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Qu'est-ce que la Volonté de Schopenhauer ?

4 participants

descriptionQu'est-ce que la Volonté de Schopenhauer ? - Page 3 EmptyRe: Qu'est-ce que la Volonté de Schopenhauer ?

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aliochaverkiev a écrit:
Schopenhauer est cité comme étant le commentateur le plus fin de Kant

Euterpe a écrit:
Schopenhauer se veut au contraire un kantien conséquent, et même le plus conséquent des kantiens

Ceci ne voulant pas dire la même chose que cela. Ce n'est pas très grave.

aliochaverkiev a écrit:
Euterpe cite Schopenhauer :
Le côté réel, lui, doit être radicalement distinct du monde comme représentation, il est ce que les choses sont en elles-mêmes.

Lorsque Kant dit que le phénomène est un apparaître, il n'emploie pas le mot apparaître comme signification imparfaite voire falsifiée de la chose en soi

Schopenhauer non plus. Il ajouterait :
Ainsi donc, l'impénétrabilité empirique de tous les êtres de la nature est une preuve a posteriori du caractère purement idéal et phénoménal de leur existence empirique.


aliochaverkiev a écrit:
l'apparaître est bien réel. C'est un réel distinct de la réalité de la chose en soi mais c'est bien un réel. L'apparaître n'est pas illusion

Schopenhauer ne dit pas le contraire. La représentation est une réalité : la réalité d'une représentation. Quant à l'emploi du terme « apparaître », il est quelque peu imprudent, ici, dans la mesure où Kant distingue deux acceptions de l'apparence, distinction essentielle pour la Critique de la raison pure (cf. Théorie transcendantale des éléments, 2°partie, Introduction, I, « De l'apparence transcendantale » (cf. l'apparence logique et l'apparence transcendantale)).

aliochaverkiev a écrit:
L'opposition n'est pas chez Kant entre le réel et l'idéal, il est entre le réel connaissable et le réel non-connaissable.

Schopenhauer distingue, sans les opposer, le réel (chose en soi, i. e. ce qui échappe à toute représentation) et la représentation (phénomène, i. e. ce qui, du réel, nous est accessible). Reprenons le texte lui-même : « on ne dépassera jamais la représentation, c'est-à-dire le phénomène, si l'on part de la connaissance objective, autrement dit de la représentation », ce qui signifie littéralement que la représentation ne saurait constituer un quelconque point de départ à partir duquel accéder à la chose en soi. Selon Schopenhauer toujours, il faut sortir, autant qu'il est possible, de la représentation elle-même. Autrement dit, il ne faut pas chercher à perfectionner la connaissance. Aussi objective soit-elle, elle n'en demeure pas moins une connaissance, c'est-à-dire une représentation, c'est-à-dire encore ce qui nous interdit d'accéder au réel (à la chose en soi). Il choisit un autre chemin que celui de la raison. Il n'y a pas là une opposition imputée à Kant et qui serait un contresens imputable à Schopenhauer. Les deux savaient bien que « le concept de chien n'aboie pas », pour reprendre ce que d'aucuns attribuent à Spinoza. Si le concept est bien référé à une réalité, il n'est pas la réalité qui lui sert de référence.

aliochaverkiev a écrit:
Euterpe a écrit:
renonce à descendre le cours du processus physique de la représentation du plus simple au plus complexe, de l'image à la raison en passant par le concept... du plus subjectif... au plus objectif.

Ce mot "descendre" peut prêter à confusion. S'il signifie que nous passons chronologiquement du subjectif à l'objectif, cette chronologie descriptive, écrite par Kant dans la présentation des trois synthèses, n'est pas une chronologie dans le temps. C'est une chronologie analytique. Il n'y a pas le subjectif, puis constitution d'une représentation intermédiaire soumise ensuite, dans une succession temporelle, aux catégories (qui attendent la soumission) au contraire c'est bien l'action immédiate des catégories dans l'unité synthétisante de la conscience qui construit le divers de l'intuition. Le divers de l'intuition est aussitôt agi par les concepts purs de l'entendement qui mettent immédiatement en relation les sensations entre elles (selon d'autres lois que celles de la simple association) pour construire l'objet scientifique.

