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Nietzsche : force, puissance et rapport aux autres.

4 participants

descriptionNietzsche : force, puissance et rapport aux autres. - Page 2 EmptyRe: Nietzsche : force, puissance et rapport aux autres.

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Desassossego a écrit:
Vous touchez ici le point qui me pose problème : je vois très bien les lumières qu'apporte Nietzsche en ce qui concerne l'individu et le déploiement de ce qu'il est, mais je ne comprends pas comment nous pouvons vivre ainsi, puisque notre vie est toujours déjà une vie sociale, faite de rencontres et de liens avec les autres. La vie en société est un fait. Comment être un nietzschéen tout en vivant avec les autres, c'est ça que je ne comprends pas...

En quoi être nietzschéen empêcherait de vivre avec les autres ? Quels sont les problèmes que vous y voyez ? 
Je ne vois pas d'incompatibilités avec une vie sociale.

Nash a écrit:
Je ne sais pas, quel était le projet de Nietzsche en écrivant ses œuvres. Peut-être souhaitait-il l'avènement du surhomme sans pour autant recommander à ses lecteurs d'agir dans la vie avec ses bouquins dans la poche pour décider comment agir.
Peut-être pensait-il prédire l'avenir de notre civilisation sans pour autant donner des règles à suivre...

Je pense au contraire qu'il espérait farouchement trouver des lecteurs qui comprennent le sens de ses écrits, ce qu'il n'a jamais pu trouver de son vivant, et que ceux-ci s'appliqueraient à suivre le chemin qui mène vers le surhomme. 
Il a suffisamment été clair avec la perte des valeurs, la perte de sens de la vie avec la "mort de dieu", le nihilisme inhérent à cette destruction, et les risques d'en arriver au "dernier homme" qui ne croit plus en rien mais ne s'en plaint pas pour autant. 
Il a donné de grandes lignes à suivre, notamment dans "Ainsi parlait Zarathoustra".

descriptionNietzsche : force, puissance et rapport aux autres. - Page 2 EmptyRe: Nietzsche : force, puissance et rapport aux autres.

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lameàuser a écrit:
Desassossego a écrit:
Vous touchez ici le point qui me pose problème : je vois très bien les lumières qu'apporte Nietzsche en ce qui concerne l'individu et le déploiement de ce qu'il est, mais je ne comprends pas comment nous pouvons vivre ainsi, puisque notre vie est toujours déjà une vie sociale, faite de rencontres et de liens avec les autres. La vie en société est un fait. Comment être un nietzschéen tout en vivant avec les autres, c'est ça que je ne comprends pas...

En quoi être nietzschéen empêcherait de vivre avec les autres ? Quels sont les problèmes que vous y voyez ? 
Je ne vois pas d'incompatibilités avec une vie sociale.

Parce qu'avec Nietzsche, les rapports humains me semblent n'être plus que des rapports de force. Nietzsche s'adresse toujours (en tout cas je n'ai pas souvenir du contraire) à un individu. Il y a des pages magnifiques où il nous aide, en tant qu'individus, à être plus vivants. On a envie de le suivre, car il nous montre la voie de la vitalité. Mais que se passe-t-il quand ma voie de vitalité rencontre celle d'un autre individu ? Deux nietzschéens pourraient-ils se retrouver dans une même salle en maintenant des rapports stables ? 
Le gai savoir, IV, 283 a écrit:
Vivez en guerre avec vos pareils et vous-mêmes 

Parfois, quand je lis Nietzsche, j'ai l'impression qu'il y a d'un côté des plus forts, de l'autre des plus faibles : 
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra a écrit:
Que ce qui est plus faible serve ce qui est plus fort, ce qui l'en persuade c'est sa volonté d'être à son tour le maître de ce qui est plus faible encore : c'est le seul plaisir auquel il ne veuille pas renoncer.

Si on ajoute une citation comme : "les faibles et les ratés doivent périr : premier principe de notre philanthropie. Et on doit même encore les y aider" (l'Antéchrist, II), ça devient vite problématique pour ce qu'on pourrait appeler "des rapports sociaux stables". 

