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L'évolution.

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nnikkolass
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ksinok
7 participants

descriptionL'évolution. EmptyRe: L'évolution.

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Parousia a écrit:
Tandis que tout est particulièrement plus difficile à saisir dans ce domaine chez l'homme "civilisé".

Je ne comprends pas en quoi l'homme civilisé échappe aux lois de Darwin ? Pourriez-vous nous éclairer ?

descriptionL'évolution. EmptyRe: L'évolution.

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Où en est l'évolutionnisme aujourd'hui ?

descriptionL'évolution. EmptyLe mouvement évolutionniste de Darwin

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Je ne sais pas si c'est le bon endroit pour poster ma fiche sur le mouvement évolutionniste, je laisse le soin aux modérateurs de la déplacer s'ils le jugent utile.

Je vous transmets une fiche résumée que j'ai écrite et sur laquelle je m’appuie parfois pour mes recherches, j'espère qu'elle vous intéressera.

Le mouvement évolutionniste :
2 thèses s'affrontent :
- la théorie de « la page blanche » (tout culturel) : les comportements humains sont expliqués par la culture et l'éducation.
- la théorie du tout biologique : tout est déjà écrit par la biologie, l'hérédité, les prédispositions qui expliquent les comportements humains... (voire le film « un fauteuil pour deux »)

Jusque dans les années 1980 la théorie de la page blanche règne en maître. C'est l'époque du comportementalisme triomphant : tout est affaire de dressage, de conditionnement, d'éducation, ce qui a été appris de travers comme les phobies peuvent donc se désapprendre par des thérapies appropriées. Les excès du conditionnement ont été très bien dénoncés dans le film de Stanley Kubrick, Orange mécanique (1971).

En France, en particulier, des psychanalystes développent l'idée que la parole peut « tout traiter » : "l'enfant naît dans un bain de langage" d'après Jacques Lacan. Tout nos maux sont dus à une parole qui s'est mal passée, des non-dits... On traite alors les psychoses par la parole et on accuse la mère (Cf. Bruno Bettelheim). Les excès de la psychanalyse sont dénoncés dans Le livre noir de la psychanalyse paru en 2005.

La psychologie du développement sous l'impulsion de Jean Piaget tombe aussi dans certains travers : pour lui l'enfant se construit en s'affrontant à son environnement. La part de l'inné dans sa théorie des stades est extrêmement réduite.
Du point de vue sociologique, la tendance à expliquer, d'une manière quasi exclusive, la délinquance par l'environnement, dans les années 70/80, participe du même état d'esprit.


En 1975 Edward Obson Wilson publie un ouvrage qui va « détonner », attaquer de partout ! Le titre en anglais Sociobiology : The New Synthesis. Il se situe dans la lignée de Darwin et de l’éthologiste Konrad Lorenz. Il émet l'hypothèse, que les mécanismes de l'évolution expliquent les comportements sociaux de l'homme, comme ils le font déjà pour les animaux. On l'accuse de « réductionnisme biologique » et de favoriser l'immuabilité des classes sociales et même, le racisme. Certains de ces arguments sont utilisés par l'extrême droite, ce qui finit de le discréditer. En 1989 Leda Cosmides et John Tooby refondent la sociobiologie et la nomme : Psychologie Évolutionniste (PE), en faculté on l'enseigne dans le département de l'écologie comportementale.

Ils élaborent 5 principes utilisés par la PE :
1. le cerveau est un système physique
2. nos circuits neuronaux ont été conçus par la sélection naturelle pour résoudre les problèmes que nos ancêtres ont connus pendant l'histoire de l'évolution de notre espèce.
3. la conscience n'est que le haut de l'iceberg. La plus grande partie de ce qui se passe dans notre cerveau nous est caché.
4. des circuits neuronaux (modules) se sont spécialisés pour résoudre des problèmes adaptatifs différents.
5. le Mismatch (manque d'accord, union ratée) : notre cerveau date de l'âge de pierre, il n'a donc pas été sélectionné pour vivre dans l'environnement que nous connaissons aujourd'hui (ce qui expliquerait, entre autre, la prolifération des maladies psychologiques dues au stress).

Un livre a fait beaucoup parler de lui : Le gène égoïste de Richard Dawkins (1976) : l'environnement culturel sélectionnerait les idées comme l'environnement physique sélectionne les meilleures mutations chez les espèces vivantes. Elles se transmettraient de cerveau à cerveau. Comme les virus lors d'une épidémie : c'est la théorie des « mèmes ». Les idées seraient vivantes et chercheraient elles aussi à survivre....

