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La distinction entre la "gauche" et la "droite".

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Etéocle
Baschus
Silentio
13 participants

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Silentio a écrit:
Il n'y a pas de gauche ou de droite en soi. Il y a des mouvements singuliers, des gauches et des droites, des traditions historiques et des variations, des écarts, des partis qui émergent au centre d'influences différentes et répondant à des contextes nouveaux.

Je suis complètement d'accord avec ce que Silentio affirme, et je reste persuadé que la politique comme l'a montré il y a déjà longtemps Jacques Ellul est une illusion  bien incapable de "changer la vie" comme l'ont cru bon nombre de romantiques qui se situent naturellement à gauche.

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La différence entre la droite et la gauche n'existe plus. On le voit les gouvernements des pays Européens de droite mènent la même politique que les gouvernements de gauche. Il y a eu abandon à droite comme à gauche. A droite abandon de la nation, à gauche abandon du peuple. Au nom de quoi ? De la raison. Le néolibéralisme tout comme le marxisme avant lui se veut scientifique, il y a une élite qui prétend détenir la raison, le savoir et le peuple "qui ne sait pas" est sommé de suivre. C'est un grand danger pour la démocratie. Car celle-ci suppose la liberté de choix or quelle liberté de choix reste-t-il lorsque quelqu'un prétend détenir la raison, sauf à être fou? Lors du référendum de Lisbonne les Hollandais, les Français ont voté non, pourtant il est là. Avec la crise nous voyons des gouvernements pourtant dépositaire de la volonté populaire obéir à des agences de notations, des organismes, d'autres gouvernements. Nous assistons à une soviétisation de l'Europe.

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Baschus a écrit:
Venons-en aux représentations individuelles. Il est difficile pour les individus de définir précisément leur point de vue politique lorsqu'on leur demade. Ainsi, l'étiquette "de gauche" ou "de droite" est une distinction paresseuse que l'on verrait "à peu près" sans pour autant être capable de la définir exactement. Toutefois, ce n'est pas une identité fixe : comme l'a montré une théorie sociologique, l'identité est fluctuante en fonction du contexte, des interactions et du milieu social. C'est-à-dire que l'on sera perçu différemment en fonction des circonstances et des individus que l'on côtoie dans certaines situations(les collègues, la famille, les amis, etc.). C'est relatif : on sera perçu comme étant de "gauche" ou de "droite" en fonction de la sensibilité des personnes à qui l'on a affaire


Wiipedia a écrit:
L'origine historique de ce clivage se trouve dans un vote ayant eu lieu en France à l’Assemblée nationale d'août-septembre. Lors d'un débat sur le poids de l'autorité royale face au pouvoir de l'assemblée populaire dans la future Constitution, les députés partisans du veto royal (majoritairement ceux de l'aristocratie et du clergé) se regroupèrent à droite du président (position liée à l'habitude des places d'honneurs). Au contraire, les opposants à ce veto se rassemblèrent à gauche sous l’étiquette de « patriotes » (majoritairement le Tiers état)

C’est l’origine de cette tradition : au Palais Bourbon, les députés sont placés à droite ou à gauche du président, selon leur appartenance politique.

Depuis cette origine, la gauche et la droite fluctuent à tel point qu’on ne sait plus les définir. Et si, chez l’individu, elles étaient l’expression d’un choix existentiel ? La droite rechercherait ce qui est au plus près de l’ego, du « moi-ici-maintenant », tandis que la gauche tendrait vers l’opposé, le « nous-universel-pérenne ». Cela ne signifie pas que le bien serait à gauche et le mal à droite. En effet, on peut adopter des valeurs de droite parce qu’on les juge plus réalistes, et inversement. On peut aussi entrer au parti communiste pour faire carrière, ou du moins pour améliorer sa condition personnelle, surtout si on vit dans un régime communiste.

Par ailleurs, de même que tout individu compose avec des tendances opposées, les unes égoïstes, les autres altruistes, les choix politiques sont toujours composites : plus ou moins de droite, plus ou moins de gauche, même dans les cas extrêmes. Ainsi, quand Hitler introduit le mot socialiste dans son parti, il fait un pas à gauche ; quand il décide d’éliminer les êtres et les peuples qu’il considère comme nuisibles ou parasites, il fait un grand pas à droite ; quand il veut assurer au peuple allemand mille ans de bonheur, il va un peu à gauche ; quand il décide que les vaincus seront assujettis au Grand Reich, il plonge à droite.

Ainsi, selon mon hypothèse, les notions de gauche et de droite seraient liées à la nature humaine et vouées à fluctuer indéfiniment.

