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Le travail.

4 participants

descriptionLe travail. - Page 3 EmptyRe: Le travail.

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Le Vicaire a écrit:
Liber a écrit:
Or, là où nous perdons beaucoup, c'est justement que tout ce qui a été créé de grand et de beau autrefois venait de cette capacité à être paresseux, y compris dans le travail, dont les Anciens savaient faire un loisir.


C'est ce qu'avance Bertrand Russel dans son Eloge de l'oisiveté, c'est la "paresse" des Anciens qui a sorti l'humanité de la barbarie en sachant cultiver les activités les plus humaines. Pour aller plus loin la paresse serait même la philosophie pratique de l'intelligence... Mais évidemment le malheur de l'homme est bien de ne pas pouvoir tenir en place seul dans une chambre pour paraphraser Pascal et donc de sombrer dans un excès de divertissement qui aujourd'hui fait du travail et de la consommation qu'il permet, la seule fin de notre post-modernité. Tout se complique alors dans une société qui est fondée sur le travail mais qui n'en donne plus pour tous et qui éduque ses enfants dans cette obsession du travail sans pour autant leur garantir qu'ils en auront un. Dès lors la question d'accepter n'importe quel travail devient crucial, car un formidable exercice de culpabilisation s'exerce sur les individus qui en sont privés pour qu'ils acceptent le premier travail venu. Ma question est de savoir si c'est bien la "dignité" d'un certain type de travail qui est en question et si la paresse intellectuelle d'un Eichmann mais aussi de chacun d'entre nous pourrait nous pousser à accepter une activité que la conscience refuse. ;)

Oui, on le voit, le piège circulaire dans la possible inversion entre cause et conséquence : plus on fait l'éloge du loisir, moins on encourage le travail et conséquence : moins il se crée d'emplois... mais ensuite l'insuffisance d'emplois va devenir un prétexte (une cause) qui va justifier le découragement à l'effort... cercle vicieux de la malice...

Sans oublier au passage que la noble paresse des Anciens était possible grâce au travail réservé aux esclaves.

descriptionLe travail. - Page 3 EmptyRe: Le travail.

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Janus a écrit:
plus on fait l'éloge du loisir, moins on encourage le travail

Mais parce que loisir et travail ne devraient faire qu'un ! C'est la séparation entre le travail censé être pénible (cf. l'origine du mot) et le loisir, censé être une récompense pour cette peine, qui pose problème aujourd'hui. Ainsi, vous ne pouvez plus vous épanouir ni dans l'un ni dans l'autre. Il faudrait au moins prévoir des loisirs enrichissants pour l'esprit, et non un délassement.

Sans oublier au passage que la noble paresse des Anciens était possible grâce au travail réservé aux esclaves.

Ici vous revenez à la période décadente, à partir d'Auguste. Prenez plutôt Caton l'Ancien, qui correspondrait davantage à ma vision de la paresse, c'est-à-dire le travail continu de l'aube jusqu'au crépuscule, travail lent et adapté aux rythmes de la vie humaine.

descriptionLe travail. - Page 3 EmptyRe: Le travail.

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Liber a écrit:
Mais parce que loisir et travail ne devraient faire qu'un ! C'est la séparation entre le travail censé être pénible (cf. l'origine du mot) et le loisir, censé être une récompense pour cette peine, qui pose problème aujourd'hui. Ainsi, vous ne pouvez plus vous épanouir ni dans l'un ni dans l'autre. Il faudrait au moins prévoir des loisirs enrichissants pour l'esprit, et non un délassement.
Mais comment le travail dit pénible a-t-il été réduit ? Grâce aux méninges et au travail des ingénieurs qui l'ont automatisé avec leurs machines... et du coup on a pu réduire le temps de travail.

Ici vous revenez à la période décadente, à partir d'Auguste. Prenez plutôt Caton l'Ancien, qui correspondrait davantage à ma vision de la paresse, c'est-à-dire le travail continu de l'aube jusqu'au crépuscule, travail lent et adapté aux rythmes de la vie humaine.
La référence du bien serait donc une "vie lente" et un "travail lent", avec de nombreuses pauses café ?

descriptionLe travail. - Page 3 EmptyRe: Le travail.

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Je n'ai malheureusement pas le temps de participer au débat, mais je vous conseille de lire Marx, bien entendu (notamment la conférence Travail, salaire et capital, 1849), et les ouvrages d'André Gorz.

descriptionLe travail. - Page 3 EmptyRe: Le travail.

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Bon moi je dis qu'on ne peut pas accepter n'importe quel travail dès lors que la conscience mesure la véritable fin, non du travail mais de l'homme :

1 - Le travail n'est pas naturel il est construction sociale et rapport de domination (contre la nature ou contre la culture), peine, effort et douleur. Il ne vaut que s'il est soumis à la loi d'une conscience qui se réalise en lui-même.
2 - Un travail est jugé digne dès lors qu'il n'est pas motivé par un enrichissement et une exploitation à des fins purement égoïstes contre le consentement d'autrui. Il est donc un rapport social, politique, culturel qui répond d'abord à la question : "Qu'est-ce que je fais ?"
3 - Le travail n'est digne que s'il est proprement ce qui rend humain donc otium c'est-à-dire un non... travail, à la limite une activité et non un travail au sens moderne.
4 - Le motif du travail c'est de subvenir aux besoins élémentaires, il est un échange entre un effort intellectuel ou manuel (ou les deux) contre un salaire. Le salaire n'est pas le résultat du travail, le résultat du travail, c'est le travail lui-même.
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