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Crise économique, crise démocratique ?

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baptistecanazzi
Georges Réveillac
etticeticettac
The Laughing Man
8 participants

descriptionCrise économique, crise démocratique ? EmptyCrise économique, crise démocratique ?

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Alors que la crise de l'euro renverse les États, nombreux sont les intellectuels, hommes politiques ou journalistes, qui s'insurgent contre ce qu'ils considèrent comme un déni de démocratie. Ont-ils seulement raison ? La crise de l'euro, et ses conséquences, est-elle une crise de la démocratie ?
Plutôt que de rester le nez sur les récentes mises à pied des gouvernements grecs et italiens par les marchés, regardons plutôt un horizon plus large. Qu'observons-nous alors ? Tout d'abord que les gouvernants dont nous parlons ont étés élus démocratiquement. Ensuite que leurs prédécesseurs, dans le cas de la Grèce, ont été démocratiquement élus ; ou que le président du conseil avait été démocratiquement réélu dans le cas de l'Italie. Or, d'où vient la crise ? Il serait absolument faux de croire qu'elle a surgi ex nihilo, de nulle part, avec un rire sardonique et des cacahuètes. Elle est le résultat d'années et d'années d'endettement, de mauvais choix politiques et économiques, de fraudes même quelquefois. Or, qui trouvons-nous derrière ces faits ? Le peuple. C'est le peuple, nous l'avons dit, qui a choisi ses gouvernants, gouvernants qui n'ont pas réussi à penser une réalité sur un terme plus long que la durée leurs simples mandats ; c'est le peuple qui, dans le cas de la Grèce, en majorité, ne payait pas ses impôts.

La mise en place de gouvernements techniques en Grèce et en Italie ne me semble donc pas un déni de la démocratie. Ce serait plutôt une défaite de la démocratie. On observe deux choses : la première est que la majorité des gouvernements européens démocratiquement élus ont échoué dans leurs missions en menant leur pays vers l'endettement. La seconde est qu'on les remplace par des gouvernements techniques, aristocratiques pourrait-on presque dire. Il s'agit donc d'une défaite de la démocratie, d'un aveu d'échec.

Une autre observation reste à faire. Les remarques de ceux qui croient à un déni de démocratie soulignent une impression vague qui consiste à déresponsabiliser le peuple de ses propres actions. Si le peuple élit, à la majorité, dans un système reconnu comme démocratique, un gouvernement, s'il lui redonne parfois sa confiance, et si l'on s'aperçoit que ce même gouvernement mène le pays à la crise, la responsabilité de ces errements revient directement et uniquement au gouvernement. Or, s'il ne peut être déresponsabilisé de ses actions, le peuple qui l'a amené au pouvoir ne doit pas non plus oublier ses responsabilités.

La crise actuelle marque donc une crise de la démocratie. Non pas un déni de démocratie, mais un système qui est mis face à ses propres contradictions. Nous dirigeons-nous alors vers une Europe aristocratique ? La démocratie peut elle se relever ? Plus encore, la démocratie peut-elle apprendre de ses erreurs et prendre ses responsabilités ?

descriptionCrise économique, crise démocratique ? EmptyRe: Crise économique, crise démocratique ?

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Il s'agit bien d'une crise de la démocratie à laquelle nous assistons. On peut le dire, ce que le communisme dans les pays de l'est avait rêvé, le libéralisme l'a fait. Dans les démocraties populaires il y avait une élite censée connaître la science marxiste présentée comme la raison indépassable. On votait donc pour ceux que le parti avait choisi. Or le libéralisme d'aujourd'hui, s'appuyant sur une raison indépassable, a ses experts censés connaître la science économique, ces mêmes d'ailleurs qui n'ont fait que se tromper. Ce sont les nouveaux prophètes. Nous ne sortirons de cette crise qu'en remettant en cause le principe de raison. La démocratie ne prend pas racine dans la raison mais dans l'éthique. Il s'agit de retrouver cette éthique, ce sens de la justice que ces nouveaux grands mages essaient d'étouffer.

descriptionCrise économique, crise démocratique ? EmptyRe: Crise économique, crise démocratique ?

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The Laughing Man a écrit:
La crise actuelle marque donc une crise de la démocratie.

Les gouvernements démocratiquement élus ne disposent que de 4 ou 5 ans pour infléchir la marche de leur pays. De plus, s'ils prennent des mesures impopulaires, ils sont pratiquement sûrs de n'être pas réélus.
Tout repose bien sur le peuple. Il est donc indispensable qu'il ait une culture politique solide, le mettant à même d'apprécier les mesures efficaces que pourrait prendre son gouvernement.
Or, aucune idéologie politique contemporaine ne réussit à gérer convenablement les sociétés modernes : les idéologies socialistes ont échoué dans toutes leurs tentatives d'établir des économies socialistes, les idéologies capitalistes sont en train d'étaler leur impuissance. Alors, les peuples ne savent plus à quel saint se vouer. Ceux de tradition musulmane sont en train de retourner à la religion. Et nous, qu'allons-nous essayer pour sortir de la pétaudière ?
Bref, il est urgent que nous trouvions enfin une idéologie politique valable pour notre époque. Au moins une.

descriptionCrise économique, crise démocratique ? EmptyRe: Crise économique, crise démocratique ?

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Je crains que, pour reprendre Churchill, "la démocratie soit le pire système hormis tous les autres", elle est indépassable ; la grande erreur réside dans toutes les idéologies de progrès qui nous font croire qu'il peut y avoir mieux. Il n'y a progrès qu'en technique, pas en politique : depuis les Grecs les façons de gouverner n'ont pas changé. Seul le discours change. Mais nous ne faisons qu'aller de l'un à l'autre en fonction de la manière dont les richesses sont réparties dans la société. Plus elles sont réparties équitablement et plus règne la démocratie, lorsqu' un groupe accapare la richesse aux détriments des autres c'est une oligarchie dont la pente naturelle la pousse vers la monarchie. Peu à peu l'éthique est remplacée par la loi du plus fort. Pour expliquer cette inégalité on invoque la nature. Ainsi il y a les "winners". Des gens au dessus des autres. La concurrence forcenée rempace la solidarité. Ce qu'il faut espérer c'est que les gens déchireront ces fables et rebâtiront une société plus juste mais pour cela il faut qu'ils se débarrassent de toutes ces nouvelles idoles que sont les lois du marché, le progrès, la raison, l'amour.

descriptionCrise économique, crise démocratique ? EmptyRe: Crise économique, crise démocratique ?

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etticeticettac a écrit:
Ce qu'il faut espérer c'est que les gens déchireront ces fables et rebâtiront une société plus juste mais pour cela il faut qu'ils se débarrassent de toutes ces nouvelles idoles que sont les lois du marché, le progrès, la raison, l'amour.

"Les lois du marché" sont de deux sortes.
- Il y a celles qui découlent naturellement d'un marché concurrentiel. Elles sont, par définition, naturelles.
- Il y a les règles que les gouvernants appliquent à ce marché, pour le contrôler.
De même qu'il paraît insensé d'adorer le théorème de Pythagore, je ne vois pas pourquoi on adorerait des lois naturelles. Quant aux règles actuellement en vigueur, il y a encore moins de raisons de les adorer. Puisqu'elles ne fonctionnent pas, il faut chercher pourquoi et les modifier en conséquence.
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