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Georges Réveillac a écrit:
la gauche et la droite fluctuent à tel point qu’on ne sait plus les définir.
Vous l'avez rappelé, la distinction entre la gauche et la droite est celle que fit le premier président de l'Assemblée constituante. Cette distinction de circonstance ne signifie pas pour autant qu'on ne puisse établir des distinctions claires si on tient compte de l'histoire. Les bancs de l'assemblée ne bougent pas. Les hommes peuvent le faire, mais une assemblée où les parlementaires bougeraient systématiquement au gré des débats qui solliciteraient un coup leur "nature" de gauche, un coup de droite, une telle assemblée serait intenable. La seule chose qui puisse défiler, bouger sans nécessiter le déploiement de toute une logistique, ce sont les idées. Mieux vaut consulter l'histoire, donc, qui permet d'aller encore plus loin que vous ne faites vous-même en essayant de montrer que chaque individu est un composé de "droite" et de "gauche", à la fois égoïste et altruiste. Bien sûr, nous sommes à la fois les deux, mais vous figez à votre tour ce que vous disiez justement ne pas pouvoir figer. On peut être un monstre communiste, on peut être un inoffensif de droite. Quand Staline provoque la famine que l'on sait dans les années trente, en Ukraine, et qui a provoqué des millions de morts, est-il de "droite" ou de "gauche" ? Quand il envoie au goulag des millions de personnes, dont 17 millions décèderont sous son "règne", est-il de "droite" ou de "gauche" ?

Aux États-Unis, il n'y a pas de gauche, uniquement des démocrates ou des républicains. L'altruisme n'y existe pas ? Savez-vous comment on appelait les démocrates (les républicains), dans la première moitié du XIXe siècle ? Les libéraux exagérés. Benjamin Constant siégeait à la droite des exagérés, à la gauche du centre (les libéraux). Or qu'a-t-on retenu de B. Constant ? Son "individualisme" : l'individu comme sphère absolument privée, interdite aux prérogatives de l'État. Et dire qu'un génie politique de sa trempe ne saurait pas où siéger aujourd'hui...


Pour ceux qui prétendent qu'on ne peut plus faire de différence entre droite et gauche (modernes), au motif que la gauche s'est "droitisée", si j'ai bien compris, outre le contre-exemple américain, vous avez le contre-exemple anglais, pour voir que cette indistinction prétendue est fallacieuse. Voilà deux grands pays caractérisés par un bipartisme très net, et que personne n'aurait l'idée de mettre au ban de la démocratie au motif qu'on n'y trouve pas une gauche à la française (le socialisme). Le problème vient plutôt de ce que les sociaux-démocrates français ne sont pas acceptés chez nous comme ils le sont ailleurs. Nous, et nous seuls, rêvons encore du rêve d'une gauche qui n'est plus qu'un objet historique (monde bipolaire, industriel, etc.). Les royalistes, qui ont aussi leur ridicule, quoique ou parce qu'ils sont réduits à une quasi inexistence, ne font pas tant de manières ; ils auraient pourtant mille raisons de réclamer des titres et une existence politique, si on se réfère à l'histoire.

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On peut dire que la droite se reconnait toujours au conservatisme, disons un certain conservatisme, imaginaire, plus ou moins affirmé, le "c'était mieux avant", mais qui n'a rien à voir avec la vérité historique. Hier je voulais me renseigner sur un candidat aux primaires républicaines (USA), Mitt Romney, je ne connaissais pas grand-chose de lui, mais je savais déjà ce que je trouverais chez lui comme convictions : religion, peine de mort, rigorisme moral, nationalisme, militarisme. Le tout bien évidemment coloré par le pays et l'Etat (mormon) où il a été élu. En France, la droite défendra l'idée de nation dans sa continuité historique (ce qui est un paradoxe, l'histoire étant un devenir), donc l'opposition aux étrangers, aux moeurs nouvelles ou venues d'ailleurs (l'Islam...), la morale, mot qui en soi veut dire tant de choses, réduit ici à sa portion congrue de "sévérité des moeurs". La culture sera laissée de côté, car jugée dépravante. Mais, coloration nationale oblige, elle garde quelques valeurs révolutionnaires qu'on attribue à la gauche, parce qu'elle les a reprises à son compte, dont la devise du drapeau français, pourtant contradictoire avec les valeurs de droite que j'ai énumérées ci-dessus. En effet, la droite française ne peut pas revenir à l'Ancien Régime, pas plus que les Républicains états-uniens ne peuvent revenir à la guerre de sécession. Néanmoins, par son action et ses manières, elle essaiera de rappeler l'autoritarisme de jadis. La gauche, bien qu'elle se réclame d'une histoire beaucoup plus courte, tombe dans la même caricature en se référant elle aussi à un passé imaginaire et idéalisé. Le point commun de ce bipartisme est donc l'incapacité à vivre dans le présent et à créer pour l'avenir, sans doute un signe de la sénilité de nos nations occidentales vieillissantes.
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