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La solitude

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Liber
Janus
Desassocega
Utopie7
8 participants

descriptionLa solitude - Page 3 EmptyRe: La solitude

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Aristippe de cyrène a écrit:
Liber a écrit:
Et quelles sont les sources de ce préfacier ?


Gwinner, Bossert, Nietzsche et Hitschmann, essentiellement.

Gwinner était son disciple, mais les autres (à part Nietzsche) ont-ils connu le maître ? Car autrement, leurs sources n'ont rien de valable. Pourquoi je doute de cette abstinence, vous demandez-vous peut-être ? Je vous l'ai dit, parce que Schopenhauer souffrait au contraire d'une sexualité surabondante, ce qui le gênait horriblement dans sa pensée. Lui qui mettait le Saint, puis le Génie à l'intellectualité supérieure, au-dessus de tous les hommes, était incapable, à cause de son tempérament, d'accéder à la sérénité du sage. A ce sujet, vous pouvez lire Charles Andler, La vie et la pensée de Nietzsche, Tome I, le chapitre sur Schopenhauer, et bien sûr, la dissertation de Nietzsche sur l'idéal ascétique.

Sans oublier leur penchant à la trahison et à la fourberie que Schopenhauer considérait comme incurable. Cela évidemment à cause de sa mère, qui après et avant la mort de son père, faisait venir des amants en se cachant à peine. La haine des femmes chez Schopenhauer commence avec le comportement de sa mère qui a traumatisé le jeune Arthur.

Oui mais comment un homme aussi intelligent que Schopenhauer ne s'est-il pas débarrassé plus tard dans sa vie, à l'âge mûr, de ces préjugés ? N'était-ce pas parce qu'il voyait lucidement la toute-puissance du désir sexuel, et surtout, qu'il ne la supportait pas ?

etinarcadia a écrit:
Il me semble, si je puis me permettre, que les relations aux femmes de ces auteurs, est plutôt la relation aux femmes de leur époque et dans ce contexte social particulier qui encadre le 19eme siècle, qui réduisait les femmes à leur plus minime expression et à des fonctions tout à fait aliénantes pour elles. L'hystérie en est le symptôme. Je crois qu'il ne faut pas oublier que ce contexte établissait un cadre relationnel de toute manière problématique entre les hommes et les femmes, où les impasses ne pouvaient être que nombreuses. La pensée ou l'attitude de ces philosophes vis-à-vis des femmes a été déterminée par ce cadre daté dont il ne faut pas tirer des assertions trop péremptoires ou des conclusions hâtives... A relativiser en tout cas.

On peut aussi, Etinarcadia, voir au contraire dans cette relation problématique entre hommes et femmes un puissant adjuvant à l'amour et à tous ses dérèglements. Que reproche-t-on à cette époque de nos jours ? D'avoir manqué de liberté, autrement dit, de ne pas avoir banalisé les relations sexuelles. Or, c'est justement l'importance donnée à la sexualité qui frappe chez tous ces philosophes. Les femmes étaient réduites à des fonctions minimes ? Alors elles avaient tout le loisir de penser à l'amour. C'est effectivement ce qu'on voit dans les grands romans, comme Madame Bovary ou Le Rouge et le Noir.

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Liber, quand vous parlez de banalisation de la sexualité qui ne s'est pas faite, voulez-vous dire que le jugement sur la sexualité ou sur les différentes pratiques sexuelles est trop pregnant au sein de notre société, à notre époque ?

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Liber a écrit:
Janus a écrit:
Pour vivre heureux, vivons couché.. à côté de son nombril et de son intelligence supérieure. Quelle belle apologie de la frugalité et de la misère...  

Schopenhauer, dont le pessimisme absolu est célèbre, avait comme seul réconfort la pensée. Ses capacités élevées lui ont permis de mieux supporter la "douleur de la vie". Einstein déclarait aussi que son plus grand bonheur était de penser. C'est peut-être ça la vraie liberté humaine.

Quel type de pensée réconforte ou libère ? Et comment distinguer une pensée d’une simple sensation ou opinion ? Difficile de mettre dans le même pack une pensée orientée sur soi-même, comme celle de Schopenhauer, de type littéraire, romantique et pessimiste, et la pensée d’un Einstein doué d’une intelligence rationnelle exceptionnelle autorisant un regard sur le monde autrement plus informé et éclairé.
La véritable liberté humaine ne peut pas être sombre repli sur soi, limité par sa propre finitude, mais au contraire une ouverture éclairée à la fois pour et par l’autre, vers l’extériorité, accompagnée d'une compréhension rationnelle du monde, etc...

etinarcadia a écrit:
Il me semble, si je puis me permettre, que les relations aux femmes de ces auteurs, est plutôt la relation aux femmes de leur époque et dans ce contexte social particulier qui encadre le 19eme siècle, qui réduisait les femmes à leur plus minime expression et à des fonctions tout à fait aliénantes pour elles. L'hystérie en est le symptôme. Je crois qu'il ne faut pas oublier que ce contexte établissait un cadre relationnel de toute manière problématique entre les hommes et les femmes, où les impasses ne pouvaient être que nombreuses. La pensée ou l'attitude de ces philosophes vis-à-vis des femmes a été déterminée par ce cadre daté dont il ne faut pas tirer des assertions trop péremptoires ou des conclusions hâtives... A relativiser en tout cas.

