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Les mythes comme récits fondateurs.

5 participants

descriptionLes mythes comme récits fondateurs. - Page 2 EmptyRe: Les mythes comme récits fondateurs.

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cyr a écrit:
Si j'ai bien compris vous effectuez « un travail de recherche sur les relations tumultueuses entre passion et raison », c'est votre premier sujet. J'espère que je ne m'égarerai pas trop. Je lisais dans une fiche de cours de littérature : « Les romantiques privilégient la poésie, plus apte à décrire les passions et les mouvements de l’âme, et font triompher le roman... ». Je crois que dans votre démarche, il pourrait être important de comprendre ce que c'est que le romantisme (passionné), ce qu'il apporte, sur quoi repose-t-il, et ce que j’appellerais aussi, les « faux-semblants » du romantisme. Par « faux-semblants » du romantisme, je veux dire, ces images romantiques, culturellement acceptées, socialement valorisantes mais dénuées de cette poésie toute éprouvée, propre à renverser le réel

J'ai déjà entamé un travail de recherche sur les poètes romantiques et notamment ceux du "Carpe Diem" : je crois que j'ai fait un post sur le forum dans la rubrique poésie : mes conclusions actuelles consistent à dire que ces poètes, ainsi que Socrate font le même constat sur nos passions :
- elles sont éphémères de par leur nature (ce qui est confirmé par la neurobiologiste Lucie Vincent, cette fois-ci avec une explication en rapport avec notre biologie et l’évolution de l'espèce humaine...)
- Si elles peuvent se transformer en énergie créatrice elles peuvent tout autant nous détruire....

Cependant, les propositions ne sont pas les mêmes : pour les poètes il faut vivre à fond la passion quand elle arrive, sans se soucier des conséquences futures : car à quoi cela servirait-il de vivre si l'on ne vit pas une passion ardemment ? Socrate propose que l'on écoute un peu plus sa raison et dit que seul un amour complice et non pas fusionnel comme dans la passion peut durer... même constat, mais pas même proposition d'action...
Voilà ou m'emmènent les poètes romantiques pour le moment, et j'avoue ne pas avoir de réponse à la question : faut il vivre ses passions intensément ou vaut-il mieux vivre un amour complice ?

Une petite remarque : je m'aperçois de quelques imprécisions en lisant Pinker, je prends conscience qu'émotion et sentiment sont à différencier : en gros les émotions nous préexistent, elles sont en nous et fondent le concept de sentiment à partir du moment où ces émotions interagissent avec l’environnement (c'est ce que je comprends pour le moment)...

cyr a écrit:
Les contes réservés aux adultes ? Un enfant, c'est je crois, une personne qui vit dans un monde au fantastique plus facile que le nôtre. Les enfants pourraient dire de même, s'ils pouvaient savoir ce que c'est qu'un adulte ; qu'il faut réserver leurs contes à un public averti, un public capable d'imaginer aussi bien qu'eux le dragon, la fée, l'univers. Ils pourraient bien nous dire, que notre imagination est trop flétrie pour entendre ce que l'histoire a d'important à nous raconter

Vous m'avez mal lu, je parle de certains contes comme ceux de Grimm ou de Perrault qui finissent souvent bien... mais il existe d'autres contes comme ceux de Nicolas de Hirshing, qui racontent des mondes fantastiques mais toujours avec une morale un peu semblable à celles de La Fontaine ou d'Esope... Je ne mets pas dans le même sac tous les contes, seulement certains qui a mon avis ancrent des stéréotypes dans la tête des enfants non seulement en terme de représentation de rôles traditionnels attribués à l'homme ou la femme, mais aussi dans la façon dont il faut vivre ses sentiments... Ce n'est que mon avis, mais vous auriez pu aussi me dire que toute histoire véhicule un message et qu'à partir de là elle véhicule des représentations et donc des stéréotypes car ces dernières sont soumises à la subjectivité de leurs auteurs... Et  la je vous aurais dit qu'il faut que je réfléchisse un peu plus à la question...

cyr a écrit:
Il y a je crois, des moments d'entente entre l'imagination et le réalisme ; la passion et la raison. Les tendances que l'on croit habituellement divergentes, arrivent à s'exprimer avec une entente étonnante. Le beau prince, la belle princesse sans défaut, nous semblent avoir tout autant leur place dans l'expression de la réalité, que les mille et une habitudes de l'autre avec lesquelles nous avons du mal à composer, mais qui peuvent raisonnablement s'inscrire dans notre apprentissage. C'est en quelque sorte, la fusion du poète et du philosophe

