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L'argument de la subjectivité.

+2
toniov
goldo
6 participants

descriptionL'argument de la subjectivité. - Page 2 EmptyRe: L'argument de la subjectivité.

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J’avais indiqué pour simplifier "faits de société" et non simples faits purement matériels, ce qui bien entendu sous-entendait non seulement une imbrication d’événements politiques très complexes à maîtriser (étant de plus à considérer dans leur évolution historique) mais qui de plus sont toujours accompagnés d’interprétations diverses incluant des valeurs éthiques elles-mêmes difficiles à cerner.
En fait je dirais que le problème n’est pas tant que chacun soit porteur d’opinions de nature subjective, mais que chacun soit convaincu d’être dans le vrai, donc éclairé d’objectivité et de réalisme, et qualifie volontiers d’idéologie tout ce qui n’est pas concordant à sa propre vision des choses. D’où la limite de la portée du débat et de l’échange d’idées, restant bien trop souvent stériles.
Mais c’est plutôt dans l’expérience et la vie politique concrète que les plus grands enseignements se font, ce qui est regrettable car c’est beaucoup de temps et d’énergie perdus... et comprendre après coup, quand le mal est fait, c'est bien souvent trop tard.

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Janus a écrit:
En fait je dirais que le problème n’est pas tant que chacun soit porteur d’opinions de nature subjective, mais que chacun soit convaincu d’être dans le vrai, donc éclairé d’objectivité et de réalisme, et qualifie volontiers d’idéologie tout ce qui n’est pas concordant à sa propre vision des choses. D’où la limite de la portée du débat et de l’échange d’idées, restant bien trop souvent stériles.

Le problème surgit lorsqu'il y a dénigrement de la pensée d'autrui. Mais ce n'est pas aussi simple.
Comment voulez-vous défendre vos idées si vous n'êtes pas convaincu de leur pertinence ? Au moins est-ce nécessaire le temps de votre argumentation. D'autre part, il y a vraiment des idéologies, et qui sont vraiment néfastes - les faits de l'histoire peuvent le démontrer. Pour quelle raison alors faudrait-il se priver de nommer ce que l'on veut manifestement désigner : une idéologie? Tout est subjectif. Mais si on ne croit pas à "l'objectivité" possible d'un discours, alors la base de tout discours s'écroule. Où peut-on trouver un peu de "sagesse" dans tout cela ?... Je dirais que c'est par l'intersubjectivité qu'une forme "d'objectivité partagée" du discours peut voir le jour. Il faut donc croire à "l'objectivité" de son discours tout en acceptant de le remettre en cause si cela se présente au cours de l'échange.

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toniov a écrit:
Le problème surgit lorsqu'il y a dénigrement de la pensée d'autrui. Mais ce n'est pas aussi simple.
Comment voulez-vous défendre vos idées si vous n'êtes pas convaincu de leur pertinence ? Au moins est-ce nécessaire le temps de votre argumentation. D'autre part, il y a vraiment des idéologies, et qui sont vraiment néfastes - les faits de l'histoire peuvent le démontrer. Pour quelle raison alors faudrait-il se priver de nommer ce que l'on veut manifestement désigner : une idéologie ? Tout est subjectif. Mais si on ne croit pas à "l'objectivité" possible d'un discours, alors la base de tout discours s'écroule. Où peut-on trouver un peu de "sagesse" dans tout cela ?... Je dirais que c'est par l'intersubjectivité qu'une forme "d'objectivité partagée" du discours peut voir le jour. Il faut donc croire à "l'objectivité" de son discours tout en acceptant de le remettre en cause si cela se présente au cours de l'échange.

Bien justement, ce n'est sans doute pas un défaut mais un excès de convictions et de certitudes qui est en cause en matière d'opinion politique. Mais convictions perçues par le sujet lui-même comme totalement objectives, alors qu'en réalité, prenant leur source dans des "passions" aveugles qui perturbent insidieusement la raison (cf. Kant), cela explique qu'elles ne laissent que peu de place à l'échange constructif car raisonné. D'ailleurs, dans un débat politique opposant deux candidats adversaires on constate que, pour les observateurs, c'est bien plus la maîtrise de la rhétorique qui entre en jeu pour désigner le "gagnant" et non le bien fondé des idées exprimées.
Quant au "dénigrement de la pensée d'autrui", on observe souvent que ce n'est pas la pensée d'autrui qui est dénigrée ni même discutée, mais seulement autrui lui-même. Incapable de conduire un débat sur le fond, l'idéologue attaque son adversaire sur la base d'associations d'idées ou plutôt d'images (appel aux sensations) dont il sait qu'elles seront perçues de façon négative chez celui qu'il faut convaincre, et qui donc permettront de salir "efficacement" son adversaire.  C'est ici dirais-je que l'idéologie peut le plus facilement être décelée. Mais le côté pernicieux de ce type de démarche passe le plus souvent inaperçu puisque la recette fonctionne. Mais effectivement "ce n'est pas simple".  :)

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Pour ce qui est du débat politique, bien sûr, ce que vous dites me semble tout à fait juste. Plus qu'un débat c'est un combat.
Maintenant pour le reste... avoir des convictions n'est pas forcément une mauvaise chose. Imposer ses convictions, par contre... Mais voilà : si vous avez des convictions, par la force des choses, vous exposerez vos idées avec conviction. Ce qui ne signifie pas forcément avec aveuglement. Car tout convaincu n'est pas nécessairement aveugle. Ensuite il y a l'interprétation de celui qui reçoit vos idées (lorsque c'est le cas). Si ce dernier interprète les convictions de son voisin comme un refus de dialoguer... il s'en tiendra peut-être là, mais alors, ce faisant, il se convaincra lui-même que les convictions de son voisin sont une entrave au dialogue, etc.

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Non bien sûr je n'ai pas prétendu que le fait d'avoir des convictions était en soi néfaste, bien au contraire, il faut avoir et croire à ses convictions, sans quoi, si l'on ne croit pas soi-même à ses propres convictions et aux valeurs qui les fondent, on ne peut pas les porter au "combat".
Mais, si l'on devait simplifier au maximum, je dirais que même après avoir tenté d’éliminer par l’échange et la discussion de nombreux désaccords plus ou moins superficiels sur des points accessoires, il restera toujours des noyaux de désaccord, plus ou moins étendus et plus ou moins profonds, du fait que les ravages accomplis par l’idéologie dans la pénombre des esprits, sont partout, même chez les bien intentionnés. Disons que le dialogue ne peut pas tout. Et c'est pourquoi je parlais de nécessité d'expérience concrète pour que certaines vérités (réalités) s'imposent, car l'idéologie est mensonge se donnant apparence de vérité.

PS : Mais puisqu'on parle de convictions et de nécessaire foi dans les valeurs que l'on porte : prenez l'exemple en philosophie de ces Occidentaux qui dénigrent les valeurs de l'Occident (qui sont désignés par nihilistes)... peut-on ensuite s'étonner que ces valeurs mêmes (qui sont les valeurs chrétiennes et démocratiques) soient en "décadence" lorsque soi-même, occidental, sous l'effet de leur influence, on n'y croit plus ?
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