Je sais bien qu'on ne peut passer ici à côté du caractère volontairement provocateur de ces propos, et je ne suis pas de ceux qui se servent de ces citations pour accuser Nietzsche de facho ou de pré-nazis, et je sais aussi que rien n'est plus trompeur qu'une phrase de Nietzsche sortie d'un aphorisme, mais je m'interroge tout de même sur la possibilité d'une vie en communauté avec sa pensée.

descriptionNietzsche : force, puissance et rapport aux autres. - Page 2 EmptyRe: Nietzsche : force, puissance et rapport aux autres.

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Desassossego a écrit:
Je sais bien qu'on ne peut passer ici à côté du caractère volontairement provocateur de ces propos, et je ne suis pas de ceux qui se servent de ces citations pour accuser Nietzsche de facho ou de pré-nazi, et je sais aussi que rien n'est plus trompeur qu'une phrase de Nietzsche sortie d'un aphorisme, mais je m'interroge tout de même sur la possibilité d'une vie en communauté avec sa pensée.

Déjà, pour moi, rien que le fait que Nietzsche sème autant le doute sur ce qu'il pense, force ses propos, provoque, s'oppose à une réelle application de sa pensée.
Pour appliquer une pensée, il faut qu'elle soit clairement exprimée, avec le moins possible d'ambiguïté.

descriptionNietzsche : force, puissance et rapport aux autres. - Page 2 EmptyRe: Nietzsche : force, puissance et rapport aux autres.

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Nash a écrit:
Desassossego a écrit:
Je sais bien qu'on ne peut passer ici à côté du caractère volontairement provocateur de ces propos, et je ne suis pas de ceux qui se servent de ces citations pour accuser Nietzsche de facho ou de pré-nazis, et je sais aussi que rien n'est plus trompeur qu'une phrase de Nietzsche sortie d'un aphorisme, mais je m'interroge tout de même sur la possibilité d'une vie en communauté avec sa pensée.

Déjà, pour moi, rien que le fait que Nietzsche sème autant le doute sur ce qu'il pense, force ses propos, provoque, s'oppose à une réelle application de sa pensée.
Pour appliquer une pensée, il faut qu'elle soit clairement exprimée, avec le moins possible d'ambiguïté.

J'avoue ne pas vraiment voir le rapport. La pensée de Nietzsche est une pensée vivante, sans cesse en mouvement (et à ce titre pleine de contradictions), d'où la pratique de l'aphorisme, qui chez Nietzsche est moins un choix stylistique qu'une nécessité pour suivre le rythme de sa pensée. Il faut donc faire avec, et tenter de saisir Nietzsche au vol, si on peut le dire ainsi. Je ne pense pas que cela constitue une preuve que sa pensée ne soit pas destinée à être appliquée. Ce serait lui reprocher de ne pas être un penseur systématique. 

Quant à ce que vous appelez son "ambiguïté", n'oubliez pas que Nietzsche est un poète ;)

descriptionNietzsche : force, puissance et rapport aux autres. - Page 2 EmptyRe: Nietzsche : force, puissance et rapport aux autres.

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Desassossego a écrit:
J'avoue ne pas vraiment voir le rapport. La pensée de Nietzsche est une pensée vivante, sans cesse en mouvement (et à ce titre pleine de contradictions), d'où la pratique de l'aphorisme, qui chez Nietzsche est moins un choix stylistique qu'une nécessité pour suivre le rythme de sa pensée. Il faut donc faire avec, et tenter de saisir Nietzsche au vol, si on peut le dire ainsi. Je ne pense pas que cela constitue une preuve que sa pensée n'est pas destinée à être appliquée. Ce serait lui reprocher de ne pas être un penseur systématique.

C'est cette vivacité, ces contradictions qui empêchent à mon sens de l'appliquer. Il est dur de savoir s'il pense ce qu'il dit, ou si c'est ironique, s'il se moque, ou s'il pense que ça doit être appliqué, etc.
Peut-être se destine-t-elle à être appliquée, mais force est de constater que la manière dont elle est construite ne facilite pas cette application.
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