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Spinoza pas à pas : les DEFINITIONS ; I

4 participants

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Bonjour, je souhaite comprendre le texte de Spinoza, si possible. Mes connaissances philosophiques étant limitées, peut-être est-ce prématuré de commencer par tel auteur? Néanmoins, je tente, et commence naturellement par la première définition de l'Éthique :

"Par cause de soi, j'entends ce dont l'essence enveloppe l'existence, autrement dit, ce dont la nature ne peut se concevoir qu'existante".

Pour cette première définition, je désire m'accorder sur l'idée que se fait Spinoza, et l'idée plus générale que l'on s'en faisait à l'époque, des mots "essence", "existence" et "nature". Enfin, je voudrais m'entendre sur cette idée de conception.
Cela étant, prise comme telle, et seulement comme telle, à ce stade du livre, je conçois cette première définition comme ceci : quelque chose, peu importe la chose qu'elle soit idée, pensée ou élément concret de l'expérience, ou combinaison de ces éléments, quelque chose donc que je suis incapable d'imaginer in-existante.
Ici se profile une première difficulté (outre les soucis de définition évoqués plus haut) : de prime abord, l'on parle ici d'une chose objectivée hypothétique ("ce dont", "ce qui" est cause de soi, tout en rappelant fermement que Spinoza n'affirme pas l'existence d'une telle chose à ce stade), et d'une conception que l'on peut difficilement imaginer être autre chose qu'une conception vécue en interne (j'évite le mot "subjective"). Difficile ici de ne pas considérer une forme ou l'autre de dualité ("ce" qui est attribué et "celui" qui dispose d'une conception), même si la référence au vécu interne semble circonscrire la définition au seul domaine interne du vécu personnel.
Je retiens donc à ce stade que cette définition serait en quelque sorte une double hypothèse. (H1) : Si une chose cause de soi existait, c-à-d une chose qui par essence ne pourrait qu'exister, alors la conception que l'on aurait de sa nature, dans l'hypothèse (H2) où cette nature nous serait accessible, cette conception ne pourrait pas nous montrer autre chose que cette caractéristique d'existence nécessaire.

Qu'en pensez-vous? Quelles rectifications devrais-je envisager à ma compréhension, à ce stade?

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Bonsoir.

Pour commencer par le début, comprenez-vous ce qu'il veut dire par "cause de soi" ? Qu'est-ce qu'une "cause de soi" ?

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PhiloGL a écrit:
Bonsoir.

Pour commencer par le début, comprenez-vous ce qu'il veut dire par "cause de soi" ? Qu'est-ce qu'une "cause de soi" ?


Tel est précisément l'objet de ma question, la compréhension de sa définition de "cause de soi".

Je cherche à atteindre, dans la mesure du possible, la pensée de l'époque. Si l'exercice s'avère concluant pour cette première définition, je m'attellerais volontiers aux suivantes.

Merci pour votre aide.

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Bonjour.

Je tape "cause de soi" sur Google et je constate que cette "cause de soi" n'a pas laissé tout le monde indifférent :

Ce qui existe peut être causé par autre chose, comme c'est le cas d'un corps fini quelconque dont l'existence n'est pas concevable sans l'existence d'autres corps et de l'étendue en général. Mais ce qui existe peut également être cause de soi, comme c'est le cas de Dieu en raison de son infinité car il n'existe rien en dehors de ce qui est absolument infini et rien ne peut donc en déterminer l'existence. Ce qui explique l'existence d'un tel être infini ne peut alors être un autre être que lui-même, c'est donc lui-même, autrement dit son essence, qui explique son existence. D'où la première définition de l'Éthique : « Par cause de soi j'entends ce dont l'essence enveloppe l'existence, autrement dit, ce dont la nature ne peut être conçue autrement qu'existante. »


Vous retrouverez facilement la page Wiki.

Dernière édition par Zingaro le Mer 5 Sep 2018 - 1:44, édité 1 fois (Raison : Modération)

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Bonjour Romuald.

Spinoza est un philosophe austère et, partant, difficile. Et, parmi toutes ses oeuvres, l'Éthique est, manifestement, la plus difficile. Cela tient autant à un vocabulaire très technique (qui emprunte beaucoup à celui de la scolastique) qu'à une méthode déductive ("more geometrico demonstrata", "démontrée d'une manière géométrique") rarissime en philosophie. Et pourtant, paradoxalement, tout au long de son oeuvre, l'objet de son propos est toujours la joie, raison pour laquelle sa préoccupation constante, dès ses premiers écrits, est toujours l'éthique, c'est-à-dire la voie à suivre pour parvenir et, si possible, conserver, la joie. En ce sens, l'Éthique est, en quelque sorte, le chef d'oeuvre (au sens premier d'une pièce exceptionnelle qui couronne les efforts d'un compagnon et le fait accéder à la maîtrise de son art) de Spinoza. Chef d'oeuvre qui, si l'on en juge par le nombre de chercheurs en sciences sociales qui y font référence (cf. le précédent fil de discussion sur Spinoza), est d'une brûlante actualité.

Cela dit, si vous débutez la lecture de Spinoza, je vous conseille de commencer par des ouvrages moins ardus comme le Traité Théologico-Politique ou le Traité Politique, ou encore ses Lettres : son objet y est le même que dans l'Éthique, mais les difficultés conceptuelles y sont plus diluées et le style plus littéraire, moins ascétique. Par ailleurs, il y a, sur l'oeuvre de Spinoza, une débauche impressionnante de commentaires : nul doute que, le cas échéant, vous en trouviez en librairie (évitez Google et Wikipedia) un qui vous conviendra. Malgré tout, si vous commencez la lecture de l'Éthique, je vous conseille de lire, dans l'ordre, d'abord la troisième partie (les passions), puis la quatrième (la servitude humaine), puis la cinquième (la liberté humaine), enfin de revenir à la première (Dieu) et à la seconde (l'esprit).

Si, maintenant, puisque la difficulté ne vous rebute pas, l'on en vient à l'objet initial de votre question, force est de constater que ce que vous dites comprendre de la première définition de la première partie de l'Éthique est loin d'être absurde. Vous dites :


Je retiens donc à ce stade que cette définition serait en quelque sorte une double hypothèse. (H1) : Si une chose cause de soi existait, c-à-d une chose qui par essence ne pourrait qu'exister, alors la conception que l'on aurait de sa nature, dans l'hypothèse (H2) où cette nature nous serait accessible, cette conception ne pourrait pas nous montrer autre chose que cette caractéristique d'existence nécessaire.


Est cause de soi, en effet, l'être qui possède l'existence nécessaire, celui dont la seule essence, dès lors qu'un esprit peut la concevoir (ce qui est le cas : Spinoza prouve la concevabilité en concevant, de même qu'Héraclite prouvait le mouvement en marchant) enveloppe nécessairement l'existence. Cause de soi  s'oppose, chez Spinoza, à cause efficiente qui, comme chez Aristote, désigne une relation mécanique contingente déterminée de et par l'extérieur. En tout cas, le propos de Spinoza est catégorique et non pas hypothètique (encore moins contrefactuel) comme vous avez l'air de le supposer. Mais tout, dans la suite de l'ouvrage, va contribuer à ancrer la pertinence de cette première définition.
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