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Crise économique, crise démocratique ?

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baptistecanazzi
Georges Réveillac
etticeticettac
The Laughing Man
8 participants

descriptionCrise économique, crise démocratique ? - Page 7 EmptyRe: Crise économique, crise démocratique ?

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"Le travail fait l'homme" : grave erreur, vous privilégiez un mode de développement parmi d'autres, vous condamnez des peuplades comme les Inuits, les indiens d'Amérique du nord (chasseurs-cueilleurs), vous reprenez ce qui servait à légitimer la colonisation au 19 ème siècle, à savoir la mission civilisatrice de l'homme blanc. Vous me rappelez la fameuse controverse de Valladolid : "est-ce que les indiens ont une âme ?", sauf que vous en changez le paradigme, ici Dieu est remplacé par la science. Il y aurait des hommes moins hommes parce que moins développés. C'est une vison dangereuse. Le marxisme est dangereux, comme Hegel de ce point de vue.

Les Indiens connaissaient-ils le marché ? Les civilisations d'Amérique du Sud avaient développé une économie d'échanges, je ne le conteste pas. Les indiens non sédentaires d'Amérique du nord, c'est moins sûr ; d'ailleurs un grand chef Sioux, il me semble, avait bien du mal à comprendre que les hommes puissent se dire possesseurs des forêts, des rivières, des animaux, cela lui échappait totalement. Il faut parler aussi des inuits, des aborigènes d'Australie. D'ailleurs Dominique Lestel en parle dans les Origines animales de la culture. Il compare les chimpanzés les plus évolués, qui fabriquent des outils qu'ils conservent, avec la population Humaine qui en fabrique le moins. Et sa conclusion c'est de dire que ce n'est pas la technique qui sépare l'homme de l'animal, mais sa capacité à croire dans des choses abstraites. Ainsi, cette population qui n'a que très peu d'outils possède des croyances au sens religieux.

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Il me semble justement que ça veut dire que toute histoire est subjective, qu'elle dépend toujours d'un sujet, donc qu'il n'y a pas d'histoire en soi. Donc toutes les lois que nous pourrons tirer de cette histoire subjective ne pourront être que des lois subjectives, donc rien qui ne s'impose de soi-même. La philosophie de l'histoire est donc une grande supercherie qui consiste à imposer des intérêts cachés (en général en promettant un futur radieux), une puissance qui refuse de se montrer. C'est en général, puisque l'histoire est écrite par eux, la loi du plus fort.

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NOU-JE a écrit:
L'URSS n'était pas communiste, il faut arrêter avec l'interprétation spectaculaire de l'histoire.

Dans la langue courante, on appelle « communistes » les pays qui sont gouvernés par un parti communiste. C’était le cas de l’URSS. Les dirigeants appelaient « socialiste » leur société. Ce socialisme devait être une étape vers la réalisation de la société communiste, société d’abondance, sans État, où l’homme pourrait enfin s’épanouir.
Les pays dits « communistes » pratiquaient tous l’économie socialiste, sous une forme ou une autre, avec ou sans autogestion, avec ou sans propriété d’État des entreprises, avec un peu plus ou un peu moins de marché libre. Quelques États, comme l’Algérie, pratiquaient une économie socialiste sans pour autant être gouvernés par un parti communiste. A ma connaissance, toutes ces expériences d’économie socialiste ont échoué.
Pourquoi ?
Je pense que c’est à cause de la nature humaine (sauf s’il n’en existe pas). Je vois chez l’homme une préférence pour l’égoïsme, contenue à grand’peine par une priorité de l’altruisme. L’économie capitaliste fonctionne avec le moteur égoïste, l’économie socialiste avec le moteur altruiste. C’est pourquoi l’économie socialiste se montre satisfaisante quand la vie de tous est menacée, en cas de guerre par exemple, puis cède la place à l’égoïsme dès que les conditions de vie redeviennent acceptables.
Mais je m'aperçois que je me répète. J'ai dit la même chose dans mon précédent message. C'est peut-être les habitudes acquises dans mon métier d’enseignant qui font partie de mon être et me poussent à rabâcher.