Je répondrai en commençant par rappeler qu'on ne trouve pas chez Kant que des concepts purs de l'entendement (les catégories, ou encore concepts primitifs). Vous oubliez les concepts purs a priori de l'espace et du temps, ou formes de la sensibilité, qui précèdent les catégories (cf. chapitre II de l'Analytique des concepts) ; mais aussi tous les concepts dont la déduction n'est pas transcendantale (les concepts dérivés) ; enfin, et surtout, vous oubliez les concepts rationnels (concepts rationnels objectifs et concepts rationnels subjectifs). Schopenhauer se réfère, entre autre à ce fameux passage de la Critique de la raison pure, Théorie transcendantale des éléments, 2°partie, Introduction, II, A, « De la raison en général » :
Toute notre connaissance commence par les sens, passe de là à l'entendement et finit par la raison. Cette dernière faculté est la plus élevée qui soit en nous pour élaborer la matière de l'intuition et ramener la pensée à sa plus haute unité. Comme il me faut ici donner une définition de cette suprême faculté de connaître, je me trouve dans un certain embarras. Elle a, comme l'entendement, un usage purement formel, c'est-à-dire logique, quand on fait abstraction de tout contenu de la connaissance ; mais elle a aussi un usage réel, puisqu'elle contient elle-même l'origine de certains concepts et de certains principes qu'elle ne tire ni des sens, ni de l'entendement. Sans doute, la première de ces deux fonctions a été définie depuis longtemps par les logiciens comme la faculté de conclure médiatement (par opposition à celle de conclure immédiatement, consequentiis immediatis) ; mais la seconde, qui produit elle-même des concepts, ne se trouve point expliquée par là. Puis donc qu'il y a lieu de distinguer dans la raison une faculté logique et une faculté transcendentale, il faut chercher un concept plus élevé de cette source de connaissances, un concept qui renferme les deux idées. Cependant nous pouvons espérer, d'après l'analogie de la raison avec l'entendement, que le concept logique nous donnera aussi la clef du concept transcendantal, et que le tableau des fonctions logiques de la raison nous fournira en même temps celui des concepts de la raison.

Or on ne passe pas des sens à la raison autrement que chronologiquement, puisqu'on apprend à penser. L'ordre (et non la chronologie) analytique est postérieur, du reste, à l'ordre chronologique, puisqu'il exige que la pensée se pense elle-même.

aliochaverkiev a écrit:
ce n'est pas l'image finale qui donne naissance aux concepts généraux.
Schopenhauer ne parle pas d'image finale mais d'image initiale, qu'il assimile à l'intuition (« les représentations intuitives ou images »), intuition qu'il tient pour une connaissance originaire, non certes le tout de la connaissance, mais originaire en ceci que toute connaissance commence par là. Ce qui répond à votre remarque ci-dessous :
aliochaverkiev a écrit:
Ensuite Schopenhauer juge que c'est la représentation intuitive qui est la connaissance originaire. Pour Kant il n'y a pas de connaissance à proprement parler dans la seule intuition. Une connaissance a besoin de deux sources pour s'imposer comme connaissance : l'intuition et l'entendement.


aliochaverkiev a écrit:
Ainsi la volonté est encore dans l'ordre du phénomène, non de la chose en soi.

Reprenons le texte de Schopenhauer, encore une fois :
[La connaissance que chacun a de son propre vouloir] ; cette connaissance n'est pas une intuition (toute intuition étant située dans l'espace) et n'est pas non plus vide ; elle est au contraire plus réelle qu'aucune autre. Elle n'est pas non plus a priori, comme la connaissance purement formelle, mais entièrement a posteriori [...]. En fait, notre volonté nous fournit l'unique occasion que nous ayons d'arriver à l'intelligence intime d'un processus qui se présente à nous d'une manière objective ; c'est elle qui nous fournit quelque chose d'immédiatement connu, et qui n'est pas, comme tout le reste, uniquement donné dans la représentation.
La volonté de Schopenhauer n'est pas seulement un phénomène, mais « le phénomène le plus proche et le plus précis de la chose en soi ». Pour qu'elle ne fût qu'un phénomène, il faudrait pour cela qu'elle en soit aussi le concept correspondant. Mais nous ne sommes plus là dans le cadre de la philosophie kantienne, la volonté n'est le résultat d'aucune déduction. Elle échappe, pour partie, à la représentation.
Surtout, c'est Schopenhauer lui-même qui prend soin de préciser (reprenons le texte, encore et toujours) que « cette connaissance de la chose en soi n'est pas complètement adéquate », et que la question de savoir ce qu'est cette volonté « ne recevra jamais de réponse ». Il reste toujours « quelque chose de mystérieux et d'insondable » ; « nous devinons que quelque chose est caché là-dessous, mais ce quelque chose nous ne pouvons pas le connaître ».

