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Hegel et la physiognomonie.

4 participants

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Hegel nierait-il l'évolution ?

descriptionHegel et la physiognomonie. EmptyRe: Hegel et la physiognomonie.

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Hegel meurt quand Darwin s'embarque seulement sur le Beagle. Dès lors, on doit se contenter de se demander s'il connaissait les travaux de Saint-Hilaire et ceux de Lamarck. Quand on sait que Cuvier se débrouilla pour étouffer la carrière de Lamarck, ne reste que Saint-Hilaire. Or je suis incapable de dire si Hegel l'avait lu.

Dernière édition par Euterpe le Mar 9 Aoû 2016 - 16:13, édité 2 fois

descriptionHegel et la physiognomonie. EmptyRe: Hegel et la physiognomonie.

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Hegel n'a pas correctement jugé l'importance scientifique des recherches sur la physiologie. Sa critique s'adressait en premier lieu aux physiognomonistes, mais même Gœthe s'était intéressé aux travaux de Lavater, qui participaient d'un mouvement bien plus ample ! Schopenhauer est le philosophe qui fera entrer la biologie dans la philosophie, y compris dans la métaphysique, bien avant Nietzsche. Je pense même que leur misogynie et les accusations de racisme qu'on a pu leur adresser sont liées directement au succès de cette science alors en plein essor.

descriptionHegel et la physiognomonie. EmptyRe: Hegel et la physiognomonie.

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Hegel ne croyait pas à la physiognomonie. Voici ce qu'on trouve sur Wikipedia :

Dans la Phénoménologie de l'esprit (1807), Hegel se livre à une critique de la physiognomonie, en citant plusieurs fois Georg Christoph Lichtenberg, auteur du livre Über Physiognomonik (Göttingen, 1788).

Hegel reproche à la physiognomonie de chercher la conscience de soi là où elle ne peut pas être, à savoir dans le sensible, dans le corporel, autrement dit, ses manifestations extérieures. Or, il n'y a pas de stricte équivalence nécessaire entre la conscience et ses manifestations :

« Il s'agit certes d'une expression, mais en même temps aussi uniquement en tant que signe, si bien que ce à quoi ressemble ce qui exprime le contenu exprimé est parfaitement indifférent à ce dernier. Certes, dans cette apparition phénoménale, l'intérieur est un Invisible visible, mais sans être rattaché à elle ; il peut tout aussi bien être dans un autre phénomène, qu'un autre intérieur peut être dans le même phénomène. Lichtenberg a donc raison de dire : quand bien même le physiognomoniste mettrait un jour la main sur l'homme, il suffirait à celui-ci d'une seule brave petite décision pour se rendre de nouveau incompréhensible pendant des millénaires. »

Phénoménologie de l'esprit, Aubier, 1991, trad. Lefebvre, p. 228

Le corps n'est que le signe de l'âme : par conséquent, la manifestation est arbitraire. Il peut renvoyer à tout et à son contraire, ce qui rend impossible tout constitution d'une science s'efforçant de dégager des lois universelles. L'âme n'est pas réductible à ses manifestations corporelles : l'intérieur, c'est-à-dire la conscience de soi, n'est pas et ne sera jamais visible. C'est pourquoi :

un même état de la conscience peut avoir des manifestations diverses : l'intérieur peut tout aussi bien être dans un autre phénomène ;
deux états différents de la conscience peuvent avoir la même manifestation : un autre intérieur peut être dans le même phénomène.

Ce jeu arbitraire entre l'intérieur et son phénomène (c'est-à-dire ce qui en apparaît) interdit la constitution d'une science, dans la mesure où celle-ci essaye au contraire de montrer des corrélations entre chaque état de la conscience et chacun de ses phénomènes. Ces corrélations ne peuvent pas exister, et ce en vertu de la seule nature de la conscience, qui est d'être un phénomène intérieur, qui entretient avec son phénomène une relation indifférente, c'est-à-dire arbitraire.


La physiognomonie a-t-elle à voir avec la physiologie ? Schopenhauer et Nietzsche étaient quand même extrêmement, voire anormalement intuitifs, par rapport à la moyenne. Ils ne devaient pas être nombreux, à l'époque, les penseurs qui estimaient devoir introduire les découvertes des sciences naturelles dans la philosophie, sauf par de fâcheuses transpositions ou extrapolations douteuses. Je crois par exemple qu'on pourrait dire à peu près que l'évolution est à Nietzsche ce que l'histoire est à Hegel, celui-ci s'occupant de politique, celui-là de morale ; l'histoire permettant une construction achevée du savoir, l'évolution permettant une déconstruction définitive de la morale.


Dernière édition par Euterpe le Mar 9 Aoû 2016 - 16:17, édité 2 fois

descriptionHegel et la physiognomonie. EmptyRe: Hegel et la physiognomonie.

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Euterpe a écrit:
La physiognomonie a-t-elle à voir avec la physiologie ?

J'ai un peu trop raccourci ce que je voulais dire. La physiologie appliquée à la philosophie, ce que dénonce Hegel dans la physiognomonie : "L'âme n'est pas réductible à ses manifestations corporelles", "le corps n'est que le signe de l'âme", ce qui s'oppose radicalement par exemple au livre de Darwin L'Expression des émotions chez l'homme et les animaux, mais aussi à la théorie de Schopenhauer sur la volonté vue comme une force vitale, l'importance du corps, la négation de l'âme, les instincts chez Nietzsche, etc. Hegel n'aurait pas davantage apprécié ni accordé de crédit à ces philosophes qu'aux physiognomonistes.

Pourriol dit que Hegel est le penseur du négatif, dont la mort et le travail. Je laisse le travail de côté, mais caractériser l'homme comme un être de négation et la nature comme positive, va tout autant à l'encontre des théories mentionnées ci-dessus, dont le struggle for life darwinien, les pages émouvantes de Schopenhauer sur la misère du monde dans sa globalité, animaux et hommes ne faisant qu'un pour lui dans le partage de la souffrance, et bien sûr Nietzsche, chez qui le Surhomme est une manifestation de la volonté de puissance. Chez Nietzsche, on peut même dire que la nature est plus humaine que l'homme, plus artifex, plus adroite à le mener où elle veut, en témoigne le premier aphorisme de la deuxième dissertation de la Généalogie ("élever un être qui puisse faire des promesses").

Schopenhauer et Nietzsche étaient quand même extrêmement, voire anormalement intuitifs, par rapport à la moyenne. Ils ne devaient pas être nombreux, à l'époque, les penseurs qui estimaient devoir introduire les découvertes des sciences naturelles dans la philosophie

A l'époque de Schopenhauer, il s'agissait de penseurs assez médiocres (à l'exception de Gœthe). Du moins, personne n'avait réussi à faire quelque chose d'aussi génial en philosophie en s'inspirant de la médecine, de la botanique, etc. Schopenhauer y fut d'ailleurs amené certes par son goût des sciences naturelles, mais après avoir été fortement marqué par sa rencontre avec Gœthe, lui aussi penseur très intuitif (cf. "Métamorphose des plantes"). Chez Nietzsche en revanche, on peut dire qu'en 1880 l'influence de la biologie sur la philosophie s'est banalisée (on peut voir combien l'étudiant en médecine que fut Bourget en est tributaire).

Je crois par exemple qu'on pourrait dire à peu près que l'évolution est à Nietzsche ce que l'histoire est à Hegel, celui-ci s'occupant de politique, celui-là de morale ; l'histoire permettant une construction achevée du savoir, l'évolution permettant une déconstruction définitive de la morale.

Il faudrait alors analyser le rapport entre évolution et histoire chez Nietzsche.
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