Deux courants existent dans la PE :
1. Un courant issu de la sociobiologie et de l'éthologie humaine qui s'applique surtout aux affects :
- émotions
- conduites morales
- comportements amoureux
2. Un courant issu des neurosciences qui étudie essentiellement :
- la perception
- le raisonnement
- la mémoire
- la conscience
- le langage

Voici différents sujets de la PE : les émotions, la sexualité, la famille, la coopération, la violence, l'intelligence, le langage, la religion, la culture, la morale, la psychiatrie, etc...

1. Les émotions
Dans les années 1970, Paul Ekman et son équipe parcourent le monde pour montrer à des populations de toutes origines des photos de visages exprimant des émotions typiques. 6 émotions fondamentales vont être reconnues par toutes les populations quelle que soit leur culture. Elles semblent bien être inscrites en nous par l'évolution, comme le pensait déjà Darwin, et non pas apprises, même si la culture peut les moduler.

Les émotions sont un moyen de communication hérité de nos ancêtres mais il en existe bien d'autres comme la communication non verbale.

2. La sexualité :
Dès lors qu'un gène permet de maximiser le nombre des descendants de l'homme ou de la femme qui le porte, il a plus de chance de se retrouver dans les générations futures. Ces gènes qui portent en eux un avantage sélectif se répandent petit à petit dans la population et influent sur notre anatomie, notre physique et notre comportement. Comme le dit Dawkins dans son livre Le gène égoïste : « tout se passe comme si ce n'était pas l'homme qui était important, mais le matériel génétique dont il est porteur »

Cependant l'explication par les seuls mécanismes de la sélection naturelle est insuffisante. Comment justifier la présence de caractéristiques qui désavantagent un animal et qui pourtant sont indispensables à sa reproduction ? C'est le cas, remarque par exemple Darwin, pour la queue du Paon. Elle le désavantage pour se protéger de ses prédateurs et pourtant elle a été démesurément allongée par la sélection. Il émet alors l'idée que, parallèlement à la sélection naturelle un autre mécanisme joue : celui de la sélection sexuelle. La question du choix du partenaire, donc de la séduction et du mensonge se pose. Un mauvais choix signifie le dépérissement de la lignée, alors qu'un bon choix va lui assurer une large descendance. Beaucoup de comportements de couple seront déterminés par cette nécessité.

C'est la théorie du « handicap » (en anglais « hand in cap », main dans le chapeau, en rapport avec les courses de chevaux à handicap qui faisaient monter les cotes) : les femelles préfèrent ces mâles dotés de signes démonstratifs qui risquent de réduire leur survie, car ils révèlent, sans tricherie possible, leur capacité à s'imposer malgré un « handicap ». Ils sont donc prometteurs de bons gènes et de protection, si nécessaire pour la progéniture. Par contre après la copulation terminée, la vie du mâle n'a plus d'importance, demandez à la mante religieuse ?

Chez les humains :
- critères de fécondité fréquemment admis chez la femme : beauté, jeunesse, santé
- pour les hommes, la beauté n'est pas aussi essentielle que chez les femmes : chez l'homme c'est bien plutôt le statut social (un bon chasseur pour faire survivre la famille et les enfants). Pour les jeunes hommes sans grand statut social, ils mettent en avant leurs ambitions, ce qui sera gage de succès également auprès des femmes. Il faut aussi montrer au moment présent qu'on est le plus fort, le meilleur, un des moyens pour faire étalage de cela est d'après Amotz Zahavi la prise de risque, qui est l'une des caractéristiques de la jeunesse (âge ou l'on a peu de ressources mais où le besoin de conquérir un partenaire est intense).

Pour ce sujet, je vous conseille soit Lucie Vincent, Comment devient-on amoureux ? (Lucie Vincent est une chercheuse française qui cherche surtout à vulgariser la PE la rendant accessible au plus grand nombre), ou l'ouvrage de référence dans la PE d'Hélène Fisher, L'histoire naturelle de l'amour (1994)

3. La famille :
Martin Daly et Margo Wilson ont montré que chez les humains, la maltraitance des enfants est très nettement supérieure dans les familles recomposées pour les enfants du premier lit. Selon eux cela dénote l'expression d'une nette préférence naturelle pour sa propre progéniture au détriment des enfants issus d'une précédente relation de son partenaire.