Oui, si je vous accorde que les belles histoires avec de belles fins ont un rôle à jouer, et une fois de plus vous m'avez mal lu, je dis simplement que c'est le modèle dominant, et qu'il faudrait rééquilibrer les choses, connaissez-vous des contes célèbres qui ne finissent pas très bien ? Connaissiez-vous Nicolas de Hirshing ? En revanche je suis sûr que vous connaissez les contes de Grimm, non ?

"...dans Jung, il y a un peu une connotation mystique, mais on pourrait rapprocher cette notion  (inconscient collectif) d'une culture commune fondatrice d'une civilisation, pourrait-on en convenir?..."

Vangelis  pourriez-vous en disconvenir, ça m'arrangerait... Comme je suis impatient, je vais supposer que vous en disconviendrez, et j'espère que vous me direz ce que vous en pensez.

Jung fait le rêve suivant : il voit une grosse "défécation" tomber du ciel et recouvrir une synagogue... Jung va interpréter son rêve comme une révélation proposée par son inconscient à son conscient et c'est un virage fondateur de sa pensée (il est étrange que le signe d'une défécation soit à l'origine d'une pensée presque métaphysique et pourtant...). Voici mon interprétation :

Jung est juif, il a eu une éducation traditionnelle, il croit (jusqu'à ce rêve) en un Dieu unique fidèle à la pensée judéo-chrétienne dominante à l'époque. Il me semble que l'on peut différencier deux concepts de Dieu :
- soit comme dans la pensée Judéo-chrétienne : un Dieu unique, avec une volonté divine...
- soit Dieu est partout à la fois, dans toutes choses vivantes comme dans le panthéisme et Spinoza avec son fameux : "Deus sive Natura" (Dieu c'est-à-dire la Nature), dans ce concept Dieu n'a pas de volonté propre, il est un peu comme une conscience collective, me semble-t-il ?

Jung, grâce à ce rêve va passer d'un concept de Dieu à un autre : il se met à penser qu'il n'y a pas de Dieu unique, avec une volonté, mais un inconscient collectif qui relie les hommes entre eux et fonde leur humanité. Cette vision me semble très proche du panthéisme, il me semble que Jung a changé de conception de par ce rêve...

Personnellement, je suis agnostique, car de mon point de vue, c'est la seule position tenable, celle qui met à l'écart un système de croyance : la croyance en Dieu ou l'athéisme (donc la non croyance) sont toutes les deux des fortes convictions et donc font appel à de la subjectivité... Être agnostique ne veut pas dire ne pas se poser de questions, mais bien plutôt avouer son impuissance à se fier uniquement sur un ressenti... Pourquoi ce discours me direz-vous ?

Je trouve cette idée d'inconscient collectif intéressante, mais Jung la rapproche d'une notion un peu mystique (proche du panthéisme ?, en tout cas qui n'est pas axé sur la croyance en un Dieu possédant une volonté unique)... Cela me dérange, car je pense que ce qui fonde notre appartenance à l'espèce humaine est très lié à notre culture, et c'est d'ailleurs l'un des postulats de Claude Lévy Strauss (Tristes tropiques). Ma vision agnostique des choses m'a amené à transposer le concept d'inconscient collectif de Jung en système fondateur de la culture d'une civilisation (cela me fait penser qu'il va falloir que je relise Tristes Tropiques que j'ai lu il y a bien 10 ans et donc un peu oublié)...

Je dirais pour conclure que si l'on a la foi, on fonde la notion d'inconscient collectif dans le mystique qui pourrait exister dans l'homme ; en revanche si l'on est athée ou agnostique on peut peut-être la fonder dans la notion de culture ? Et qu'est-ce qui fonde notre culture commune si ce n'est les "archétypes fondateurs" (poésie, contes, fables...)... Alors créons ensemble de nouvelles histoires, de nouveaux contes, mythes fantastiques, plein d’aventures, mais qui sous-tendent une morale ou des problématiques philosophiques...

Merci Vangelis et Cyr de vos interventions...

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