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Qu'échangeons-nous dans l'échange ?

5 participants

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Sur le fond, je crois utile de préciser mon propos. Par « objet de l’échange » au singulier (« L'objet de l'échange déborde le strict contenu de la transaction »), j’entendais désigner le « ce sur quoi porte l’échange », sans préjuger bien entendu du nombre d’objets (matériels ou non) – deux, dix ou septante sept ! – que les protagonistes décident d’inclure dans la transaction : précisément, il s’agit ici d’établir la distinction avec le contenu de cette transaction. Rejoignant le propos d’Euterpe, je crois qu’un développement sur le thème de l’altérité – et plus précisément de la relation complexe entre l’autre et soi-même – pourrait ici trouver sa place : G. Marcel et P. Ricoeur n’auraient sans doute pas dit autrement !

Dernière édition par Euterpe le Mar 26 Juil 2016 - 19:02, édité 1 fois (Raison : Message modifié pour la cohérence du fil de discussion)

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Les diverses réflexions soulevées par ici rejoignent justement une des questions qui me préoccupent : on parle souvent de valeur créée par le travail et on oppose ce dernier au "capital" depuis que Marx a fait cette trouvaille.

Pourtant je dirais qu'en amont, ce qui crée la richesse ce n'est pas le travail mais avant tout l'échange marchand qui en est à l'origine. La demande (ou besoin) d'un produit va nécessiter sa fabrication, et le travail n'intervient en second lieu que pour satisfaire cette demande. L'employeur ne ferait pas appel à un salarié si personne ne souhaitait se procurer le bien à fabriquer. C'est donc bien l'échange initial (relation offre/demande = relations entre deux sujets) qui a produit la richesse et non le travail de fabrication, et le salarié en question ne fera que récupérer une partie de la richesse créée grâce à cet échange.

D'ailleurs le travail lui-même n'est-il pas aussi un échange ? On échange un peu de son temps libre, de sa fatigue, de son savoir faire... un peu de soi-même contre un salaire. En quelque sorte, on vend un peu de sa liberté contre rémunération. Mais ce dernier échange  n'est qu'une conséquence de l'échange de biens précédent, seul véritable créateur de richesses ou valeurs.

Et pour faire un dernier parallèle, le langage (et donc la pensée, et le savoir rationnel...) est effectivement lui aussi le résultat d'un échange intersubjectif et qui crée aussi de la valeur...

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Janus a écrit:
Pourtant je dirais qu'en amont, ce qui crée la richesse ce n'est pas le travail mais avant tout l'échange marchand qui en est à l'origine.

En effet, c'est du reste un élément important de la thèse de J. Baechler, sur les origines du capitalisme. Le développement du commerce appelle le travail.

Toutefois, quand vous dites ci-dessous :
Janus a écrit:
La demande (ou besoin) d'un produit va nécessiter sa fabrication, et le travail n'intervient en second lieu que pour satisfaire cette demande. L'employeur ne ferait pas appel à un salarié si personne ne souhaitait se procurer le bien à fabriquer. C'est donc bien l'échange initial (relation offre/demande = relations entre deux sujets) qui a produit la richesse et non le travail de fabrication, et le salarié en question ne fera que récupérer une partie de la richesse créée grâce à cet échange.
Vous oubliez un élément important, qui associe plus étroitement encore le commerce au travail : le marketing (la mercatique). Dans un marché à la fois hyper concurrentiel et pas indéfiniment extensible, on crée la demande, plus seulement de manière "mécanique" en multipliant l'offre (cf. l'époque du productivisme), mais aussi et surtout en convertissant le désir en besoin - ce qui donne lieu à des stratégies marketing agressives et intrusives. Ajoutons à cela certains secteurs comme l'industrie de la mode qui, par définition, ne peut proposer d'offre qu'en anticipant la demande - c'est un secteur essentiellement prospectif.

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Que la demande soit artificiellement gonflée par la "propagande", particulièrement dans certains produits comme notamment la mode, est un fait souvent dénoncé. Cela laisse peut-être supposer que l'excès de consommation est le nouvel "opium du peuple" des pays riches. Autrefois on demandait plutôt au peuple d'accepter la famine sans se plaindre en lui faisant miroiter qu'il serait récompensé dans l'au-delà à condition qu'il soit bien reconnaissant avec son seigneur protecteur et renonce à se plaindre ici-bas.
Mais finalement peut-être vaut-il mieux anticiper sur les "besoins" du peuple et l'inciter à manger plus qu'il n'a faim, plutôt que le convaincre que manquer de nourriture lui ouvrira les portes du paradis.

En fait ma remarque se limitait à faire observer que la création de richesses provient de l'échange et de la valeur "affective" attribuée par les acteurs de l'échange, bien plus que du travail en lui-même. L'objet à la mode en est justement un bon exemple : un objet à la mode hier et qui valait relativement cher ne vaudra plus rien plus tard lorsqu'il sera démodé. Pourtant la quantité de travail pour le faire, elle, est constante.

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NOU-JE a écrit:
Et la révolution industrielle ? La mécanisation ? La domination de l'énergie mécanique sur l'énergie humaine ? Les transformations des forces productives et des outils de la production ?
Vous ne pouvez pas dire que c'est l'échange en lui-même qui crée de la valeur ; ce qui créer de la valeur, c'est l'idée que nous nous faisons de cet échange.

Il était question dans mes explications d’un objet ayant perdu de sa valeur car devenu démodé : les questions de mécanisation et de révolution industrielle n'ont donc pas cours ici. L’objet échangé est resté le même, il a seulement perdu de sa valeur du fait de la perte d’intérêt de la part des sujets qui l’échangent. Disons que les sujets éprouvaient pour cet objet un désir ou besoin de niveau élevé, mais qu’ultérieurement vu que l’Autre n’en veut plus, je n’en veux plus aussi. Quand on sait que "le désir est le désir de l’autre", la valeur de l'objet va donc être influencée en réalité par un bien mystérieux commerce qui s’opère sans qu’on s’en aperçoive... entre des  inconscients…
Valeur de l'objet attribuée par une Idée (donc de l’esprit) : oui  effectivement c’est bien ce que je disais aussi, et non par la quantité de travail de type mécanique et matériel qui engendre un coût. Et on est ainsi  passé discrètement à un changement de nature de l’énergie échangée : de l’ordre matériel (travail) on est passé à l’ordre spirituel (échange).
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