4. La coopération :
C'est le mécanisme de l'altruisme réciproque qui favorise l'instinct de coopération. En effet, les groupes qui manifestent de la solidarité (pour protéger les petits et chasser) ont plus de chances de se reproduire... voir pour ce sujet : la théorie de « la somme non zéro » et « le Tit for Tat » (donnant-donnant) l'altruisme réciproque aurait-il été sélectionné parce qu'il enrichit celui qui donne ?

5. La violence :
Pour Steven Pinker on ne peut expliquer la violence seulement par des facteurs sociaux, pour lui elle est inhérente à l'homme et fait également partie de notre héritage génétique.

6. L'agressivité :
Elle est une loi générale de la Nature y compris pour notre espèce. Elle a été un élément important dans le développement de notre espèce par rapport aux autres et, également, dans la sélection des plus forts à l'intérieur de notre espèce.
2 types de déclenchement d'agression de type guerre ont été étudiés par la PE :
- Quand il n'y a pas assez de femmes disponibles pour les jeunes hommes dans une société.
- Si le pourcentage de jeunes dans une population est élevé, le risque de conflit augmente.

7. L'intelligence :
L'évolution nous aurait doté, comme elle l'a fait pour les autres espèces, d'un équipement mental de base, d'une sorte de boîte à outils intellectuelle divisée en modules spécialisés adaptés chacun à une fonction précise.

Exemple pour le nouveau né : il disposerait d'un équipement inné dans les domaines suivants : la permanence de l'objet (contrairement à ce que pensait Piaget, elle apparaît dès les premiers mois), la catégorisation, la numérisation, la causalité intuitive, la reconnaissance des visages, et un peu plus tardivement la TOM (theory of mind : les inférences, capacité à reconnaître les intentions d'autrui, que j'ai beaucoup étudiée concernant plus particulièrement l'autisme, d'après Chevalier, en 2012 les personnes autistes auraient la même capacité de TOM que tout le monde (c'est un pavé dans la mare, jusque là on pensait qu'elle était dysfonctionnelle dans l'autisme), mais que les personnes autistes n'auraient pas d'intérêt à échanger avec l'autre, ne cherchant pas de récompense sociale dans l'échange, utiliser sa TOM n'aurait pour eux que peu d'intérêt, cette vision des choses pourrait changer la façon de traiter l'autisme...).

8. Le langage :
Noam Chomsky a été le premier à affirmer qu'un enfant apprend à parler comme il apprend à marcher. Un autre linguiste, Steven Pinker, a confirmé cette idée plus récemment, dans un livre au titre un peu provocateur : L'instinct du langage. Ils soutiennent, tous deux, que le langage humain n'est pas seulement une invention culturelle acquise et transmise de génération en génération. Les enfants font partout très aisément et spontanément cette acquisition malgré la complexité des règles et le nombre de mots à acquérir. Quand ces enfants n'ont pas été immergés dans « un bain de langage », ils en inventent un, un vrai avec des règles et sa syntaxe, Chomsky pense qu'il existe un module spécialisé du cerveau réservé au langage (cf. hypothèse de la théorie modulaire de l'esprit développée par Jerry Fodor).
Les expériences prouvent qu'un groupe de jeunes corneilles mises ensemble sans leurs parents va créer un nouveau langage (les corneilles ont un langage propre à leur espèce mais qui est différent d'un groupe à l'autre, et c'est aussi avec le chimpanzé et l'éléphant un des rares animaux à pouvoir utiliser un méta outil), cela signifierait que les corneilles comme les humains auraient des prédispositions au langage.

9. La religion :
La religion ? Là encore, pour les néodarwiniens, la sélection naturelle a favorisé, parmi nos ancêtres, ceux qui étaient les plus aptes à adopter des croyances religieuses et des conduites morales. Celles-ci ayant pour effet de souder les communautés et de leur donner plus de chances de survie et donc de répandre leurs gènes (cf. article de Science et vie d'août 2002).

