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[résolu]Styles pictural et linéaire.

4 participants

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Bonjour à tous,

J'ai rencontré dans Logique des sciences de la culture de Cassirer les concepts d'art linéaire et d'art pictural. J'ai du mal à saisir leurs singularités respectives, et leur articulation.

En quoi ces deux tendances sont-elles fondamentalement différentes ? Quelles sont leurs orientations ? Avec quelles œuvres peut-on illustrer ces visions du monde ?

Merci

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Zingaro a écrit:
J'ai rencontré dans Logique des sciences de la culture de Cassirer les concepts d'art linéaire et d'art pictural. J'ai du mal à saisir leurs singularités respectives
Il s'agit simplement de l'éternelle et classique opposition entre les dessinateurs et les coloristes. Vous avez un cas français typique avec l'opposition entre Delacroix (coloriste) et Ingres (dessinateur).

Dernière édition par Euterpe le Mar 26 Juil 2016 - 11:32, édité 1 fois

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Dans ce cas, je trouve l'expression de Cassirer plus juste, car un dessinateur comme Michel-Ange utilisait des coloris éclatants, un peintre comme Rembrandt des couleurs crépusculaires. Par contre, l'un masquait sa touche (le pinceau ne servant qu'à remplir une forme), l'autre en faisait un moyen d'expression puissant.

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Y a-t-il des enjeux philosophiques derrière cette distinction, ou est-ce pure affaire technique ?

Après avoir vu quelques images de tableaux de Delacroix et de Ingres, la différence marquante réside en ce que le tableau vient à ma rencontre chez Delacroix, alors que chez Ingres c'est moi qui y entre. Le premier expire, le second inspire...

En quoi Spinoza est-il un philosophe de la lumière par exemple ? Qu'y aurait-il de commun entre sa philosophie et la peinture d'un Delacroix ?

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J'y vois pour ma part l'éternel débat existentialisme et essentialisme, l'art du constat absolument similaire depuis un référentiel différent, l'importance choisie - consciemment ou non, puisque sans aucun doute dépendante d'un contexte et d'orientations personnelles -
Par absolument similaire, j'entends ici résultat ou l'esthétique avec les peintres Delacroix et Ingres.

Pour le cas particulier de Spinoza, ne l'ayant pas lu, je ne peux tellement me prononcer de façon significative. Cependant, il me semble que de la substance il dégage une idée de dieu ou son système de valeur. C'est ici de la forme que se dégage la lumière. Cela fait inévitablement songer à "la Nausée" de Sartre, qui, de son existence dégage une bien sombre impression.
Dans ces deux cas, le questionnement de base est le même : l'existence. La différence majeure est probablement de direction ; Spinoza va plus vers l'intérieur de lui-même ou de l'implicite de l'objet substance, et en vient donc à une idée de Dieu ou de lumière. Sartre, lui, va plus à l'extérieur de lui-même en constatant sa propre existence, un peu comme s'il se voyait à la troisième personne. Si l'on se cantonne à La Nausée, le raisonnement n'est pas abouti et paraît bien sombre. Il faut attendre son dernier livre, je crois, pour trouver que Dieu, finalement, c'est pas si mal.
Bref, nous avons affaire ici à deux auteurs qui, partant de la forme, dégagent une valeur.

En prenant par exemple plutôt Aristote et sa règle de trois induite par la logique, on voit quelqu'un qui réfléchit plutôt à la forme selon la valeur. En jugeant l'homme en "trop" ou "pas assez", il dégage un juste milieu, une idée de justesse, "d'homme juste" pour reprendre des termes qui lui seraient plus chers.
Si l'on veut y superposer une idée de dieu : ce serait le donné par définition donc le "trop" ou "pas assez" mais évidemment constaté de façon humaine : avec un jugement imparfait. La question de Dieu ne se pose donc pas dans l'Éthique à Nicomaque qui n'évoque pas explicitement l'existence et admet donc l'idée de l'homme depuis belle lurette. Il est alors affaire de "l'homme juste" soit l'idée parfaite de l'homme ou encore l'homme tendant au bonheur donc finalement l'homme tendant vers Dieu de la compréhension des injustices du "trop" et "pas assez".
En prenant maintenant Nietzsche, il est à nouveau histoire de morale : il définit cette fois comment l'imparfait ne peut l'être puisqu'il l'est par définition. Ainsi, on ne peut se permettre décemment de le considérer comme imparfait. Dans la lignée d'Aristote, le versant qui nous intéresse est celui de la descente de la montagne, la descente parmi ses pairs : comment le sage paraît sage par la bêtise des idiots, soit la forme "bien" du sage se dégageant de la valeur "mal" des imbéciles.


Zingaro a écrit:
le premier expire, le second inspire

Je trouve cette phrase assez justement trouvée : elle met en exergue le centre d'attention. Dans l'inspiration, on trouve matière depuis l'extérieur ; dans l'expiration, on la trouve depuis l'intérieur.


C'est en partie là que se révèle l'un des caractères de génie de Nietzsche : par l'éternel retour, il arrive à concilier les deux versants. Parmi ses pairs, il dégage une forme ; en remontant sur sa montagne et par là négligeant tout à fait sa forme, il retrouve valeur à ses yeux.

Ahahah ! Bon.
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