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Le savoir est-il essentiel à la vie ?

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Silentio
Desassocega
6 participants

descriptionLe savoir est-il essentiel à la vie ? EmptyRe: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

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au fur et à mesure de ma découverte des philosophes et de leurs vies, je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leurs vies (dans le sens moderne).

Et encore, les philosophes s'en sortent plutôt bien sur ce point comparé aux artistes je trouve... Quand on voit la vie des poètes (Baudelaire, Rimbaud), des peintres (Van Gogh), des écrivains (Proust), etc.

la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?

Vous savez, je ne sais même pas si on peut vraiment dire que la philosophie soit utile. Ça me rappelle les mots d'Aristote, qui dans l'Éthique à Nicomaque dit explicitement que ce dont le philosophe s'occupe est inutile.

Mais la question est peut-être finalement : est-ce que la philosophie, pour être considérée, doit être utile à la vie ? Doit-on juger d'une chose quant à l'utilité qu'elle offre à la vie ? L’intérêt de la philosophie se limite-il à ce qu'elle apporte à notre existence ?

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jean ghislain a écrit:
je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leurs vies (dans le sens moderne)
Qu'est-ce que la réussite au sens moderne ? Par ailleurs, peut-être ont-ils réussi, au sens où ils ont mené une vie en accord avec leurs principes et leurs volontés. De plus, ne faut-il pas être philosophe pour élaborer un jugement sur la valeur d'une vie ? Le dernier mot ne revient-il pas au philosophe ? :roll: Cela dit, pour ma part, je suis d'accord pour dire que le philosophe, en tant qu'homme, est souvent inadapté au social, il peut être aussi maladroit que l'Albatros de Baudelaire parmi les autres - et pourtant majestueux dans les airs. Mais n'est-ce pas aussi la condition requise pour penser ? Qu'est-ce qui provoque la pensée ? Ne faut-il pas avoir du mal avec le quotidien ou vivre une situation d'écart ou d'errance pour que le réel devienne problématique ? Philosopher, n'est-ce pas en venir à prendre ses distances avec l'opinion, avec l'évidence ? Mais effectivement, bien vivre exige une croyance au monde, une confiance en soi, ou des certitudes.
jean ghislain a écrit:
Chercher la vérité, s'ouvrir vers l'absolu, voire Dieu, à quoi bon en définitive ?
Travailler, consommer, regarder la télévision, à quoi bon ? Qu'est-ce qui est mieux ? Que faire de notre vie ?
jean ghislain a écrit:
Je sais que certains philosophent pour le divertissement ou pour la culture, mais à ceux qui philosophent sérieusement je pose la question : la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
Philosopher pour le divertissement ou pour la culture je n'appelle pas ça de la philosophie, mais plutôt du divertissement et du snobisme. Quant à la question posée, non la philosophie n'est pas utile et n'a pas à l'être. La philosophie est une vocation, on rencontre quelque chose qui s'immisce dans notre vie. Il faut se débrouiller avec. Pourquoi serait-ce plus bizarre qu'un athlète qui se met à passer des jours entiers à s'entraîner en vue de concourir à des championnats, et ce durant toute sa vie, ou du moins pendant une ou deux décennies ? Est-ce plus utile ? N'est-ce pas aussi absurde en soi ?

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jean ghislain a écrit:
au fur et à mesure de ma découverte des philosophes et de leur vie, je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leur vie (dans le sens moderne).
Sartre, Aron, Camus, Merleau-Ponty, Heidegger, etc., ont-ils raté leur vie au sens moderne ? Si le sens moderne de la vie consiste à faire carrière, à être publié et écouté, ils ne l'ont pas ratée. A quels philosophes pensez-vous ? Et qu'entendez-vous par "vie moderne" ?

jean ghislain a écrit:
à ceux qui philosophent sérieusement je pose la question : la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
Si vous faites de la vie un objectif ou un but, et que vous ravalez la philosophie à l'un des moyens pour atteindre ce but, évidemment, la philosophie n'a pas grande utilité. Mais ça annule la question dans le même temps. Philosopher, c'est vivre. C'est vivre en se rapportant à la vie d'une certaine manière. Ça ne se voit pas, mais cela ne prouve pas qu'aucun des milliers de "professionnels" de la philosophie ne juge la philosophie comme vitale. Bien sûr, beaucoup la pratiquent de la manière que vous dites, mais certains y viennent pour des raisons vitales (mais pas comme on satisferait une passion, un pathos).

