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Le Temps.

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Euterpe
Liber
euthyphron
Silentio
8 participants

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Je trouve que l'on accorde plus que de droit à l'éternel retour. Chaque fois que l'un d'entre nous vient au monde, tout est à refaire, et forcément, des expériences, des situations déjà advenues se reproduiront. Je n'y vois rien d'autre.

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Un physicien a-t-il déjà prouvé que le temps n'était pas infini ? Autrement, pourquoi ne pourrait-il pas se refermer sur lui-même, comme le symbole de l'infini ? Pour être assurés de revivre les mêmes situations, il faudrait aussi que l'espace ne soit pas infini. Cette conception de l'Éternel Retour ne me paraît pas pouvoir être prouvée, mais pas non plus réfutée. Elle a l'avantage de ne pas avoir à supposer l'existence d'une âme, comme la métempsychose, ce qui serait se charger d'une difficulté supplémentaire. A noter que Schopenhauer évoque, dans son grand livre, l'idée d'une renaissance sur cette terre même, mais il ne prend pas la peine de la réfuter, puisque pour lui, l'homme assez fou pour désirer revivre deux fois la même existence n'est pas encore né. Nietzsche connaissait évidemment ce passage du livre. L'Éternel retour n'est du reste qu'une variante de la philosophie de Schopenhauer. Là où Schopenhauer abdiquait devant le néant éternel de la vie et la nécessité de s'en délivrer, Nietzsche nous propose de l'accepter. En réalité, la mort n'est plus le grand problème de l'existence, comme il pouvait l'être dans l'Antiquité (cf. Phédon), la mort n'est pas un refuge, ainsi que pouvait encore le penser un Montaigne. C'est l'absence de sens qui est devenu le problème de la vie moderne, la conviction que tous les efforts humains ne mènent à rien.

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L'infini n'est pas quelque chose de physique. Tout comme le temps non ? Par conséquent si le temps n'est pas quelque chose de physique, rien ne dit qu'il ne peut être infini. Je rejoins l'idée de Neopilina. Cependant je pense que rien n'est réellement pareil alors l'éternel retour je ne sais pas. Tout dépend de quel temps nous parlons. Je pense comme Kant que tout se passe sur le temps mais que le temps, lui, ne passe pas. Il constitue une échelle sur laquelle se passent les choses, il reste constant, sans discontinuité. Il ne faut pas confondre, me semble-t-il, le temps et la perception du temps. La perception du temps étant imprécise et discontinue. Une minute semble une heure lorsque l'on s'ennuie. Et une heure semble une minute quand nous n'y pensons plus.

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Vous savez que l'on trouve dans les notes de Nietzsche son raisonnement en matière d'Éternel retour : il fonde sa démonstration sur les grands nombres mais surtout sur la finitude du nombre d'événements possibles. Sa démonstration tient en quelques syllogismes : 1°) Il existe une quantité de matière finie (une quantité infinie n'a pas de sens à ses yeux) 2°) Même en empruntant toutes les lois connues de la physique et de la chimie, au bout d'un temps infini les constituants de la matière repasseront un jour où l'autre par la configuration de l'instant t0 3°) il n'est pas possible de concevoir la fin du temps qui correspondrait à une disparition de la matière (où disparaîtrait-elle ?) Par conséquent le temps infini replacera un jour où l'autre la matière dans sa configuration actuelle.
Même si les lois de la physique sont aujourd'hui bien différentes de la seule physique de la fin du XIXème, il n'est effectivement pas possible d'exclure totalement cette vision nietzschéenne de toutes les possibilités de comportement de l'univers...
Je voudrais vous proposer aussi de méditer un peu la vision du temps d'un Bergson, philosophe qui, me semble-t-il, a vraiment apporté quelque chose sur ce concept central de la philo. Bergson pose la question en philosophe (c'est-à-dire "je ne m'y retrouve pas face à tel ou tel problème) : pourquoi bon sang de bonsoir y a-t-il du temps ? Que fait-il ? Qu'est-il ?
Et, avant que d'en arriver aux thèses un peu extrémistes de l'Élan vital, il répond simplement : le temps fait que tout n'est pas donné d'un seul coup, le temps est créateur, le temps est attente créatrice, il est le chemin entre le réel et le possible (attention à ces deux termes chez Bergson).

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Je crois que le temps des hommes n'est que l'expression de l'indétermination radicale qui les caractérise (temps créateur, donc), et une question d'échelle, en quelque sorte. La nature est soumise au changement, mais très peu. Les hommes sont si différenciés, si déterminés par un nombre incalculable de circonstances, donc si exposés à tout et son contraire que l'acte même le plus insignifiant en apparence peut avoir des conséquences incalculables que le temps seul peut déployer complètement. Si les hommes n'existaient pas, il n'y aurait pas de temps, seulement ce que les biologistes appellent évolution, qui peut connaître des ruptures comme la disparition des dinosaures, avec une réorientation et une réorganisation génétiques d'envergure, mais c'est à peu près tout. Les animaux et les plantes naissent et meurent les mêmes, sauf adaptation toute provisoire en attendant autre chose. Le temps vu par une bactérie, une mouche, un hippocampe ou un céphalopode, ce n'est rien. Certaines mouches s'emmerdent, c'est vrai, mais elles ne s'ennuient pas ; les hippocampes n'ont pas d'objectifs, de fantasmes, de plans de carrière, d'entretiens d'embauche. Nous, dès le moment où nous devînmes des charognards, nous nous mîmes à tracer des plans sur la comète, à faire de notre précarité un ensemble d'opportunités, à faire feu de tout bois, autrement dit à nous improviser les gestionnaires du hasard, apprenant à détecter dans la bouillie de l'imprévisible des séquences ou des récurrences exploitables à condition de consentir les efforts interminables que cela exige : interpréter le monde.
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