10. La culture :
Pour la PE la culture permet d'expliquer les comportements humains mais seulement d'une manière partielle. Elle est contrainte par l'organisation du cerveau, héritage de l'évolution (cf. la théorie des mèmes de Richard Dawkins) : le mème est une unité culturelle (un air de musique, une croyance, un savoir technique...) qui se réplique de cerveau à cerveau comme un virus se répand d'organisme à organisme. L'innovation culturelle provient de défauts de réplication. Certains mèmes seraient bien adaptés à nos cultures mentales et d'autres moins, d’où le succès reproductif de certaines idées, idéologies, croyances par rapport à d'autres... Pour Dawkins : « ...Un mème est un objet mental qui, tel une créature biologique, lutte pour sa survie... »

11. La morale :
Sommes-nous par nature fidèles en amour, en amitié, bienveillants à l'égard des autres, bref, sommes-nous des êtres moraux et comment le sommes-nous devenus ? (Cf. Robert Wright pour ce sujet d'un point de vue PE).

12. La psychiatrie évolutionniste :
John Bowlby (un des théoriciens de l'attachement qui ont fortement critiqué la théorie freudienne de l'étayage) : le lien mère/enfant est essentiellement inné et biologique, hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Il a développé sa théorie de « l'attachement » en 1978, elle s’appuie sur les travaux de Lorenz sur l'empreinte animale, de Harry Harlow sur les chimpanzés. Lorsque ces liens d'attachement ne se font pas dans de bonnes conditions on trouve des troubles chez les bébés qui peuvent durer à l'âge adulte. Par ailleurs si des troubles psychologiques du même type que ceux qui nous affectent se retrouvent chez les animaux, c'est que les émotions et structures mentales qui leurs sont associées s'inscrivent dans une longue histoire évolutive qui intègre et déborde l'espèce humaine.

Si un comportement humain a été conservé par l'évolution c'est qu'il a présenté une valeur adaptative à un moment donné au cours de notre longue histoire de chasseurs-cueilleurs. Par exemple : la phobie des araignées, des serpents, etc. En revanche il n'existe pas de peur préparée par l'évolution pour des dangers beaucoup plus graves de notre monde moderne : comme l'alcool, le tabac, les voiture, les armes, les graisses saturées, l'excès de télévision...

Les Tocs viendraient de cette volonté qu'avaient les hommes en cas de conflit imminent de stocker et de protéger leurs possessions...
L'anorexie des femmes : viendrait de cette volonté de nourrir les enfants avant soi quand il n'y a pas assez de nourriture, dans la PE on parle « d'altruisme alimentaire ».
Le stress : fournit un sursaut d'énergie pour permettre une fuite efficace en cas de danger... la réaction du stress n'est plus adaptée à notre environnement actuel et provoque de nombreux troubles...

Ces recherches n'expliquent pas tous les troubles psychiatriques ni leur fonctionnement complexe, mais elles soulignent qu'ils ont sans doute eu une valeur adaptative à un moment donné de notre histoire...

Les critiques de la PE :
Certains pensent que la PE fige l'homme dans ses comportements dans le cadre des lois naturelles inamovibles et favorisant un ordre réactionnaire de la société.
La PE admet qu'un grand nombre de conduites humaines ne sont pas naturelles, comme l'écriture par exemple. Mais elle prétend que ces apprentissages ne seraient pas possibles sans un outillage mental de base qui, lui, est universel, partagé avec d'autres espèces qui nous sont proches en partie et, pour autre partie, propres à l'espèce humaine. Notre fonctionnement psychologique et culturel se greffe sur ces aptitudes cognitives et émotionnelles qui sont relativement stables et héritées par notre passé évolutif.

Sarah Blaffer Hrdy, après avoir rassemblé un grand nombre de données sur le comportement sexuel dans le monde animal, soutient que la fidélité féminine est un cliché machiste véhiculé par le darwinisme. Dans son livre sur les instincts maternels, elle soutient que cet instinct ne fonctionne pas comme un programme fixe et invariable. Il suppose une cascade de processus déclencheurs qui ne fonctionnent que dans un environnement donné.

Deux versions de la PE semblent se dessiner :
- une version dure pour laquelle les instincts laissent peu de place à la liberté humaine (Steven Pinker « l'instinct et la parole »)
- une version souple qui considère les instincts comme des tendances, des penchants, des potentialités qui s'expriment avec la culture.

Mais la théorie de la « page blanche » et du « tout culturel » semble bien définitivement enterrer (n'en déplaise à Rousseau).

descriptionL'évolution. EmptyRe: L'évolution.

