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Critique de la raison pure

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descriptionCritique de la raison pure - Page 44 EmptyRe: Critique de la raison pure

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Bonjour, 

Je suis quelque peu perdu avec les définitions kantiennes... 

Dans le début de la Logique transcendantale Kant écrit que notre connaissance a deux sources, à savoir:
- La sensibilité qui nous donne des représentations
- L'entendement qui nous permet de penser l'objet par l'intermédiaire justement de ces représentations

Ce que je conçois assez correctement. J'avais récupéré juste avant de commencer je ne sais plus où une autre version sur un support d'aide à la lecture de la critique. Selon celui-ci, il y aurait trois sources de connaissances: la sensibilité, l'entendement et la Raison. Ces trois sources engendrent l'intuition, le concept et l'Idée comme savoirs, connaissances.

Ce qui porte à confusion. L'Idée est quelque chose que j'ai d'ailleurs extrêmement de mal à concevoir.

Mais dans l'Introduction, nous avions vu que la Raison fournit les connaissances a priori, et que du coup, la Raison pure fournit les connaissances absolument a priori. Si elle fournit les connaissances, c'est forcément qu'elle est une source de connaissances, non ? Et qu'il y a donc bel et bien trois sources de connaissances.

En retournant à la Logique transcendantale, plus précisément dans l'Analytique transcendantale, lorsque Kant explicite les modalité des jugements, il y ajoute une petite note pour dire que pour ces jugements, ce serait comme si la pensée était, dans le cas des jugements problématiques, une fonction de l'entendement, dans le cas des jugements assertoriques, une fonction de la faculté de juger, et dans le cas des jugements apodictiques, une fonction de la Raison.

Cela remet en question pas mal de choses.

Au début de l'Analytique des concepts, il écrit lui-même que: l'entendement en général peut-être représenté comme un pouvoir de juger. Donc c'est en général une faculté de juger. En général. Ce prédicat a-t'il une importance ? L'entendement est-il en partie une faculté de juger, mais pas entièrement ?

Au vu des jugements considérés dans la note (p160 dans l'édition Flammarion, trad. Alain Renaut), ce qui me vient tout de suite à l'esprit quant au vocabulaire employé, et ce à quoi je suis bien obligé de m'attacher comme réponse pour pouvoir continuer, est:
- Les jugements problématiques sont des faits possibles, propres donc à l'entendement dans sa globalité (tâtonnement ??)
- Les jugements assertoriques sont des faits contingents, simplement constatés, donc ils sont considérés comme réels, comme des données "fiables", et sont propres à la faculté de juger, c'est-à-dire utilisables par cette partie de l'entendement
- Les jugements apodictiques sont une vérité nécessaire, on touche donc à l'a priori. Donc selon la définition selon laquelle la Raison fournirait les connaissances a priori, ceux-ci paraissent naturellement propres à la Raison.
Mais comme vous pouvez le constater, même si c'est ce à quoi je m'attache pour pouvoir continuer mon étude personnelle de la Critique, cela reste de toute manière insuffisant, aussi vrai (ou faux !!) que ce soit.

En espérant que vous pourrez m'aider, cette confusion me rend fou 

descriptionCritique de la raison pure - Page 44 EmptyRe: Critique de la raison pure

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Je suis désolé de vous répondre aussi tardivement (j'ai lu aussi votre question sur les jugements en message privé) mais je suis actuellement en vacances. J'ai décroché complètement question philo mais je serai de retour pour la rentrée (scolaire).
Je reprendrai mes études philosophiques à ce moment-là.

A bientôt.

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Pas de soucis, bonnes vacances !

descriptionCritique de la raison pure - Page 44 EmptyRe: Critique de la raison pure

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Chrome a écrit:
Bonjour, 

Je suis quelque peu perdu avec les définitions kantiennes... 

Dans le début de la Logique transcendantale Kant écrit que notre connaissance a deux sources, à savoir:
- La sensibilité qui nous donne des représentations
- L'entendement qui nous permet de penser l'objet par l'intermédiaire justement de ces représentations

Ce que je conçois assez correctement. J'avais récupéré juste avant de commencer je ne sais plus où une autre version sur un support d'aide à la lecture de la critique. Selon celui-ci, il y aurait trois sources de connaissances: la sensibilité, l'entendement et la Raison. Ces trois sources engendrent l'intuition, le concept et l'Idée comme savoirs, connaissances.



