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Le regret comme point de départ de la philosophie

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JimmyB
Zingaro
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juliendeb
10 participants

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L'émotion étant une réaction par rapport à ce qui nous entoure, c'est une expérience. L'émotion est notre confrontation au monde, par conséquent l'émotion est soumise à une rationalisation ; lorsque l'on fait de la philosophie, on analyse, on observe, on émet des hypothèses. Donc les deux sont liés.

Toute discipline qui crée n'est pas du domaine de l'art. Depuis le Moyen-âge par exemple, l'artisanat ne fait plus partie des arts. Donc si l'on crée une chaise, ce n'est pas pour autant artistique. Ainsi en effet, il n'y a selon moi pas de lien entre la poésie, qui découle d'une volonté de production artistique, et la philosophie.

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L'artisanat n'est plus considéré comme un art car il ne crée plus, il reproduit : la création de la chaise relevait de l'art lorsqu'elle était créée ; aujourd'hui, la chaise est un objet commun, qui n'est plus créé, mais fabriqué à la chaîne. L'artisanat n'est plus considéré comme un art, certainement parce qu'il n'a plus rien à créer (pour le moment du moins).

Mais la philosophie a-t-elle fait son temps ? N'a-t-elle plus rien à créer véritablement ? Si l'artisanat n'est plus considéré comme un art, car il ne fait aujourd'hui que refabriquer, reproduire, la philosophie ne fait-elle que reproduire ? N'y a-t-il pas une manière de la voir malgré tout comme un art, c'est-à-dire comme une activité réellement créatrice ?

Dernière édition par juliendeb le Ven 31 Aoû 2012 - 18:36, édité 2 fois

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L'art grec se basait aussi sur la reproduction, votre argument est erroné.

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juliendeb a écrit:
cognitivist a écrit:
Pourquoi pas le plaisir de réfléchir ?

Mais le plaisir n'est-il pas un sentiment, une émotion ?

Je doute qu'on puisse trouver des sources complètement non émotionnelles de la philosophie.
Si j'ai pointé le plaisir de réfléchir, c'est parce qu'il représente un cas très particulier comparé aux autres motivations/émotions pour la philosophie.

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À Kvothe

Ajoutez donc Platon à votre liste des philosophes qui se fourvoient

En effet, Platon se fourvoie et pas qu'un peu.

L’étymologie même de l'étonnement discrédite votre propos : être frapper de la foudre.

Je ne vois pas en quoi elle discrédite mon propos. À mon sens elle ne fait que le confirmer. Mais avez-vous déjà été frappé par la foudre. Car mon impression est qu'ici vous parlez en inexpérience de cause.

L'étonnement n'est pas de courte durée mais s'inscrit dans la durée, mais il porte aussi en lui toute une série d'autres interrogations. L'étonnement initial prolongé en quelque sorte.

Je pourrais presque vous accorder la chose, mais j'ai bien peur que cela vous plonge un peu plus dans votre fourvoiement. Ce n'est pas tant l'étonnement initial qui se prolonge que l'intensité de la peur qui diminue à une vitesse proportionnelle au trauma vécu et qui permet peu à peu l'adoption d'un comportement de rationalisation vis-à-vis de celle-ci. Ce comportement étant un moyen de se l'approprier, d'y asseoir sa domination. Pour établir le parallèle avec la foudre celle-ci est dans les temps anciens et jusqu’au moins au moyen-âge assimilé par les hommes au plus grand des traumas - celui du châtiment divin et de leur possible extinction qui y est associé. Zeus frappe avec la foudre lorsqu'il veut manifester sa colère, Yahvé pour punir les hommes provoque le déluge auquel l'image de la foudre est régulièrement associée. Vous pouvez aussi observer le comportement des animaux face à la foudre, angoisse, peur, anxiété... Enfin, il me semble bien que tout ça va dans le sens de mon propos.

L'étonnement est une prise de conscience  

Si du moins vous preniez le temps de me lire...

et ce qui nous pousse à philosopher c'est que maintenant que nous avons conscience de ce "nouveau danger", nous ne pouvons plus vivre comme ne le faisions auparavant.

N'est-ce pas une "prise de conscience", l’événement que je décris ici ?

Le danger comme moteur du plaisir ? Vous extrapolez.

Non il me semble bien que c'est vous qui extrapolez.

et ce pour la bonne raison que depuis la nuit des temps l'origine du plaisir c'est justement de surmonter le danger qui se présente à nous

Mais encore ?

l'unique plaisir (et l'unique déplaisir par la même occasion) du philosophe c'est de s'y trouver confronté, il désire la surmonter, en triompher, c'est là la vertu du philosophe, ce par quoi il grandit.