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Je n'aime décidément pas la Psychologie Evolutionniste. Elle comporte des idées dangereuses. Elle agit comme un courant extrême, elle se base essentiellement sur des raisonnements, et les éléments empiriques qu'elle apporte me semblent maigres. Effectivement, d'un point de vue logique, ces explications sont possibles. Je ne suis d'ailleurs pas contre l'évolutionnisme selon Darwin, je cherche même souvent à étayer mes réflexions en cherchant un point de vue évolutionniste, en cherchant quelle aurait pu être l'utilité de tel ou tel comportement. Pour autant, tout ne s'explique pas en faveur de l'évolution. En fait les fondements mêmes de notre culture et particulièrement ce qui touche la morale, va à l'encontre de l'évolutionnisme. Le principal problème de la Psychologie Evolutionniste c'est qu'elle conduit à des courants comme l'eugénisme ou le "transhumanisme".

Pour le reste, la fiche comporte à peu près tout ce que je sais sur la Psychologie Evolutionniste. Bien que certaines notions, ou plutôt certaines idées me semblent obsolètes. Aujourd'hui, on ne peut plus penser que tout est écrit biologiquement, ou que tout est écrit culturellement. Les données empiriques montrent le contraire, ce que l'on peut affirmer cependant, c'est qu'il y a une part biologique et une part culturelle ou environnementale. Le plus juste serait encore de dire que l'être humain est multi-déterminé et que l'on ne peut l'attribuer à aucun élément unique.

Je tiens à préciser que tout n'est pas à jeter, certains éléments sont corrects, mais la PE doit savoir se modérer.

descriptionL'évolution. EmptyRe: L'évolution.

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Ce qui est dangereux ce ne sont pas les hypothèses de la Psychologie évolutionniste, c'est :

- de colporter les idées des "créationnistes" qui sont majoritaires aux États-Unis (un Américain sur trois ne croit pas à la théorie de l'évolution concernant l'apparition de l'Homme, ils pensent que l'homme est directement apparu sous la forme d'Adam et Ève).

- de colporter que seuls les apprentissages réalisés tout au long de la vie, les expériences de chacun et les interactions avec les autres (en particulier les parents) façonnent notre personnalité. Si l'homme est si malléable, créons "un homme nouveau" et envoyons-le au goulag s'il ne veut pas comprendre !

- de faire croire que "l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt !" La violence est inhérente à l'homme de tous les temps, mais elle est compensée par d'autres "modules" également puissants comme la compassion, l'altruisme, l'amour? ETC.

- de laisser penser que nous disposons d'une conscience autonome irréductible à notre enveloppe charnelle. Les psychologues évolutionnistes, pour leur part, pensent que le cerveau est le produit de l'évolution, qu'il subit les contraintes de sa base biologique innée et que nous partageons beaucoup de points communs avec les autres espèces. Mais notre évolution biologique a généré des fonctions qui nous permettent de juger et d'agir moralement (en particulier des capacités de décision et de créativité).

La plupart des gens qui parlent de psychologie évolutionniste, en France, le font avec des préjugés et avec une connaissance très partielle et partiale. C'est une branche des sciences cognitives qui n'est pas dogmatique et qui se fie aux résultats de l'expérimentation. Elle évoluera en fonction des travaux de la recherche scientifique qui, pour l'instant, vont largement dans son sens.

En France, l'ignorance est telle qu'il n'y a que très peu de vulgarisateurs scientifiques et encore ne publient-ils que sous des appellations "politiquement correctes" : écologie comportementale, éthologie humaine, biologie évolutive... On peut citer un bon ouvrage de vulgarisation paruS dans une collection de poche, en 2008, Cro-Magnon toi-même ! de Michel Raymond. Les philosophes français sont-ils assez versés en sciences pour comprendre de quoi parle la psychologie évolutionniste ? On aimerait avoir, dans notre pays, un Daniel Dennett qui bénéficie d'une formation à la fois philosophique et scientifique (entre autres en sciences du comportement)...

La PE est loin d'être dogmatique, et elle bénéficie d'ailleurs d'auto-critiques à l'intérieur même de sa branche, tous les psychologues évolutionnistes ne sont pas d'accord sur tout, elle est au contraire très variée dans ses objets de recherche et dans ses expérimentations. Et la plupart des PE reconnaissent ce que vous dites, qu'il existe une part d'inné et une part d'acquis, elle essaie d'identifier chacune de ces parts...
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