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Le Temps.

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Euterpe
Liber
euthyphron
Silentio
8 participants

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Oui, méditer le temps c'est découvrir l'essence de mon être, c'est l'acte de pensée le plus libérateur. Mais tout amoureux, comme vous, de Nietzsche comme de Heidegger (le second un peu moins), je n'ai pour autant pas lu une seule ligne dans toutes leurs œuvres qui puisse me convaincre d'une réponse possible aux questions : "pourquoi y a-t-il de l'être plutôt que rien ?" et "pourquoi y a-t-il du temps ?"

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C'est donc assez paradoxal, pouvoir se choisir un destin et en même temps un retour du possible (donc de la différence ? La lecture deleuzienne est vraiment mauvaise en ce qui concerne l'éternel retour). A moins que vous ne vouliez que ce qu'on choisit, en tant qu'inscrit éternellement dans le temps (je sais, l'expression est contradictoire), se fait destin, c'est-à-dire que le moment du choix et le choix lui-même sont toujours à nouveau et déjà choisis ? Bref, notre vouloir se choisit et se justifie lui-même, choisissant bien ce qui a été choisi (circularité).

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Sur la vision du temps et du "jugement" de la vie, il serait particulièrement intéressant de comparer les conclusions nietzschéennes avec celles d'un Sophocle ou même celles d'un Shakespeare...

Si cela intéresse quelqu'un, je veux bien échanger à ce sujet : y a-t-il dans l'éternel retour, une vision qui dépasse celle de Sophocle ("Il faut se garder de juger de la vie d'un homme avant qu'il ne soit sur son lit de mort") ou celle de Shakespeare (Quelle est la vision du temps humain chez Shakespeare ?)

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friedrich crap a écrit:
y a-t-il dans l'éternel retour, une vision qui dépasse celle de Sophocle ("Il faut se garder de juger de la vie d'un homme avant qu'il ne soit sur son lit de mort") ou celle de Shakespeare (Quelle est la vision du temps humain chez Shakespeare ?)


Dernière édition par vif le Lun 26 Sep 2011 - 20:03, édité 1 fois

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friedrich crap a écrit:
y a-t-il dans l'éternel retour, une vision qui dépasse celle de Sophocle ("Il faut se garder de juger de la vie d'un homme avant qu'il ne soit sur son lit de mort") ou celle de Shakespeare (Quelle est la vision du temps humain chez Shakespeare ?)
Il me semble que Pierre Jamet en parle dans son Shakespeare et Nietzsche : La volonté de joie (2008). En tout cas il y affirme ceci :
Le Temps est l’agent principal de la renovatio mundi. Shakespeare et Nietzsche sont des penseurs de l’Être comme Temps.


friedrich crap a écrit:
là où cette philosophie peut poser problème, c'est lorsque, effectivement, on peut en arriver à dire avec Nietzsche que l'homme veut sa vie à chaque instant, aussi misérable soit-elle. Nietzsche a-t-il pu vouloir dire cela, que l'enfant, la femme, l'homme qui souffrent, et parfois beaucoup et longtemps, le veulent sur la balance de l'éternel retour ?
Si on veut être conséquent, oui. Ne pas le vouloir, c'est ne pas vouloir les joies et les moments de bonheur qu'il peut nous être donné de vivre. On ne peut dissocier les deux. La volonté de puissance n'est pas l'instinct de survie. Autrement dit, on ne peut dire qu'on veut vivre quand même, ou malgré tout, vivre pour vivre. Cela, c'est la solution par défaut, le "faute de mieux". Nietzsche parle bien de joie tragique et, comme le rappelait par exemple Michel Haar, ce n'est pas un oxymoron. Les deux s'enchevêtrent inextricablement. Du reste, Nietzsche pourfend aussi bien les optimistes que les pessimistes, pour le dire sommairement.

friedrich crap a écrit:
Nietzsche ne parlerait-il pas [...] d'une humanité déjà un peu "nantie", ne s'adresse-t-il pas à la souffrance de l'humanité embourgeoisée ?
Tout dépend de ce que vous voulez dire exactement. Nietzsche n'a pas de mots assez durs contre la bourgeoisie. Serait-ce, dès lors, un philosophe petit-bourgeois confectionnant une philosophie pour petits-bourgeois ? Je ne crois pas.

vif a écrit:
alors ceux qui restent pour en parler sont forcément un peu des stoïciens, j'ai envie de dire en caricaturant : un peu stoïcien ou mort.
Nietzsche est très attentif aux stoïciens. Il ne se contente pas de dire que le stoïcisme est insuffisant. Il préfère les stoïciens aux épicuriens, par exemple :
Les ascètes parviennent à un sentiment de puissance inouï ; les stoïciens de même, parce qu'ils sont tenus de se montrer toujours victorieux et inébranlables. Il n'en est pas de même des épicuriens ; ils ne trouvent pas le bonheur dans le sentiment de leur puissance sur eux-mêmes, mais dans l'intrépidité envers les dieux et la nature ; leur bonheur est négatif.

La volonté de puissance, § 75.


Dernière édition par Euterpe le Jeu 14 Juil 2011 - 14:41, édité 1 fois
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