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L'argument de la subjectivité.

+2
toniov
goldo
6 participants

descriptionL'argument de la subjectivité. - Page 3 EmptyRe: L'argument de la subjectivité.

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Janus a écrit:
c'est pourquoi je parlais de nécessité d'expérience concrète pour que certaines vérités (réalités) s'imposent, car l'idéologie est mensonge se donnant apparence de vérité.

Ce qu'il faut, à mon sens, c'est poser les choses (les idées) à leur place et être capable d'en convenir. Il faut convenir de ce qui est de l'ordre des réalités concrètes et de ce qui est de l'ordre de l'imagination. L'imagination est indispensable car elle crée un souffle, une dynamique, qui sont propres et nécessaires à toute créativité. Si on se contentait de "ce qui est concret", aucune évolution ne serait possible. Mais le sens du concret est également indispensable car sans lui on perd pied, très rapidement. Il faut donc imagination et sens du concret, dans un débat d'idées. Le danger de l'imagination c'est que, n'ayant pas encore fait l'expérience "objective" de l'application de ses idées elle peut se scléroser en idéologie néfaste. L'avantage c'est qu'elle peut conduire à de grandes réalisations.

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Oui, mais "poser" à ce niveau là c'est ce que font les institutions (État), non pas simplement dans l'échange individuel mais à l'échelle d'une société, non pas rapidement, au rythme d'une seule expérience de vie, mais au rythme de l'histoire.

On retrouve toujours le même problème de l’aspect contradictoirement complémentaire (dialectique) des choses : l’imagination (mais je dirais plus précisément l’imaginaire – cf. psychanalyse) est à la fois nécessaire à la créativité de la pensée, à son inventivité, en permettant de former un projet existentiel, sur base de valeurs (liberté), etc., mais cet imaginaire est aussi source d’illusions, cette idée fausse (mensonge) de la réalité que je désignais par idéologie s’agissant de vision de société. Ces deux ordres (ordre concret, rationnel et ordre de l’imaginaire) il faut donc comprendre comment ils parviennent à se réconcilier au cours de l’expérience concrète historique (c’est ce que fait Hegel) plutôt que de les opposer, comme on le voit dans ce dénigrement permanent de l’Occident que je dénonçais précédemment. Cesser de renier l’homme rationnel (et la science) avec les progrès qu’ils engendrent, et d’accuser de tous les maux nos sociétés productives modernes, alors que cette rationalité est au fondement du Droit et de la démocratie.

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En clair, il ne faudrait pas opposer  l'imagination (ou imaginaire) à la raison, même si c'est parfois le cas. Ce qui est concret se passe des a priori (ou devrait), tandis que l'imagination fonctionne justement ainsi : dans l'a priori par rapport au concret. Ces a priori peuvent donc se révéler, s'ils se "concrétisent", néfastes ou constructifs. Et je ne vois alors que la synthèse. Par exemple se demander : quelle est la synthèse entre les apports de la société occidentale et orientale ? Et non pas voir le "bon" d'un côté et le "mauvais" de l'autre.

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Quand cette synthèse s'est faite, ça a toujours été d'un côté ou de l'autre. Si je lis Schopenhauer, je suis clairement du côté occidental, si je lis Aurobindo, je peux commencer à faire fumer de l'encens. La synthèse à 50/50, je l'attends toujours, et je ne pense pas qu'elle serait vraiment intéressante.

descriptionL'argument de la subjectivité. - Page 3 EmptyRe: L'argument de la subjectivité.

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Vous parlez de politique, de débats politiques, de combats, etc. Mais, dès que nous abordons un thème de société nous faisons de la politique. L’intellectuel, le philosophe ou le citoyen qui expose des considérations relatives à un thème de société fait de la politique. Elle n’appartient pas aux hommes politiques. La question de la subjectivité ne se limite pas au débat politique au sens strict. Comme le dit Toniov, nous sommes nécessairement convaincus par nos considérations. Savoir que nous ne détenons pas la vérité absolue ne signifie pas que nous ne croyions pas détenir une vérité.
Le scientifique pense détenir une vérité (scientifique). De même pour l’intellectuel, le philosophe, l’homme politique, le citoyen. Celui qui pose telle proposition sur l’euthanasie, la libéralisation des marchés, le contrôle de prix, le droit au logement, etc., pense vraiment que sa proposition va réellement apporter quelque chose de mieux que d’autres propositions. Il pense qu’il va apporter quelque chose de bénéfique ou de pratiquement utilisable. Celui qui propose un système économique de tel ou tel type pense vraiment que celui-ci est plus souhaitable qu’un autre. De fait, à certaines époques, selon certaines conditions et pour certains peuples, un système peut être plus bénéfique qu’un autre.
Une telle proposition peut s’avérer vraie, même si elle n’atteint aucune vérité absolue.

Lorsque nous lisons les essais des philosophes, il me semble que très peu de ce qu’ils disent peut être considéré comme objectif. Nous sommes dubitatifs ou nous sommes plus ou moins convaincus par le propos. Nous leur trouvons un certain intérêt ou pas. Les considérations de ces philosophes sont forcément subjectives (pourrait-on jamais dire que Bergson est objectif ?) Or, nous ne leur opposons pas sans cesse cette subjectivité évidente.
A vrai dire, il me semble que dans les échanges entre intellectuels, écrivains, essayistes, l’argument de la subjectivité n’est guerre employé : il ne viendrait à l’idée de personne d’opposer à André Comte-Sponville l’évidence même que, par exemple, son essai sur l’amour et la sexualité, Le sexe ni la mort, est subjectif. Or, il émet bien certaines considérations qui peuvent nous convaincre, nous séduire, nous laisser dubitatifs, etc. Nous n’avons pas besoin d’absolu pour croire en la vérité ou la fausseté de certaines de ses considérations. Il en est autrement chez le quidam. Il me semble que le recours à l’argument de la subjectivité est plus généralisé. En écoutant des gens débattre, j’entends souvent « c’est subjectif », « tout est relatif » pour clore ou éviter d’argumenter.

Il me semble que la vérité de la subjectivité est utilisée de manière dévoyée. Dans son dictionnaire de philosophie, André Comte-Sponville indique une réponse à ce problème : on peut être totalement relativiste en ce sens que l’on sait qu’aucune vérité absolue n’existe en sachant également que telle ou telle idéologie est nocive, tel ou tel fait immoral. On n’a guerre besoin d’absolu pour combattre le nazisme. Par contre, chez certaines personnes, le relativisme conduit à affirmer qu’en dehors de ce qui serait objectivable toutes les positions se valent et que par conséquent on ne peut débattre utilement de ce qui serait subjectif. Cela me semble être une conclusion erronée : nous n’avons pas besoin d’absolu pour pouvoir débattre utilement et affirmer la vérité ou la fausseté de certaines propositions.
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