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Identification d'un manuscrit

5 participants

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Theodicea, chap.3, Abjicitur:

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Caribou a écrit:
voici un scan recto verso d'un feuillet libre trouvé entre deux pages de l'ouvrage. On y trouve là aussi des résonances avec le plan du livre "Ethica specialis" que vous m'avez indiqué.
Résonances également avec les 2 premiers § du premier chap. de la partie Ethicae pars altera de votre livre.

Vous souvenez-vous du numéro des pages entre lesquelles vous avez trouvé ce manuscrit ? On trouve, sur le recto, deux indications de page ; l'une, en haut, indique la p. 68, l'autre, en bas, la p. 76. Mais de quel livre ? C'est ce qu'il paraît difficile de savoir. D'autant plus difficile que, toujours sur le recto, le scripteur renvoie à un auteur dont il ne précise pas le nom : "vide auctorem" (parce qu'il se réfère à un livre sans nom d'auteur ? parce qu'il y a quelque danger à le faire ?).

Le premier tiers du verso est ce qui retient le plus mon attention, pour le moment. Je ne pratique plus le latin depuis des siècles, il y a longtemps que je n'en connais plus ni la syntaxe ni la grammaire, toutefois, quelque chose me paraît significatif (du moins, il faut creuser). Il s'agit de parler d'une trinité (celle de Dieu à travers le culte ?), mais le scripteur semble hésiter entre plusieurs choses (4 ? cf. le texte en bas de la page du verso) parmi lesquelles établir cette "trinité". Sur ce verso, on trouve 6 fois la mention oternitas (o ternitas). Surtout, "Mepugnare (me pugnare) ponas oternas rn (abréviation de renoncer ou de répondre) attero vita demonstrare nequeunt increduli", voilà ce qui m'intéresse. Les athées sont-ils incapables de démontrer (quoi ?), ou bien faut-il renoncer à perdre son temps à démontrer aux athées qu'ils sont incapables de... de quoi ? de comprendre la question de la trinité ? Ici, il faut un latiniste. Quoi qu'il en soit, la phrase elle-même témoigne d'une polémique.

Je ne me risquerai pas à vous faire perdre votre temps avec des conjectures sur la première partie de la phrase : pono, is, ere est d'une telle polysémie que je ne veux pas vous faire perdre votre temps (étant donné la deuxième partie de la phrase - cf. le verbe demonstrare - j'opterais pour une traduction de "ponas" par établir, ici au subjonctif, établir solidement : "que tu établisses solidement la trinité" ; ça pourrait donner : "je te mets au défi d'établir solidement la trinité, ne perds pas ton temps à démontrer que les athées en sont incapables". Contresens ? Je ne sais pas).

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Euterpe a écrit:
Vous souvenez-vous du numéro des pages entre lesquelles vous avez trouvé ce manuscrit ? On trouve, sur le recto, deux indications de page ; l'une, en haut, indique la p. 68, l'autre, en bas, la p. 76. Mais de quel livre ?


Le feuillet était, de façon certaine, entre deux des toutes dernières pages du livre.
Si je m'intéresse aux pages 68 et 76 des différents livres :

1er livre : (Métaphysique)
:
p. 68: Propositions 1 et 2 du sous chapitre "De mentis humanae natura"
p. 76: Diluuntur objectiones Materialistarum du même chapitre.

2nd livre : Theodicea (dans l'hypothèse d'une pagination postérieure à la rédaction, lors de la reliure)
p. 236 (168 +68): fin du développement de la 1ère proposition du sous chapitre "Exponitur Sisthema Epicureorum"
p. 244 (168 + 76): 1ère proposition du sous chapitre "Spinosae Sisthema"

3ème livre : Pars altera Theodiceae : (même raisonnement)
p.354 et suivantes inexistantes (dernière page: 351)

4ème livre : Philosophia moralis (Nouvelle pagination débutant à 1)
p.68: proposition 2 du sous chapitre "Conscientia vera et erronea"
p.76: introduction du sous chapitre: "Conscientia probabilis"

5ème livre : Ethica pars altera : ici la pagination postérieure à la rédaction est évidente, encre plus noire que le texte adjacent.
p. 166 (98 + 68): fin du très long développement de "Objectiones Resolvuntur", dans le sous chapitre "Observationes o nullae Circa Dei Cultum"
p. 174 (98 + 76): Hominis officia erga pprium Corpus.

Je travaille à mettre en forme les photos demandées plus haut du dernier chapitre du livre Pars altera Theodicea (une vingtaine), je les mettrai sur un site hébergeur d'images.

Tout ce que vous m'indiquez est passionnant et au delà de mes espérances. Vous ne me faites nullement perdre du temps, bien au contraire, c'est moi qui ai des scrupules quant au vôtre !

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Caribou a écrit:
Le feuillet était, de façon certaine, entre deux des toutes dernières pages du livre.
Ça ne nous aidera donc pas. De toute façon, puisque votre manuscrit fait référence à des dissertatio, c'est à des ouvrages comme celui des Institutiones rédigé par Joseph Valla sous l'autorité de l'archevêque de Lyon, Montazet, qu'il faut se référer. J'en profite pour vous dire que sur la page Wikipedia consacrée à J. Valla dont je vous ai donné le lien, se trouvent deux informations qui me paraissent importantes pour votre recherche. D'abord, les Institutiones ont eu une audience suffisante pour qu'on parle de Philosophie de Lyon, et de Théologie de Lyon. Or, on doit pouvoir trouver de la documentation là-dessus. En outre, la Théologie fut mise à l'index en 1792, ce qui veut dire que les Institutiones furent interdits (ce qui n'a pas empêché des publications postérieures puisque, parmi les liens que je vous ai donnés, on trouve une réédition de 1824, je crois - mais le plus important est de connaître les raisons de cette mise à l'index : 1792, la constitution civile du clergé provoque de violentes rivalités, exacerbe la guerre civile ; Louis XVI est destitué ; Lyon est déjà une ville contre-révolutionnaire... ; tout ça donne, sinon un faisceau d'indices, du moins des pistes à explorer). C'est pourquoi la phrase polémique que je vous ai citée plus haut m'intéresse (on y trouve un pronom personnel, "moi", et le pronom sujet "tu" (ponas)- littéralement, mepugnare signifie me combattre, quand même, pour ne pas dire plus).

