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[résolu]Nietzsche et la question de l'oubli.

4 participants

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Bonsoir,

J'ai bien compris l'idée d'oubli chez Nietzsche, toute l'explication sur le fait que l'histoire peut nuire à la vie lorsqu'elle est une connaissance d'antiquaire. Les connaissances doivent servir la vie (cf. Seconde considération inactuelle.)

Mais ce que je n'ai pas compris, c'est comment choisir ce qu'on oublie et ce qu'on garde. Sur quels critères décider d'oublier ou de garder une connaissance historique ?

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Aristippe de cyrène a écrit:
Mais ce que je n'ai pas compris, c'est comment choisir ce qu'on oublie et ce qu'on garde. Sur quels critères décider d'oublier ou de garder une connaissance historique ?

Sur ceux de la morale, les évaluations opposées bon et mauvais contre bien et mal. Pourquoi oublier ? Parce que la mémoire a été créée dans un but moral, mais qu'il faut à présent dépasser la morale, pour aller vers le surhumain. Relisez la Généalogie de la morale, tout y est, y compris le passage sur l'oubli, au début de la dissertation II.

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Si j'ai bien compris ce que vous dites là, il faut oublier ce qui s'est fait en vue de la morale, oublier ce qui est la manifestation de celle-ci ?

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ll s'agit d'oublier pour oublier la culpabilité et la tradition chrétienne, afin de s'en libérer et de libérer notre agir en vue de nouveaux commencements. Il y a aussi cette idée que l'homme doit d'abord décliner pour retrouver ses instincts animaux et viser ensuite le surhumain comme dépassement de soi et du ressentiment, de la faiblesse et de l'impuissance (à agir, vivre et créer) chrétiens. Le savoir exerce un pouvoir sur soi, là où l'action exige l'innocence et de considérer le présent pour lui-même et détaché du poids du passé.

Dernière édition par Silentio le Mer 13 Juin 2012 - 13:11, édité 1 fois

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Aristippe de cyrène a écrit:
Mais si j'ai bien compris ce que vous dites là, il faut oublier ce qui s'est fait en vue de la morale, oublier ce qui est la manifestation de celle-ci ?

Il faut retourner à l'état animal pour ce qui est de la force de l'oubli, mais en conservant la capacité de l'homme à prévoir l'avenir. Dans l'Inactuelle que vous citez, il y a un passage où Nietzsche décrit l'homme en proie à la nostalgie de ne plus pouvoir oublier comme le fait l'animal. Ce texte est à relier au premier paragraphe de la dissertation II de la Généalogie. Vous pouvez au passage voir l'évolution considérable de la pensée de Nietzsche, notamment après la venue du Surhomme et de Dionysos (période du Gai Savoir et de Zarathoustra).

Silentio a écrit:
ll s'agit d'oublier pour oublier la culpabilité et la tradition chrétienne, afin de s'en libérer et de libérer notre agir en vue de nouveaux commencements. Il y a aussi cette idée que l'homme doit d'abord décliner pour retrouver ses instincts animaux et viser ensuite le surhumain comme dépassement de soi et du ressentiment, de la faiblesse et de l'impuissance (à agir, à vivre, à créer) chrétiens.

Le processus dont parle Nietzsche remonte bien avant le christianisme, au moment où dans la bête humaine, qui n'est encore qu'un animal ayant à peine appris à se relever, se crée une conscience, qui va devenir mauvaise conscience (voir Généalogie, dissertation II, le passage sur le jeu de dés d'Héraclite). L'homme, après avoir appris à promettre (ici Nietzsche dit : "élever un animal capable de faire des promesses", la nature a été l'artisan de cet apprentissage, c'est-à-dire de la morale, voir aussi Aurore, le livre qui décrit l'importance des mœurs dans la vie des hommes du passé), doit se libérer de cette morale. Tout est expliqué dans les deux textes que j'ai donnés à lire à Aristippe.
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