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Euterpe a écrit:
est-on bien sûr que le principe majoritaire soit conforme à la démocratie ? Rien n'est moins sûr.

Évidemment non, en premier lieu pour une question démographique. La France par exemple est un pays vieillissant, il y a fort à parier que les décisions du peuple soient influencées par l'âge des votants. Une majorité de retraités prendra-t-elle des décisions utiles à la jeunesse, donc à l'avenir du pays ? A l'égard des chômeurs, est-on bien sûr que des retraités soient les meilleurs juges en la matière ?

Regardez du côté de la Suisse, un des pays les plus avancés en matière démocratique.

Il faut dire que la Suisse est divisée en cantons très farouches sur leur indépendance. L'Allemagne aussi avec ses Lands.

Mais en période de crise, c'est un problème : il faut agir vite, prendre des décisions compliquées qui, à l'échelle parlementaire, demanderaient des semaines au mieux.

On en a eu des exemples récemment avec l'Allemagne, positifs et négatifs selon moi. D'un côté, l'intervention en Libye (pas très heureuse pour le moment, donc donnant raison à Merkel), de l'autre l'aide à la Grèce, trop tardive. En crise, il est des cas où il faut prendre son temps, d'autres où il faut agir vite. Mais je préfère encore le système parlementaire, parce qu'après tout, à l'échelle d'un pays, telle ou telle décision, même erronée, est supportable. L'Allemagne ne s'en porte pas plus mal, au contraire.
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