Enfin, votre exposition, en rapprochant les 5 livres de votre ouvrage, me fait penser que théodicée ("justice de Dieu") est un néologisme inventé par Leibniz pour justifier la bonté de Dieu et régler la question du mal dans le monde, à un moment où l'athéisme était déjà bien installé, et où l'autorité de l'Église était crispée, surtout en France. J'ajoute que votre Theodicea, 3e livre de votre ouvrage, suit la Psychologie, et précède la Philosophie morale. Voilà qui ne me paraît pas anodin. J'ai la conviction que votre livre date des années 1770-1780 (en tout cas après le tremblement de terre à Lisbonne, qui convainc Voltaire de renoncer à la théorie leibnizienne du meilleur des mondes possibles, en 1755). Certes, le mot "psychologie", encore très récent, était déjà employé. Mais avant les problèmes posés et causés par l'athéisme, la théodicée, etc., la psychologie désigne une physique du sens externe ; au XVIIIe siècle, elle désignera une science du sens interne. Or, l'Institutiones, de même que votre livre et votre manuscrit, désignent clairement des sens interne et externe, comme l'indique notamment la table des matières du premier.

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Je vous ai organisé les choses (mais c'est entrer dans des recherches véritables, dont je ne sais pas si vous auriez le temps de vous en occuper), toujours dans le souci de ne pas vous faire perdre votre temps avec des conjectures que les uns ou les autres pourraient multiplier et qui, si elles peuvent être intéressantes, ne sont jamais que des fragments dans un océan d'investigations. Votre livre manuscrit s'inscrit dans une problématique de l'éducation (conception d'un programme), qui s'inscrit elle-même dans l'évolution du savoir aux XVIIe et XVIIIe siècles, évolution mettant en concurrence sciences, philosophie et théologie.

D'abord et avant tout, deux personnes sont susceptibles de vous accompagner et/ou de vous orienter correctement, avec la garantie du résultat :

*Dominique Julia, directeur de recherches au CNRS, à qui vous pouvez écrire sans craindre de n'obtenir aucune réponse ( julia@ehess.fr ), quitte à demander un rendez-vous et à condition de lui présenter un "dossier" solide. Il exerce ses fonctions à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales : http://care.ehess.fr/document.php?id=553
Voici 4 de ses articles, deux consacrés à l'éducation pour la période qui vous intéresse, et deux consacrés au champ d'investigation qui concerne votre manuscrit :

  • L'éducation des ecclésiastiques aux XVIIe et XVIIIe siècles (1988)
  • Les Oratoriens de France sous l'Ancien Régime (1979)


  • Les sources de l'histoire de l'éducation (1974)
  • Une réforme impossible (1983) - On y trouve beaucoup de citations de d'Alembert, à comparer à celles de votre manuscrit.

*Brigitte Blanc
, ancienne chartiste, que vous pouvez contacter à cette adresse : brigitte.blanc@iledefrance.fr - elle a soutenu la thèse suivante en 1980, à l'École des Chartes, Les constitutions et l’observance de l’Oratoire aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris.

*A la Bibliothèque municipale de Lyon (ou bien aux Archives départementales (?) : http://archives.rhone.fr/ ), le Fonds Coste devrait pouvoir vous intéresser, on y trouve le carton Ms 1048, dans lequel se trouve un Mémoire contre les Pères de l'Oratoire et le P. Roman daté de 1792, année même de la mise à l'index de la partie théologique des Institutiones de J. Valla.

*
Dans la Revue d'histoire de Lyon, janvier-février 1911, un certain C. Latreille, Les Origines jansénistes de la petite église de Lyon, auteur d'un article (?), p. 43-50, écrit ceci :
Lyon, à la fin du XVIIIe siècle, comptait un certain nombre de disciples de Port-Royal. C'est à l'influence de l'Oratoire qu'il faut attribuer l'existence de ceux qui se plaisaient à s'appeler les Amis de la vérité. L'action combinée des Oratoriens de Juilly et des Oratoriens de Lyon explique la diffusion des principes religieux de l'école de Port-Royal, parmi les catholiques lyonnais. L'archevêque de Lyon Montazet les aida de tout son pouvoir. Desfours de Genetière faisait de nombreux voyages dans l'Isère pur répandre les principes jansénistes. Dans le Forez, la paroisse Saint Médard avait à sa tête deux prêtres jansénistes.


*Deux articles :


  • Émile Appolis, A travers le XVIIIe siècle catholique, in Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 6e année, N. 2, 1951, pp. 154-171, mentionne trois fois l'archevêque Montazet (avec une indication bibliographique supplémentaire donnée en note). Ce qu'il dit alimente l'hypothèse concernant votre manuscrit ;
  • André Latreille, Georges Guitton. Les Jésuites à Lyon sous Louis XIV et Louis XV ; activités, luttes, suppression (1640-1778) - c'est un compte rendu, mais il a le même intérêt que l'article plus haut.
Fichiers joints

Extrait de son livre, 8 pages consacrées à Joseph Valla et à la "Philosophie de Lyon" (fort intéressantes pour orienter la lecture du manuscrit)

Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.

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