aliochaverkiev a écrit:
D'où la forge de nouveaux concepts comme celui d'expression.
Le concept d'expression est antérieur à l'énigme de la chose en soi ; on le trouve chez Spinoza, et même chez certains théologiens du moyen âge.

aliochaverkiev a écrit:
Je suis en train de lire les Prolégomènes et surprise ! Kant envisage la liberté comme chose en soi pouvant avoir un effet, mais n'ayant pas elle-même de cause.

Ce qui doit aussi vous inciter à la patience, n'allez pas plus vite que le cours de votre lecture et de votre découverte progressive de l'œuvre.

aliochaverkiev a écrit:
Si la chose en soi est un jour "connue", elle ne pourra l'être dans une représentation, mais dans une "intuition" pure intellectuelle. La chose en soi relèvera alors de l'intelligible pur, ce qui signifie qu'elle ne pourra pas être représentée au sens usuel du terme.

Ce que Schopenhauer rejette fermement. Dans l'hypothèse où l'on souhaite accéder à la chose en soi, s'il faut certes, d'après lui, sortir de la représentation, il faut également renoncer aux intuitions intellectuelles. On peut lire ceci, dans le texte qui précède immédiatement ma citation de la page 882 du MVR un peu plus haut :
Les systèmes qui prennent leur point de départ dans une intuition intellectuelle, dans une extase ou une voyance, présentent encore moins de garanties ; toute connaissance acquise de la sorte doit être écartée comme subjective, individuelle et conséquemment problématique.


Si une confrontation des œuvres vous intéresse, je vous propose de créer un fil de discussion dans l'atelier de lecture du site, pour une analyse comparée, par exemple entre l'Appendice « Critique de la philosophie kantienne », qui précède immédiatement les Suppléments aux quatre livres du Monde comme volonté et comme représentation, et les textes de Kant. Compte tenu de la difficulté du sujet de ce topic, les interventions doivent se concentrer sur la nature de la volonté chez Schopenhauer, et non digresser sur la lecture schopenhauerienne de Kant, ou la version kantienne de Schopenhauer.

Cordialement.

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Euterpe a écrit:
Nous sommes quand même assez loin du concept d'expression — quoique cela ne me paraisse pas encore invalider l'hypothèse. Sauf que, de l'aveu même de Schopenhauer, cette clé n'ouvre rien, pour ainsi dire :
je n'entends pourtant pas dire par là que [cette clé] ne laisse plus aucun problème à résoudre, et qu'elle ait fourni une réponse à toute question. [...] [Notre] horizon demeurera toujours enveloppé d'une nuit profonde. [...]. Aussi la solution réelle, positive de l'énigme du monde, est-elle nécessairement quelque chose que l'intellect humain est absolument impuissant à saisir et à penser ; de sorte que si un être supérieur descendait sur terre et se donnait toute la peine du monde pour nous communiquer cette solution, nous ne comprendrions rien aux vérités qu'il nous révélerait (pp. 881-882).
[...]
[...] Quand même cette intuition [intellectuelle] existerait, il serait impossible de la communiquer aux autres ; la connaissance normale du cerveau est seule communicable, par des concepts et des mots quand elle est abstraite, par des œuvres d'art quand elle est purement intuitive (p. 882).

Cela nous éloigne encore plus du concept d'expression.