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NOU-JE a écrit:
Jamais dans l'histoire les hommes n'ont altéré le fonctionnement du capitalisme ;

Cette affirmation est grosse de lourdes conséquences. S’il est impossible de contrôler le capitalisme, tous ceux qui, comme moi, ne peuvent pas supporter ses perversions actuelles n’ont plus qu’à le renverser et le remplacer par un « je ne sais quoi » à propos duquel nous ne sommes pas prêts d’être d’accord.
Les mafias ne modifient-elles pas le fonctionnement du capitalisme dans le sud de l’Italie et ailleurs ? Sous l’Ancien Régime, le capitalisme naissant n’était-il pas dominé par l’état féodal ? Et encadré par les corporations ? Plus près de nous, en France, pendant les Trente Glorieuses, le capitalisme n’était-il pas contrôlé par l’État, les syndicats et les partis de gauche ? Dans les pays d’Europe du Nord, souvent de culture protestante, les chefs d’entreprise ont généralement un grand souci de leurs salariés ainsi que du bien public. Le pouvoir des actionnaires est souvent limité par celui des salariés. Exemple :
•  2) Les lois allemande et néerlandaise donnent aux institutions représentatives du personnel un réel pouvoir de codécision dans plusieurs domaines et la possibilité de contester devant les tribunaux certaines des mesures de l'employeur
•    a) Le pouvoir de codécision
•    b) La possibilité de contestation en justice
•    3) Les législations allemande et suédoise prévoient la représentation du personnel dans les organes délibérants des entreprises qui ont atteint une certaine taille
•    a) Les dispositions allemandes sont réservées aux entreprises comptant au moins 500 salariés
•    b) La loi suédoise s'applique à partir du seuil de 25 salariés
Source :  http://www.senat.fr/lc/lc58/lc58.html

Les tenants de l’ultralibéralisme, eux aussi, ont intérêt à nous faire croire cela : « les contrôles sont inefficaces et nuisent au bon fonctionnement de l’économie », affirment-ils. Au passage, ils ont aussi intérêt à nous persuader qu’un État-monde serait une catastrophe. Tant qu’ils ont la bride sur le cou et tant que le monde est fragmenté en États, ils peuvent faire des profits énormes en spéculant sur la main d’œuvre à bas coût, en jouant à saute-frontières pour aller dans les paradis fiscaux, en pressant le juteux citron des opérations de change, ou encore en se promenant à travers le monde pour tirer d’entreprises vulnérables des profits immédiats tout en les abandonnant sans scrupules dès que leur ponction les a tuées… Et que sais-je encore ?  
Selon Attac, le montant des transactions financières internationales serait de 100 fois celui des échanges de biens et de services. Toutes ces transactions transitent par la BRI (Banque des Règlements Internationaux), laquelle pourrait les contrôler si « On » lui en donnait l’ordre. Mais « On » n’existe pas encore : nos maîtres n’en veulent pas.

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En vérité le communisme a échoué parce qu'il n'a pas réalisé cette société d'abondance contrairement au capitalisme. Les magasins étaient vides pendant que la planification s'occupait de la production d'acier, de ciment. Le capitalisme est le meilleur système pour produire des biens. Cela ne fait aucun doute aujourd'hui. Mais l'homme se résume-t-il à cela, n'est-il qu'un consommateur, un jouisseur ? Nous touchons là le matérialisme des deux idéologies jumelles. Les moyens sont différents, le but est le même. D'ailleurs on remarque les mêmes symptômes, le communisme a enfanté une élite censée apporter la bonne parole marxiste, aujourd'hui il y a les prêtres du néo-libéralisme qui pareillement vous serinent qu'ils ont la connaissance. Quand quelqu'un élève la voix pour dire qu'on peut peut-être faire autre chose, tout de suite au nom de cette raison, de ce savoir absolu (ce qui est un non-sens, la connaissance scientifique étant toujours partielle et le fruit d'un instant donné) on traite cette personne de folle. Voire quand le gouvernement qu'un peuple a légitimement élu, qu'ils soient de droite (Berlusconi) ou de gauche (Papandréou), on le remplace par un technocrate. Or ce que nous vivons c'est une crise, mais une crise bien plus profonde. Qui questionne ce monde issu de la révolution industrielle et dont le communisme et le libéralisme sont les deux frères ? Ils nous faut inventer l'après révolution industrielle. Repenser notre rapport au monde. Est-ce que la nature a été donnée à l'homme uniquement pour qu'il l'exploite ? Je ne crois pas que l'égoïsme soit la seule chose que la nature nous aie donnée, autrement notre espèce aurait disparu, il a bien fallu quelque chose pour limiter la prédation entre hommes. Et cette faculté est tout autant le produit de la nature. Darwin lui même pensait que les hommes faisant preuve de pitié avaient été favorisés par la nature. Les éthologues aujourd'hui en découvrent les prémices dans les animaux sociaux. Les singes capucins sont sensibles à l'injustice.
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