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Irrationalité et déterminisme.

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descriptionIrrationalité et déterminisme. - Page 2 EmptyRe: Irrationalité et déterminisme.

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Je ne suis pas sûr qu'il faille parler d'« irrationalisme » — c'est un concept qui me paraît assez obscur — mais en effet il y a bien l'idée d'un échec de la raison à produire un discours satisfaisant, adéquat sur le réel. Cela parce que le réel est hasard, concept destructeur de tout type de discours tant il échappe à la systématisation intellectuelle. Le seul discours qui puisse être produit sérieusement sur le réel est une démonstration de l'impossibilité de la démontrabilité d'un sens du réel : il ne s'agit plus que de faire surgir le hasard hors du silence, de l’exhiber en quelque sorte et lui faire face. Rosset propose ensuite, face au pire, « folie contrôlée et jubilation ». Je n'y arrive pas, c'est mon grand dilemme du moment.
L'« apparence de l'ordre » désigne moins un monde déterministe — la causalité est une réalité — qu'une vision téléologique et structurée du réel. L'ordre c'est l'idée de nature des choses, de stabilité, de vie. Depuis un point de vue temporel et spatial très limité, il y a une impression de logique du vivant ; or il n'y a que des rencontres hasardeuses qui produisent des choses qui n'ont rien de stable ni d'évident placées à l'échelle de temps cosmique.

descriptionIrrationalité et déterminisme. - Page 2 EmptyRe: Irrationalité et déterminisme.

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Armel Gonnifius a écrit:
Il y a bien l'idée d'un échec de la raison à produire un discours satisfaisant, adéquat sur le réel.

Notre sujet ne porte pas sur ce qu’est le réel, mais sur la question de savoir si l’irrationalité est compatible avec le déterminisme absolu (déterminisme laplacien). Il y a plusieurs façons de concevoir le réel qui correspondent à différentes métaphysiques (e.g. : métaphysique classique, métaphysique critique), de sorte qu’on ne devrait pas dire : « le réel » -à moins d'être sceptique comme Clément Rosset.  Maintenant si l’on pose la liberté (qui comprend une certaine dose d’irrationnel) comme compatible avec le déterminisme, on répond partiellement à notre sujet (cf. : Le hasard et la nécessité).
Bergson, à  qui l’on doit l'introduction de l'adjectif existentiel dans la langue philosophique française, souligne la dimension temporelle du libre arbitre, à la différence de Spinoza (philosophe de la quantité et de la mathématisation du réel qui aboutit à un mécanisme radical et un déterminisme absolu, il représente un nécessitarisme aux antipodes d’une philosophie de la conscience, de la durée et de la liberté comme celle de Bergson), mais à la façon de Karl Popper (pour qui l’histoire de l’humanité est faite des joies et des misères de chaque individu) car le domaine de la raison c’est l’universel, dont on peut même dire qu’il est né de la raison, alors que l’individu, qui est unique, comme le sont par conséquent ses actes et ses expériences, ne peut jamais être complètement rationalisé.

Frédéric Worms a écrit:
Le vocabulaire de Bergson
Bergson, ne définit donc la liberté ni comme un libre arbitre capable de trancher entre des possibles plus ou moins contingents ou indifférents, ni surtout comme un pouvoir de se déterminer par la raison seule. La liberté n'est pas même seulement le fait pour un moi abstrait d'être la cause de ses actions la liberté est pour Bergson coextensive au fond à l'individualité d'un acte, elle-même liée à la nature temporelle et dynamique de toute individualité réelle. L'acte libre est donc l'acte produit par la durée d'un moi, celui où se retrouve rétrospectivement le contenu de ce moi et de lui seul. Est-ce là irrationalisme? En partie seulement, puisque dans cette durée, il y a des raisons prises dans le raisonnement individuel. Est-ce là naturalisme? En partie seulement, puisque dans cet empirisme du moi, le moi échappe à toute nature générale. Est-ce un psychologisme? En partie seulement; puisque la liberté ne caractérise pas seulement le moi humain individuel, mais s'étend à tous les degrés de l'être entendu comme durée, et prend à tous ces niveaux un sens proprement métaphysique.


Henri Bergson a écrit:
Le possible et le réel
A quoi sert le temps ?... le temps est ce qui empêche que tout soit donné d'un seul coup. Il retarde, ou plutôt il est retardement. Il doit donc être élaboration. Ne serait-il pas alors le véhicule de création et de choix ? L'existence du temps ne prouverait-elle pas qu'il y a de l'indétermination dans les choses ?


Pour Heidegger l’individuation naît du jeu de la liberté et du temps, elle provient de la liberté de l’homme qui configure son avenir et se fraye un chemin, unique entre tous, dans l’arborescence des possibles (cf. Christophe Bouton, Temps et liberté), alors que pour Sartre, Bergson confond la temporalité psychique avec la temporalité originelle (la découverte de ma contingence ne vaut que par le lien qui me relie à l’en-soi).
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