La discussion porte sur la pertinence du concept d’expression  (comme acte) de la chose en soi proposé par Christophe Bouriau [1] pour dire que la chose en soi conçue (phénoménalisée) comme Volonté est susceptible de nous communiquer immédiatement quelque chose qui pourrait devenir la clé de toute connaissance vraie [2]. Formulé ainsi, on ne peut pas dire que le concept très polysémique d’expression épuise la pensée de Schopenhauer sur la possibilité de connaître la chose en soi. Ce concept d'expression, utilisé fréquemment dans Le MVR, pourrait venir de la théosophie boehmienne [3], mais surtout de la fascinante philosophie de Spinoza [4].

[1] Christophe Bouriau, Schopenhauer face à la chose en soi, Archives de Philosophie, 2002/3 (Tome 65), p. 503-518.

Limitant strictement l’application des formes de la représentation aux phénomènes, Schopenhauer surmonte ainsi l’« erreur » kantienne consistant à établir un rapport de type causal entre la chose en soi et le phénomène. Mais un nouveau problème ne peut alors manquer de se poser : comment rendre compte du rapport entre la chose en soi et les phénomènes, si celle-ci est soustraite à toute forme de rapport ? La Volonté, définie comme « la moelle substantielle de l’univers », ne saurait être sans rapport avec les phénomènes soumis aux formes de notre représentation, et pourtant elle ne saurait être saisie selon aucun des quatre types de rapport précités, sauf à réitérer l’erreur de Kant. […]
Schopenhauer pense échapper à cette difficulté majeure en utilisant la notion spinoziste d’expression. Le propre de l’expression est qu’elle n’établit pas un rapport entre deux choses conçues au préalable comme séparées l’une de l’autre. La notion d’expression permet de concevoir une même chose sous deux aspects différents. Ainsi, par exemple, la pensée et l’étendue expri-ment-elles chez Spinoza une seule et même chose, la substance, sous deux aspects différents. L’expression ne permet pas d’établir un rapport entre la substance d’un côté, et tel ou tel attribut de l’autre, bref entre deux choses qui seraient conçues au départ comme distinctes l’une de l’autre, mais au contraire de souligner l’identité entre la substance et l’attribut. La substance s’exprime dans ses attributs et les attributs sont l’expression de la substance, sans que l’on puisse penser la substance et ses attributs séparément.
C’est exactement de cette façon que Schopenhauer parvient à penser le lien entre la chose en soi et les phénomènes. Les phénomènes ne sont pas l’effet mais l’expression de la chose en soi : « Ce qui..., de la même manière que les attributs en nombre infini sont l’expression de la substance spinoziste. L’exprimant (la Volonté) s’exprime dans l’exprimé (les phénomènes) mais ne les cause pas. Il n’y a pas d’un côté une cause (la Volonté) antérieure à un effet (le phénomène), mais, conformément au modèle spinoziste, une seule et même chose, tantôt envisagée comme Volonté, tantôt comme phénomène. Ce que Schopenhauer retient de l’idée spinoziste d’expression, c’est la possibilité qu’elle offre de penser une identité essentielle entre la substance (la Volonté) et les modes (les phénomènes). La relation d’expression entre la chose et ses phénomènes dispense d’établir entre eux, comme le faisait Kant, un rapport de cause à effet.


[2] Arthur Schopenhauer, Monde comme volonté et comme représentation (pp. 1587-1588 de l'éd. numérique de Guy Heff ) — pp. 890-891 de l'éd. PUF (1966)]

Jusqu’ici je suis de l’avis de Kant. Mais, en regard de la vérité qu’il a établie, j’ai posé la vérité suivante qui la tient en quelque manière en échec, à savoir que nous ne sommes pas seulement le sujet qui connaît, mais que nous appartenons nous-mêmes à la catégorie des choses à connaître, que nous sommes nous-mêmes la chose en soi, qu’en conséquence si nous ne pouvons pas pénétrer du dehors jusqu’à l’être propre et intime des choses, une route, partant du dedans, nous reste ouverte : ce sera en quelque sorte une voie souterraine, une communication secrète qui, par une espèce de trahison, nous introduira tout d’un coup dans la forteresse, contre laquelle étaient venues échouer toutes les attaques dirigées du dehors.
La chose en soi, comme telle, ne peut entrer dans la conscience que d’une manière tout à fait immédiate, à savoir en ce sens qu’elle-même prendra conscience d’elle-même ; prétendre la connaître objectivement, c’est vouloir réaliser une contradiction. Tout ce qui est objectif est simple représentation, simple phénomène, voire simple phénomène du cerveau. […]
En fait, notre volonté nous fournit l’unique occasion que nous ayons d’arriver à l’intelligence intime d’un processus qui se présente à nous d’une manière objective ; c’est elle qui nous fournit quelque chose d’immédiatement connu, et qui n’est pas, comme tout le reste, uniquement donné dans la représentation. C'est donc dans la Volonté qu'il faut chercher l'unique donnée susceptible de devenir la clé de toute autre connaissance vraie ; c'est de la Volonté que part la route unique et étroite qui peut nous mener à la vérité. Par conséquent, c'est en partant de nous-mêmes qu'il faut chercher à comprendre la Nature, et non pas inversement chercher la connaissance de nous-mêmes dans celle de la nature. Ce qui nous est connu immédiatement doit nous fournir l'interprétation de ce qui ne l'est que médiatement.


