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L'âme.

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Si l'on entend âme comme la chose qui anime un sujet, ne peut-on alors considérer l'âme comme étant tout simplement le sujet lui-même ?
Dès lors, animé par la force de sa propre volonté, comment un sujet pourrait-il être "enfermé dans un déterminisme" ?

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Monsieur Bleu a écrit:
Dès lors animé par la force de sa propre volonté comment un sujet pourrait-il être "enfermé dans un déterminisme " ?

Reste à déterminer si la volonté est l'expression de l'indétermination, ce qui n'est pas une évidence.

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Vangelis a écrit:
Monsieur Bleu a écrit:
Dès lors animé par la force de sa propre volonté comment un sujet pourrait-il être "enfermé dans un déterminisme " ?

Reste à déterminer si la volonté est l'expression de l'indétermination, ce qui n'est pas une évidence.

La volonté propre n'est qu'une illusion, nous n'avons en réalité qu'une toute petite marge de libre-arbitre... Quels sont alors les déterminismes qui nous emprisonnent sans que l'on s'en rende compte ?

Ce sont bien souvent des processus inconscients voire innés : la culture, l'éducation, nos gènes, notre architecture neuronale et hormonale en interaction avec l’environnement qui participent à ce que Piaget nomme les "schèmes" (schéma pré-inscrit), nos émotions pré-inscrites elles aussi et qui ancrent notre système de croyance en donnant naissance à nos sentiments, etc. D'autre part l'expérience de Milgram nous montre que nous sommes des êtres obéissants, on nous habitue dès notre naissance à nous soumettre à tout un tas de normes sociales, etc. Finalement il reste très peu de liberté et de volonté propre, pour moi nous avons tout un tas de comportements prédéterminés, comme dans le règne animal (éthologie)... Alors j'aurais tendance à penser qu'on est bien enfermé dans une forme de déterminisme, on ne peut lutter contre notre nature...

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L'éducation est innée ?

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JimmyB a écrit:
L'éducation est innée ?

Oui le libre arbitre existe mais il est conditionné par notre nature (de mon point de vue) donc en grande partie limité, même si les expériences empiriques viennent en partie modérer ce processus. Voici un petit texte de mon interprétation sur ce qui fonde le libre arbitre, c'est une interprétation :

Jean Paul Sartre nous dit que l'Homme a tout le temps le choix. Je n'en suis pas si sûr, je pense que le libre arbitre est une illusion, cette idée pourrait rassembler à la fois les psychanalystes en expliquant que ce libre arbitre est soumis aux lois de l'inconscient (qui se révèle toujours de façon voilée à notre conscient et pourtant influe sur nos choix sans qu'on s'en rende compte) et les psycho évolutionnistes dans les programmations génétiques innées propres à notre espèce...

Certains me disent : "pourtant nous sommes tous différents et nous pouvons faire des choix différents, même si l'on est soumis à des situations semblables..."
Alors, qu'est-ce qui fonde ce qui nous apparait être le libre arbitre ?

- d'abord ce que Jung nomme les archétypes fondateurs d'une civilisation, qui fondent notre inconscient collectif, cette notion est proche de la culture, des normes sociales et prend son appui sur différents outils : les contes, les mythes, la littérature, les fables, l'art... Cette notion serait, de mon point de vue, celle qui fonde l'organisation de nos modules d'émotions, qui nous préexistent... Je pense que ces modules sont communs (comme le dit Pinker) à tous les êtres humains, mais leur architecture, l'organisation de leur système est aussi influencée par la culture de la société dans laquelle on vit (c'est ce que je pense, une interprétation subjective)...
Je crois qu'il est possible de manipuler la culture, mais c'est très difficile (par exemple en orientant l'éducation des enfants ou les histoires qu'on leur raconte, la télévision et les médias ont sûrement un rôle à jouer, c'est ce que propose Huxley dans le meilleur des mondes, une société qui prend comme unique valeur fondatrice de sa culture : la consommation, l'argent, etc...

- Pinker nous dit que les émotions vont s'activer face aux expériences empiriques et former ce que l'on nomme nos sentiments, Aristote ajoute que cette transformation des émotions en sentiments amène le temps de l'action... Les sentiments nous donneraient la motivation suffisante pour agir... Alors, ici aussi il existe un élément sur lequel nous pouvons agir et qui est un des ingrédients du libre arbitre d'après moi, c'est la façon dont chaque individu dans sa singularité et subjectivement va gérer ses sentiments... Le libre arbitre serait en partie lié à la façon dont chacun déplace le curseur d'intensité des sentiments... Socrate l'a très bien compris intuitivement en proposant sa maïeutique, il a compris qu'il fallait à la fois agir sur la culture (le 1er point, d'ailleurs son élève Platon a écrit de nombreux mythes : mythes de la caverne, le mythe de l'Atlantide, etc.) mais aussi sur les croyances ; pour Socrate ces dernières sont fortement influencées par nos sentiments, il propose dès lors de questionner et de rencontrer l'autre dans la dialectique sans jamais affirmer, pour faire prendre conscience à son interlocuteur de l'intensité de ses sentiments et de leurs influences dans ses croyances... Mais nos croyances sont nécessaires, elles nous donnent des points de repère dans l'existence, alors faut-il les éradiquer ? Peut-on n'être fondé que par une raison pure ? Socrate a trouvé la solution par une méthode simple (que j'applique dans mon travail), il suffit d'évaluer tous les choix possibles dans une situation, d'en évaluer les probabilités et de choisir la probabilité qui paraît la plus élevée, si on se trompe après coup c'est qu'on aura mal évalué, et la maïeutique est là pour nous aider à comprendre ce fonctionnement.

En conclusion : la façon dont nous fonctionnons en tant que conscience propre dépend beaucoup de notre appartenance à notre espèce (inné), à notre culture (interaction avec l’environnement), mais aussi à la manière dont nous gérons l'intensité de nos sentiments (à la fois innés (émotions) et acquis (les sentiments qui naissent des interactions)...

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