Je ne pense pas que la condition féminine particulière dans le contexte de l'époque de ces philosophes soit l'explication. On conçoit que des philosophes de génie comme Kant ou Hegel par exemple se soient tellement passionnés pour la profondeur de leur capacité réflexive qu'ils en ait délaissé ce plaisir de chair ou de "cœur" qui intéresse surtout l'homme "ordinaire". Je dirais plutôt que leur passion amoureuse pour la philosophie a dû compenser le plaisir éprouvé par l'homme ordinaire qui fonde un foyer et consacre toute son énergie à la continuité "physique" de son espèce, alors que  le philosophe "sacrifie" cette part affective de sa vie privée pour assurer sa mission qui est celle de la continuité "idéelle" de l'humanité.

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Janus a écrit:
Difficile de mettre dans le même pack une pensée orientée sur soi-même, comme celle de Schopenhauer, de type littéraire, romantique et pessimiste, et la pensée d’un Einstein doué d’une intelligence rationnelle exceptionnelle autorisant un regard sur le monde autrement plus informé et éclairé.

J'avais cité Einstein parce que sa pensée était très proche de celle de Schopenhauer, et particulièrement du bouddhisme (dont, disait-il, Schopenhauer nous a permis de déchiffrer les merveilleux textes), religion qui présentait comme intérêts d'être sans Dieu, très intellectuelle, et visant à la sérénité. En parlant du voyageur qui quitte la ville pour les montagnes éternelles, Einstein nous renvoie explicitement à un texte de Schopenhauer. Le voyageur et les montagnes était un thème récurrent des romantiques.

Je dirais plutôt que leur passion amoureuse pour la philosophie a dû compenser le plaisir éprouvé par l'homme ordinaire qui fonde un foyer et consacre toute son énergie à la continuité "physique" de son espèce, alors que le philosophe "sacrifie" cette part affective de sa vie privée pour assurer sa mission qui est celle de la continuité "idéelle" de l'humanité.

En gros, les philosophes se reproduisent avec leur encre, ce qui est l'idée de Botul quand il parle de Schopenhauer.

JimmyB a écrit:
Liber quand vous parlez de banalisation de la sexualité qui ne s'est pas faite, voulez vous dire que le jugement sur la sexualité ou sur les différentes pratiques sexuelles est trop pregnant au sein de notre société à notre époque ?

Il est certain que la sexualité est bien plus visible à notre époque qu'à la leur. Mon idée va donc à rebours de celle d'ettinarcadia (qu'elle ne m'en veuille pas). Les femmes, parce qu'elles étaient confinées à des activités minimes, pensaient beaucoup à l'amour. Penser que parce que la femme est plus active, cela lui donne plus d'occasions d'aimer (et d'aimer mieux, plus fort, plus profondément), me semble fausse. Au contraire, l'oisiveté des femmes était très propice à l'amour. C'est quelque chose qui ressort de tous les romans de l'époque. Du reste, Schopenhauer était pour le ménage à trois, ne trouvant dans l'adultère rien que de très naturel.

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Janus a écrit:
Je ne pense pas que la condition féminine particulière dans le contexte de l'époque de ces philosophes soit l'explication. On conçoit que des philosophes de génie comme Kant ou Hegel par exemple se soit tellement passionnés pour la profondeur de leur capacité réflexive qu'ils en ait délaissé ce plaisir de chair ou de "coeur" qui intéresse surtout l'homme "ordinaire". Je dirais plutôt que leur passion amoureuse pour la philosophie a dû compenser le plaisir éprouvé par l'homme ordinaire qui fonde un foyer et consacre toute son énergie à la continuité "physique" de son espèce, alors que le philosophe "sacrifie" cette part affective de sa vie privée pour assurer sa mission qui est celle de la continuité "idéelle" de l'humanité.
Certes, mais Hegel a été un homme de son temps. Il a fondé une famille. Mais si vous prêtez attention à sa biographie vous verrez qu'il a subi de nombreuses épreuves. Les décès se sont accumulés autour et au plus près de lui. Que feriez-vous si vous vous sentiez une vocation particulière et que, tourmenté par le réel, vous veniez à perdre femme et enfants ? Quel serait votre refuge, quelle serait votre raison de vivre ? Que feriez-vous quand la mort ("la mort, le maître absolu", disait Hegel) aurait pénétré à ce point votre vie ? Et est-ce que ce changement de vie impliquerait un dénigrement volontaire de la vie et de la sexualité ?

Liber a écrit:
En gros, les philosophes se reproduisent avec leur encre, ce qui est l'idée de Botul quand il parle de Schopenhauer.
Il dit même que là où les hommes pénètrent (la femme) pour se reproduire, eh bien les philosophes se reproduisent en se retirant. La solitude - Page 3 277638789

Liber a écrit:
Il est certain que la sexualité est bien plus visible à notre époque qu'à la leur. Mon idée va donc à rebours de celle d'Etinarcadia (qu'elle ne m'en veuille pas). Les femmes, parce qu'elles étaient confinées à des activités minimes, pensaient beaucoup à l'amour. Penser que parce que la femme est plus active, cela lui donne plus d'occasions d'aimer (et d'aimer mieux, plus fort, plus profondément), me semble fausse. Au contraire, l'oisiveté des femmes était très propice à l'amour. C'est quelque chose qui ressort de tous les romans de l'époque. Du reste, Schopenhauer était pour le ménage à trois, ne trouvant dans l'adultère rien que de très naturel.
Il me semble en effet que la qualité des relations s'est dégradée. On ne s'engage plus comme avant. L'amour n'apporte plus que des déceptions et pourtant, dans ce monde de consommation et de marchandisation des corps, on le réclame d'autant plus qu'il se fait rare.
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