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Le regret comme point de départ de la philosophie

+6
JimmyB
Zingaro
Liber
Silentio
Desassocega
juliendeb
10 participants

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juliendeb a écrit:
Évidemment, cette pensée n'est pas propre à Sénèque, mais n'est pas propre aux Romains non plus.

Votre question (adéquation entre philosophie et vie du philosophe) est valable pour tout philosophe, mais Sénèque était avant tout un rhéteur préoccupé de l'effet de ses propos. Il enseigne à se détourner de la politique, après des échecs cuisants, il explique à un ami qu'il va le rendre immortel en écrivant sur lui dans ses lettres (ce qui s'est avéré), il méprise les richesses alors qu'il est richissime et entouré de gens comme lui. La sincérité du philosophe est-elle importante ? Voilà la question que je me poserais à son sujet. Il est clair qu'un Salluste ne fait pas illusion deux secondes, Sénèque est beaucoup plus crédible par l'élévation de sa pensée.

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Liber a écrit:
La sincérité du philosophe est-elle importante ?

D'après moi, mais ce n'est qu'un avis personnel - ai-je donc le droit d'écrire cela ici ? -, oui !
Quelle est la valeur d'une éthique qui n'est pas vécue ? Je sens un vécu chez Epictète que je ne retrouve pas chez Sénèque, j'ai donc plus d'estime pour Epictète. Epictète m'émeut, Sénèque me convainc ; Epictète m'atteint au cœur, Sénèque à la raison. Je sens plus de vérité (qui a ici rapport à l'authenticité, donc) chez l'un que chez l'autre.
J'ai tendance à voir la philosophie comme un art de vivre, pas comme un art de la parole et de la conviction : ce serait du sophisme. Une philosophie est rendue crédible grâce à la biographie de celui qui la pratique, pas grâce à la majorité. Ce serait d'ailleurs un beau sujet que de développer le rapport entre philosophie et biographie : il est primordial !

Zingaro a écrit:
Je vous accorde qu'il est plus simple de chercher les points communs des philosophes que leurs singularités, enfin pensez-vous vraiment pouvoir ramasser toutes les philosophies sous un quelconque critère ? Le critère "philosophie" me paraissant lui-même bien équivoque... N'est-ce pas là une tendance à rapetisser la philosophie (peut-être pour mieux l'accueillir ce qui est louable!), mais une entreprise d'appauvrissement tout de même ?

La question que m'évoque vos messages me semble plus être celle de l'évidence que vous voyez dans un lien entre regrets et philosophie.  J'espère sincèrement que vous serez démenti dans l'expérience  :)

Je vous avouerai que j'ai hésité à dire "toute philosophie". Ce n'est évidemment pas le cas, je ne pense pas personnellement que toute philosophie se réduise à une mise au papier de tous ses regrets. Mais j'ai voulu créer un sujet d'ordre général, autrement je l'aurais posté dans la catégorie philosophie ancienne -> les Stoïciens. Je suis d'accord avec vous, cela est appauvrissant, mais mon but n'était pas d'appauvrir, seulement de développer une question : je n'y vois aucune espèce d'évidence, et je suis loin d'en être convaincu.
Peut-être est-ce plus simple de chercher les points communs entre les philosophes, mais je suis davantage persuadé que c'est dans la singularité de l'auteur que se mesure l'ampleur de sa philosophie.

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Juliendeb a écrit:
Je sens un vécu chez Epictète que je ne retrouve pas chez Sénèque, j'ai donc plus d'estime pour Epictète. Epictète m'émeut, Sénèque me convainc ; Epictète m'atteint au cœur, Sénèque à la raison.
Ce que vous dites là pose une nouvelle question... Comment juger d'un philosophe quand il nous apparaît bien différent dans plusieurs de ses œuvres ? Car concernant Sénèque, j'ai un sentiment exactement inverse. Je le trouve émouvant, et il m'atteint au cœur comme aucun autre auteur antique (excepté Lucrèce, bien entendu). Et ceci du fait que je l'ai découvert par les Lettres à Lucilius. Lisez peut-être cette œuvre, et vous le découvrirez sous un autre jour, c'est certain !

Je vous livre un extrait de la lettre 63 qui vous touchera si, par exemple, vous avez perdu un ami :
Jouissons pleinement de nos amis : qui sait pour combien de temps ils nous sont laissés ? Songeons au nombre de fois où nous les quittâmes pour quelques lointains voyages ; combien, demeurant au même lieu, nous fûmes souvent sans les voir ; nous reconnaitrons que de leurs vivant la privation à été plus longue.
Je trouve ce texte d'une vérité bouleversante.

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Et Marc-Aurèle ?

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Liber a écrit:
Et Marc-Aurèle ?
Il est vrai que ses Pensées pour moi-même sont émouvantes, mais cela ne m'a pas autant touché que Sénèque.
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