Je vais essayer de vous répondre en avançant lentement...

Pour Kant notre connaissance procède de deux sources, la sensibilité et l'entendement.
Laissons pour le moment "tomber" la connaissance par idées, qui est une toute autre connaissance, une connaissance qui, selon Luc Ferry est une connaissance non d'un point de vue humain, mais d'un point de vue d'un être omniscient (j'y reviendrai).

Mais précisons d'abord la source de toute connaissance humaine. Je cite ici Kant, premières lignes du chapitre "la logique transcendantale".

"Notre connaissance procède de deux sources fondamentales de l'esprit, dont la première est le pouvoir de recevoir les représentations...la seconde le pouvoir de connaître par l’intermédiaire de ces représentations un objet."

J'insiste sur les mots :

Recevoir  : ce mot exprime le fait que nous ne créons pas, nous ne pensons pas ces représentations dans leur apparition (réfutation de l'idéalisme dogmatique).
Connaître : ce mot exprime le fait que connaître c'est penser, c'est opérer une synthèse, une union sous un même concept de diversités.

Plus loin :

"Par la première [source de connaissances] nous est donné un objet, par la seconde celui-ci est  pensé... Intuition et concepts constituent donc les éléments de toute notre connaissance, si bien que ni des concepts sans une intuition...ni une intuition sans concepts ne peuvent fournir une connaissance".

Ces deux sources sont donc : la sensibilité et l'entendement.

Il est nécessaire de partir de ces affirmations de Kant pour construire ensuite notre pensée (construire notre pensée pour comprendre Kant). Nous partons en quelque sorte d'axiomes, de postulats, comme dans la géométrie d'Euclide. Il est important de toujours se souvenir de ces postulats, de ces fondements pour ne pas verser ensuite dans la confusion.

Je poursuivrai plus tard mes explications.

descriptionCritique de la raison pure - Page 44 EmptyRe: Critique de la raison pure

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Je continue mes explications.


Vous écrivez : "Il y aurait trois sources de connaissances : la sensibilité, l'entendement et la raison. Ces trois sources engendrent l'intuition, le concept et l'idée comme savoirs, connaissances."

Il faut faire attention. La connaissance a deux sources indissociables pour Kant : la sensibilité et l'entendement. Il n' y a donc pas une connaissance exclusivement liée  à la sensibilité et une connaissance exclusivement liée à l'entendement. Il faut ces deux sources pour arriver à une connaissance.

Nous pouvons envisager la "connaissance" sous deux rapports. La connaissance ce peut être  d'abord l'adéquation entre la représentation que j'ai en moi d'une chose et cette chose elle-même. La chose que je perçois et dont j'ai l'image (ou la sensation) en moi est conforme à la chose en soi.

C'est l'interrogation : est-ce que la chose que je perçois, existe quand même, telle quelle, même quand je ne la perçois pas ? Le plus commode est de dire oui : il y a adéquation entre ma perception et la chose en soi. A vrai dire nous vivons chaque jour en considérant que cette hypothèse est vraie !

Sous un autre rapport la connaissance est déjà, en soi, synthèse. Je peux dire : l'arbre existe tel qu'il m'apparait (connaissance brute, adéquation entre ma perception et la chose en soi) mais je peux aussi dire : l'arbre est vert, l'arbre est un résineux, etc. c'est-à-dire que j'opère aussitôt des synthèses. La connaissance alors est une synthèse entre différents concepts.

Passons à la raison comme source de connaissances.

Ici il faut faire attention. Le mot raison est parfois employé pour désigner l'entendement, parfois pour désigner la raison pure. Si je corrige la copie d'un élève en mathématiques je peux noter : excellent raisonnement par exemple. Un bon élève, en maths, sera pour moi un élève dont le raisonnement est sûr. Raisonnement réfère bien sûr à la raison. Mais pourtant ce type de raisonnement mathématique est  en général affecté à l'entendement. L'entendement est une activité raisonnable donc ! Plutôt que de parler de raison il vaudrait mieux parler de raison pure. Le terme raison pouvant à vrai dire être aussi affecté à l'entendement.

Donc je corrige et je dis : il y a la sensibilité, l'entendement et la raison pure.

C'est la raison pure qui produit l'idée. Qui serait connaissance.

De quoi s'agit il en vérité ? (à suivre).
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