[3] Arthur Schopenhauer, Monde comme volonté et comme représentation (pp. 518-519 de l'éd. numérique de Guy Heff ) — pp. 282 de l'éd. PUF (1966) ]

Jacob Boehm, De signatura rerum, ch. I, §§ 15, 16, 17 : Et il n’est aucune chose dans la nature qui n’exprime aussi à l’extérieur sa forme intérieure. – Chaque chose a une bouche pour se raconter elle-même. – Et c’est là le langage de la nature par lequel chaque chose exprime son essence, se raconte et se révèle soi-même. – Car chaque chose porte la ressemblance de sa mère qui lui a donné l’essence et la volonté comme caractère.


[4] Christophe Bouriau, Conatus spinoziste et volonté shopenhauerienne, OpenEdition Books, Publications de la Sorbonne.

Reprenant les termes mêmes de Spinoza, Schopenhauer déclare que la connexion des idées (Ideennexus) et la connexion causale des choses (Kausalnexus der Körper) expriment toutes deux (aüssern) le même être, la Volonté (ibid., SW, II, p. 176-177). C’est cette activité fondamentale s’exprimant dans les phénomènes, cet effort présent dans tous les étants, assigné par Spinoza au conatus, que Schopenhauer avoue traduire en vouloir-vivre, Willen zum Leben (Parerga, SW, IV, p. 163). On peut donc souligner sur ce point l’étroite parenté entre nos deux auteurs : « Chez moi comme chez Spinoza, écrit Schopenhauer, le monde existe par lui-même et grâce à son énergie intrinsèque » (Le monde, p. 1419). L’influence de Spinoza sur Schopenhauer apparaît très nettement si l’on examine la manière dont cette énergie inhérente au monde se rapporte aux étants de ce monde.

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Euterpe écrit  :

"Je répondrai en commençant par rappeler qu'on ne trouve pas chez Kant que des concepts purs de l'entendement (les catégories, ou encore concepts primitifs). Vous oubliez les concepts purs a priori de l'espace et du temps, ou formes de la sensibilité, qui précèdent les catégories" 

Je ne commenterai pas les critiques (au sens non polémique du terme) d'Euterpe sur l'essentiel de mes observations. Le sujet de ce fil est en effet la Volonté chez Shopenhauer et non Kant et je risquerai de continuer à faire des développements hors sujet.

Si je souligne tout de même la remarque d'Euterpe c'est qu'il faut bien prendre garde de ne pas ranger sous la rubrique "concepts purs" l'espace et le temps. Dans la CRP Kant démontre au contraire que l'espace et le temps ne peuvent pas être des concepts. C'est même essentiel à sa démonstration. L'espace et le temps sont des formes pures de la sensibilité  non des concepts purs. Pour ceux qui ne verraient pas la différence, essentielle (si l'espace et le temps sont des concepts ils ne peuvent plus appartenir à la sensibilité) je les renvoie à la CRP, éditée chez GF-Flammarion, pages 119 et suivantes pour l'espace, pages 126 et suivantes pour le temps.
Il est possible que la confusion vienne de cette habitude chez Kant de parfois qualifier de concept tout ce qui est pensé. Mais en l'occurrence il est impossible de dire indifféremment : "concepts purs ou formes pures" lorque il s'agit de l'espace et du temps.
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