En vérité vous êtes tellement aveuglé par votre désir d'avoir raison et d'établir votre raison que vous falsifiez mes propos et ne prenez nullement le temps de les peser. Est-ce là le secret de votre attitude philosophique ?

L'expérience est source de connaissances, d 'acquis, ni plus ni moins

C'est là un constat qui ne m'est pas étranger et sur lequel nous pouvons nous accorder. Néanmoins lorsque vous bannissez l’erreur du champ de l’expérience vous la bannissez dans son sens le plus mathématique, le plus scientifique. Et c'est bien dans ce sens-là que j'entendais que l’erreur est inhérente à l’expérience, nous n'expérimentons que dans des domaines où le champ de notre connaissance est forcément approximatif, l'expérience exige que nous nous y déplacions à tâtons et que nous émettions un certain nombre d'hypothèses et de conclusions erronées. Et n'en déduisez pas que je délimite le champ de l’expérience à la science au sens moderne. Pour moi le champ de l’expérience embrasse nécessairement tout le champ du vécu, et ce non seulement à l’échelle de l'individu mais aussi l'échelle des peuples, des civilisations, des espèces et de la vie elle-même.

Contrairement à ce que vous pensez, je ne suis pas prompt à sous-entendre le négatif, bien au contraire.

Je pense que si, d'après votre aveu, vous l'avez sous-entendu sous le mot regret, de même que vous devez l'avoir sous-entendu sous le mot douleur sans quoi vous ne seriez pas intervenu. De même que vous devez le sous-entendre sous les mots haine, cruauté, désespoir, etc.

Aristote ne cherche pas la Vérité, mais le Bonheur

N'oubliez qu'on lui accorde l'ouvrage L'homme de génie et la mélancolie, titre des plus évocateurs... De plus s'il cherche le Bonheur cela prouve qu'il ne le possède pas. Maintenant vous pourrez peut-être en déduire ce qui le motivait à rechercher le Bonheur.

À Juliendeb

Et pour la gouverne de Baal : on pourrait très bien vous rétorquer qu'il n'y a rien de plus vrai que l'expérience

Qui donc vous a mandaté pour établir ce qu'est le vrai ? Ainsi donc l’inexpérience du vin ou du chocolat serait moins vraie ou plus fausse que l’expérience du vin ou du chocolat ? Excusez-moi de répondre par une ânerie, mais il me semble qu'à une ânerie nous ne pouvons répondre que par une autre.

se sont souvent inspirés aussi de sentiments "positifs" : l'amour, l'espoir, l'amitié, l'admiration, etc.

Au risque de vous offenser, vous parlez comme une jeune fille, cela n'est pas digne d'un philosophe. Nietzsche invitait à philosopher par-delà le bien et le mal, je vous invite à philosopher par-delà le positif et le négatif.

À Kthun,

Vous n'avez pas daigné me répondre à propos de votre lien. Ma première impression était que vous en déduisiez que je manquais d'objectivité et qu'à partir de mon expérience de la Philosophie j’érigeais  une loi qui vaudrait pour toute la somme de l'expérience philosophique, j'ai jeté un œil à ce lien et cela ne fait que confirmer mon impression. Je me demande à mon tour si vous n’idéaliseriez pas trop les philosophes qui sont avant toute chose des hommes et qui en tant que tels sont toujours motivés par des buts très humains, bassement humains ? N'idéaliseriez-vous pas aussi le monde Grec ? Qui était un monde d'une violence absolue, tel qu'il est difficile de la concevoir aujourd'hui. Un monde où à l'origine était ritualisé le sacrifice humain, où pour ne pas être eux-mêmes sacrifiés les rois substituaient des nourrissons traînés à même les champs par des chars afin d'en assurer la fertilité. Famine, maladie, guerre, c'est cela l'origine du monde Grec. Affirmer que ce n'est pas la douleur qui a poussé les Grecs et le reste du genre humain à la recherche de la vérité, c'est là étaler toute son inexpérience du monde Grec et de l'humanité d'une manière plus générale.

Pour en revenir à mon propos initial : la douleur comme épicentre de la démarche philosophique. Il me semble que certains d'entre vous sont victimes du mouvement de décadence morale, spirituelle et intellectuelle propres à ce siècle, où l'on ne supporte plus de loin comme de près le fait d'être exposé à la douleur, mais où encore plus grave l'on ne supporte même plus "l'idée" de la douleur. Or, dois-je vous rappeler que la douleur est avant toute chose la garante de notre intégrité physique, qu'elle est l'unité de mesure la plus fiable que nous possédons, celle qui permet d’adapter notre comportement face à une situation donnée. Passez votre main sous le feu et demandez-vous ce qu'elle deviendrait si la douleur ne vous commandait pas de la retirer. Essayez maintenant de repenser mon propos sous cette perspective et voyez si votre position ne commence pas à évoluer.
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