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Avoir des enfants : égoïsme ou pas ?

+2
Crosswind
kiralinconnu
6 participants

descriptionAvoir des enfants : égoïsme ou pas ? - Page 2 EmptyRe: Avoir des enfants : égoïsme ou pas ?

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En m'inspirant de J. M. Guyau, je considérerais la question sous une autre perspective, si cela peut aider. Se questionner sur le "fait" de vouloir un enfant devrait inclure la possibilité que l'on ne s'augmente pas de quelque chose qui serait l'enfant, mais que bien au contraire l'on se déleste de quelque chose qui est prédestiné, comme un dû, à cet enfant. En cela, l'enfant est déjà "présent" en moi sous une autre forme. La question primordiale serait, à mon sens : qui veut un enfant ? Et je passerai sur les cas de figures les plus discutables, voire les plus douteux, pour en venir au cas le plus biologiquement logique, celui du futur parent qui porte déjà en lui cet excédent de vie qu'il destine à l'enfant. Il faut en effet être en mesure de transmettre à l'enfant ce capital de vie qu'il ne possède pas, de sorte que le parent est le prolongement naturel de l'enfant et non l'inverse.

Nos gènes de parents sont très naturellement égoïstes et entrent en conflit avec nos pratiques culturelles de manière plus ou moins prégnante selon la culture en question ; on connaît des cultures tribales où une femme peut enfanter pour sa sœur stérile sans que cela ne pose de problèmes particuliers, simplement parce que l’individualisme n'est pas la norme culturelle de ces tribus et que le sentiment d'identité est solidement attaché à celui du groupe. Si bien qu'il ne viendrait à personne dans ce type de société de déclarer que vouloir un enfant est égoïste, car cela reviendrait à dire que seule la dimension génétique s'exprime dans ce cas, et que celui qui enfante ne fait que céder à l'égoïsme des gènes...

Mais à l'heure où l'on pourrait entendre dire que les gènes "c'est facho" sans s'en offusquer, il ne faut pas s'étonner qu'un individualiste, culturellement égoïste de fait, affirme : "vouloir un enfant, c'est égoïste..." (peut-être pense-t-il qu'avoir un enfant, c'est un peu comme avoir un objet de gratification...)

descriptionAvoir des enfants : égoïsme ou pas ? - Page 2 EmptyRe: Avoir des enfants : égoïsme ou pas ?

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[justify]Le sujet initialement posé concerne la morale/éthique de la procréation naturelle, artificielle (fécondation in vitro, clonage), GPA, PMA, IVG, homosexualité, manipulations génétiques, contraception, thérapie corrective, eugénisme programmé, croisements inter-spécifiques, etc. L'éthique repose ici sur la philosophie, l'anthropologie, la sociologie, la religion, la biologie de la procréation, la philosophie du désir, etc. Ce sujet trop large demande de très longs développements pour être traité correctement à la façon de Crosswind. La question de la motivation fondamentale de la procréation humaine (Hervé BOURGEOIS, anormal) ou du simple désir d'élever/adopter des enfants dans une famille hétéro ou homoparentale, et la question de savoir ce qu'est l'amour (Hervé BOURGEOIS), ne se posent pas aujourd'hui comme elles se posaient autrefois (il y a un siècle ou dans l'antiquité - l'absence de contraception et la mortalité infantile élevée nous rapprochaient de notre condition animale en cette matière) dans nos sociétés occidentales ou dans d'autres sociétés. Il faudrait donc ajouter d'autres dimensions (historique, socio-économiques, d'économie politique : histoire de la famille vs. propriété privée, histoire de l'individualisme et de la vie privée, etc.) que simplement philosophiques et entrer alors dans d'autres complexités. Le sujet posé d'entrée de jeu par aliochaverkiev sur le caractère plus ou moins rationnel de nos comportements pourrait également être mis à profit dans ce contexte. Pour relancer ce sujet il me semble qu'il faudrait le problématiser davantage pour le focaliser très fortement sur un point de discussion ou proposer un plan pour le structurer à la façon d'une copie de bac, comme dans le sujet ci-dessous, qu'on peut consulter ici :
Annabac a écrit:
Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?

[Être] vertueux c'est se conformer à ce que veut notre nature, la nature humaine étant définie par ce « conatus » par lequel Spinoza désigne cette force consciente ou inconsciente qui nous porte à nous conserver et à nous accroître du point de vue de notre corps et de notre esprit…

descriptionAvoir des enfants : égoïsme ou pas ? - Page 2 EmptyRe: Avoir des enfants : égoïsme ou pas ?

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Bien que votre réponse soit pertinente, il me semble que c'est vous (et aliochaverkiev) qui élargissez le périmètre de la question initiale. Mais, je me suis amusé à répondre à cette question sur la morale sur mon site car cela me semble hors-sujet ici : La morale.

Dernière édition par Euterpe le Sam 23 Juil 2016 - 18:12, édité 2 fois (Raison : Correction.)

descriptionAvoir des enfants : égoïsme ou pas ? - Page 2 EmptyRe: Avoir des enfants : égoïsme ou pas ?

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Hervé BOURGOIS
Bien que votre réponse soit pertinente, il me semble que c'est vous (et aliochaverkiev) qui élargissait le périmètre de la question initiale. Mais, je me suis amusé à répondre à cette question sur la morale sur mon site car cela me semble hors sujet ici : La morale.

Je vous remercie pour le lien de votre site qui nous permet de voir votre façon de penser.
L'égoïsme est autant relatif à la morale que le concept l'est à la philosophie. La question posée dans ce forum mériterait d'être plus pointue dans le contexte de la morale. Sinon pour dire que l'homme est libre en matière de procréation, à la différence de l'animal, il faut être né de la dernière pluie, car il n'y a pas très longtemps que ce n'était pas le cas - je l'ai connu moi-même ce temps-là. On ne connaît pas encore aujourd'hui toutes les implications du progrès.

descriptionAvoir des enfants : égoïsme ou pas ? - Page 2 EmptyRe: Avoir des enfants : égoïsme ou pas ?

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Boudou a écrit:
Sinon pour dire que l'homme est libre en matière de procréation, à la différence de l'animal, il faut être né de la dernière pluie, car il n'y a pas très longtemps que ce n'était pas le cas - je l'ai connu moi-même ce temps là. On ne connaît pas encore aujourd'hui toutes les implications du progrès.

C'est exact, cette question ne se pose que dans des cas particuliers, sans doute assez rares. Mais pas totalement... La contraception existe depuis très longtemps, mais elle était principalement utilisée par les prostituées, d'autre part il y avait d'autres moyens... Par exemple, les romains qui ne voulaient pas d'enfants s'en débarrassaient dans une décharge au milieu de la ville prévue à cet effet. A titre anecdotique, la prime au troisième enfant a été initiée par un empereur romain au début du premier millénaire  :). D'un point de vue général, nos sociétés évoluent trop rapidement pour que nous puissions maîtriser quelque chose. Dire que c'est bien ou mal n'y change rien.
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