De toute façon, la philosophie n'a pas à être utile, ni même intéressante, encore moins nécessaire (quoiqu'elle ne soit pas comme les objets de luxe, ce qu'est la littérature à plusieurs égards). Elle est instructive (ou pas). Elle fait vivre ceux qu'elle instruit, qu'elle enseigne, mais pas en les rémunérant, la plupart du temps. Ce n'est pas un métier.

Dernière édition par Euterpe le Sam 30 Juil 2016 - 22:29, édité 1 fois

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Philosopher est vivre. Il s'agit d'une manière de penser, d'être. En fait, c'est une recherche perpétuelle de ce qu'est la Vie. "Le savoir est-il essentiel à la vie ?" De manière objective, le savoir n'est pas nécessaire pour vivre mais il s'agit là d'une vie naïve ou dans l'inconscience. Le savoir est utile aux êtres conscients d'eux-mêmes et du monde qui les entoure car ils recherchent un idéal de vie flou, et l'incompréhension de la vie simple qu'expérimentent certains ne leur suffit pas car finalement la vie est peut-être autre chose. Dans ce cas, pour chercher cette Vie, l'être va commencer par le savoir qu'il se doit alors d'acquérir dans l'espoir d'y trouver une réponse ou, au moins, un chemin. Le savoir devient alors nécessaire, non pour vivre mais pour exister.

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jean ghislain a écrit:
Loin de moi l'idée de rabaisser la philosophie à une contemplation dénuée de valeur. Pourtant, au fur et à mesure de ma découverte des philosophes et de leurs vies, je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leurs vies (dans le sens moderne). Chercher la vérité, s'ouvrir vers l'absolu, voire Dieu, à quoi bon en définitive ? Je sais que certains philosophent pour le divertissement ou pour la culture, mais à ceux qui philosophent sérieusement je pose la question : la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
Il est certain qu'un imbécile même cultivé et gavé de philosophie restera toujours un imbécile, et que donc ce dernier n'en tirera aucune utilité pour vivre puisqu'en tout état de cause il demeurera éternellement comme un cloporte, dans l'obscurité... :D
Trève de plaisanterie, je dirais plus sérieusement que la philosophie ne peut éclairer que ceux qui l'étaient déjà (éclairé) mais sans le savoir, et n'avaient plus qu'à effectuer un certain travail mental de découverte de la philosophie, pour mettre des mots sur leur "lanterne", découvrir des concepts (livrés par les philosophes) pour ce qui était déjà en eux mais "a priori", qui n'était qu'idée encore abstraite qui ne demandait qu'à "éclore".
Tout dépend d'où l'on part, pourquoi on veut en partir et vers quoi on veut aller, effectivement. Les philosophes seraient-ils des êtres qui partent malheureux ? Mais je crois en la vertu médicinale de la philosophie, c'est du réconfort pour les âmes, non ? Cet univers idéal, où tout s'explique par A+B, où l'on voit Dieu partout - qui nous aime, qui plus est ? Si la religion est l'opium du peuple, la philosophie serait-elle le médicament de l'élite?
On peut facilement imaginer que les philosophes (les vrais, à ne pas confondre avec ceux qui ne font que "pratiquer" la philosophie ou émettre des commentaires ou opinions sur les idées philosophiques) n'ont rien de malheureux dans la mesure où ils ne peuvent que se réjouir du haut niveau intellectuel et de l'immense capacité réflexive dont ils disposent (grâce à quoi ils ont été aptes à créer de nouveaux concepts philosophiques, ce qui leur a permis de mériter le qualificatif de philosophe). Alors disons plutôt que le philosophe crée le médicament qui ne pourra de toute façon "soigner" (donner la vue) uniquement qu'à une certaine "élite" qui a déjà une prédisposition en matière de "lumière".
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