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Prémisses d'une philosophie spinoziste avec le désir d'une Raison selon SES affects

3 participants

descriptionPrémisses d'une philosophie spinoziste avec le désir d'une Raison selon SES affects - Page 3 EmptyRe: Prémisses d'une philosophie spinoziste avec le désir d'une Raison selon SES affects

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Bonjour shub22

Je vous remercie pour votre commentaire.
Quand on constate les effets parfois très dramatiques produits par toute sorte de querelles sur les différentes idées de Dieu, dont tout ce qu'on peut lui faire dire, tout ce que l'on fait en son nom, tout ce que certains, en son nom, obligent d'autres à faire, on ne peut qu'être d'accord avec le marquis de Sade.
Mais en tant que philosophe béotien, je ne peux avoir que de la curiosité pour cette idée profondément humaine qu'est une idée de Dieu (Je doute qu'un autre être vivant terrestre est une telle idée !).
Que la philosophie de Spinoza, comme celles d'autres à son époque, soit fondée sur une certaine idée de Dieu, cela me gêne. Je préfère une philosophie qui se pose des questions sur tout, y compris sur des idées qui vont et viennent, dont celles à propos de « Dieu ».
Toutefois, l'idée de Dieu de Spinoza est tellement une idée de la Nature, de l'Univers, avec immanence et non transcendance, sans entendement « suprême » de son Dieu, sans finalité, que l'on peut mobiliser toute sa philosophie, y compris E1 et E5, et y compris pour s'interroger sur les affections, les affects qui poussent à avoir telle ou telle idée de Dieu, telle religion, en ayant recours bien sûr à l'imitation des affects, à la puissance de la multitude, à la libre nécessité.

Pour moi, toutes les sciences humaines gagneraient beaucoup à s'appuyer sur une philosophie spinoziste et c'est l'objectif de mon propos.

Sur cet objectif là et la manière dont je m'y prend pour m'en approcher, je souhaite encore de nombreux échanges.

descriptionPrémisses d'une philosophie spinoziste avec le désir d'une Raison selon SES affects - Page 3 EmptyRe: Prémisses d'une philosophie spinoziste avec le désir d'une Raison selon SES affects

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Bonjour André, et pardon pour le retard à l'allumage (je suis extrêmement occupé, ... comme tous les retraités).

N'ayant guère le temps de faire une réponse très détaillée, je vous réponds donc un peu à la volée.

Il me semble que vous achoppez sur deux expressions : "entendement divin" et "raison". 

S'agissant de la première, il faut se rappeler que, pour Spinoza, l'entendement n'est qu'un mode, autrement dit une modification, une affection, de l'attribut pensée. Dès lors, l'"entendement de Dieu" n'est rien d'autre que Dieu lui-même (ou la Nature, ou la Substance) considéré sous l'attribut pensée en tant que s'affectant immédiatement (on est là dans la natura naturans, non dans la natura naturata) de modification(s) infinie(s). Il n'y a là aucun mystère ni aucune difficulté. Il s'ensuit notamment que, dans la mesure où nos entendements individuels sont des expressions singulières (des modes finis) de l'entendement divin, la question de savoir si intellectus Dei est un génitif objectif (entendement que nous avons sur Dieu) ou subjectif (entendement que Dieu a de lui-même) est sans objet. 

En ce qui concerne la seconde expression, vous me semblez avoir beaucoup de mal à vous départir de la conception romantique (kantienne ? hégélienne ?) de la raison. Or, chez Spinoza, encore une fois, elle n'est qu'un mode, donc une affection, de Dieu ou de la Nature considéré(e) sous l'attribut pensée. De plus, c'est un mode médiat, un mode second, le mode d'un mode (de l'entendement comme précédemment défini). Voilà pourquoi j'écrivais que ce n'est que cela. Ce qui n'est pas péjoratif mais destiné à en souligner la genèse. Évidemment, c'est un mode très important. D'abord parce qu'il est infini (ce qui ne veut pas dire Absolu au sens de Hegel, ni Universel au sens de Kant, quant à l'idée de "notion commune", cf. ce qu'en dit Deleuze). Ensuite parce que (cf. Éthique, II, 40), ratio étant, pour Spinoza, intermédiaire entre opinio vel imaginatio (seule cause de fausseté) et scientia intuitiva (qui, comme il le précisera en Éthique, V, 42, n'est pas accessible au premier venu), c'est le mode de connaissance que tous les hommes peuvent et doivent adopter pour vivre en harmonie. Maintenant, il va de soi qu'il existe des raisons, lesquelles sont à la raison ce que le mode médiat fini est au mode médiat infini.

Au plaisir.

PhiPhilo.
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