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Des concepts comme ceux du Bien, du Mal, de la Vérité sont-ils référés à des réalités ?

3 participants

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NOU-JE a écrit:
Le pragmatisme définit aussi la vérité comme "vérité-satisfaction" ; "vérité-croyance". Lisez, si ce n'est déjà fait ou entrepris, La volonté de croire, chez James. Voulez-vous savoir où réside l’intérêt de cette définition de la vérité ? Elle permet de résoudre la querelle entre la religion et les rationalistes ; la philosophie de Dewey, son pragmatisme, de même que celui de James, veulent résoudre les querelles métaphysiques, ausculter les concepts pour savoir ce qu'ils veulent dire, comment ils le disent et s'ils peuvent le dire.

Vous décontextualisez complètement ces auteurs. La question de la vérité s'inscrit pour eux dans le rapport entre la société et l'individu, et s'enracine dans l'histoire religieuse des Américains. Je ne vous parle pas du critère de l'utilité, mais de la fonction de la vérité, fonction sociale et pratique avant tout : elle est censée résoudre le problème de l'articulation entre l'indépendance de l'individu et son intégration dans la communauté, en lui permettant d'intérioriser la société, d'être un individu social. Dewey par exemple, et ce n'est pas du tout un hasard, retourne complètement le mouvement dialectique hégélien : tout se résout dans l'individu.

Pour le comprendre, il faut maîtriser à peu près correctement la question du puritanisme et de la pensée américaine depuis le XVIIe siècle jusqu'à Emerson au moins. Leur conception de l'opinion n'est pas la même que chez nous, ils lui accordent beaucoup plus volontiers que les Européens une valeur cognitive (chez nous c'est plutôt une autorité politique). La science est pour eux le moyen par excellence de la démocratisation de la société parce qu'elle est accessible à tous (cf. la raison pratique). Elle hérite de et actualise tout à la fois la fonction du puritanisme. Nous sommes très loin de la métaphysique et de la logique.

Dernière édition par Euterpe le Ven 29 Juil 2016 - 16:58, édité 1 fois

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Je pense que vis-à-vis des concepts plus ou moins abstraits, plus ou moins proches du réel, il est judicieux de se poser la question plus à la base.
Se questionner sur le langage.
Avant l'existence du langage, l'animal réagit par rapport à ses perceptions. On peut étudier le comportement d'un animal par rapport à ce qu'il peut percevoir extérieurement. Mais que peut-on savoir de ses cognitions ? L'homme peut expliquer cela aux autres hommes par l'intermédiaire du langage. Les cognitions, les pensées, les concepts peuvent être véhiculés entre individus chez l'être humain. Il peut abstraire de plus en plus et même abstraire à propos de l'abstrait jusqu'à quitter le contact avec la réalité. Voir "une carte n'est pas le territoire" en sémantique générale d'Alfred Korzybsky (ce dernier, alors qu'il faisait partie d'un état-major, quitta une réunion où la question fut posée, en observant une carte, de savoir "comment traverser la rivière avec les troupes". Il revint annoncer qu'il avait constaté sur place que la rivière était à sec). Pour les psychologues scientifiques, le langage est une source de nombreux problèmes psychologiques, mais aussi le remède.

Je pense que lorsqu'on manie un concept il est judicieux de savoir à quel degré d'abstraction il se situe. Aussi de connaître la définition précise et de savoir si les interlocuteurs ont une autre définition que la vôtre. D'en voir différents angles, les tenants et aboutissants. Aussi de savoir s'il n'y a pas d'autres mots plus appropriés ou d'essayer volontairement avec d'autres mots.

Exemple : discours autour de Dieu. Définition(s).  
Synonymes ? le créateur, le démiurge, Yaveh, Allah, la nature, l'univers, les lois de la physique ?

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dom. a écrit:
Je pense que vis-à-vis des concepts  plus ou moins abstraits, plus ou moins proches du réel, il est judicieux de se poser la question plus à la base.

Par définition, un concept est abstrait. Par définition, un concept n'est pas fait pour être "proche du réel", c'est une économie du réel et un outil logique et ontologique avec lequel on catégorise et on organise (cf. organon) le réel.

dom. a écrit:
Se questionner sur le langage.

La question du concept est une question de langage. Ça l'est tellement que l'initiateur, en ce domaine, Aristote, a écrit une œuvre majeure de l'histoire de la philosophie, tellement majeure que sans elle, la philosophie se trouverait amputée d'un de ses piliers : l'Organon.

dom. a écrit:
Voir "une carte n'est pas le territoire" en sémantique générale d'Alfred Korzybsky (ce dernier, alors qu'il faisait partie d'un état-major, quitta une réunion où la question fut posée, en observant une carte, de savoir "comment traverser la rivière avec les troupes". Il revint annoncer qu'il avait constaté sur place que la rivière était à sec).

En l'occurrence, il ne découvre rien. On sait très bien, depuis qu'on a "inventé" les concepts, que le concept du chien n'aboie pas.

dom. a écrit:
Pour les psychologues scientifiques, le langage est une source de nombreux problèmes psychologiques, mais aussi le remède.

Là encore, on trouve tout ça chez les philosophes grecs. Rien de nouveau. Outre les œuvres de Platon, et l'Organon d'Aristote (ensemble de 6 œuvres : Catégories ; De l'interprétation ; Premiers analytiques ; Seconds analytiques ; Topiques ; Réfutations sophistiques), ajoutons, toujours d'Aristote, la Poétique et surtout la Rhétorique, où il est question de tous les types de discours et de toutes les passions, de tous les affects qu'ils mobilisent.

dom. a écrit:
Je pense que lorsqu'on manie un concept il est judicieux de savoir à quel degré d'abstraction il se situe. Aussi de connaître la définition précise et de savoir si les interlocuteurs ont une autre définition que la vôtre. D'en voir différents angles, les tenants et aboutissants. Aussi de savoir s'il n'y a pas d'autres mots plus appropriés ou d'essayer volontairement avec d'autres mots.

Essayons avec mon imparable concept de la banane. Quel est le degré d'abstraction du concept de la banane ? Y a-t-il une autre définition que celle dont tout le monde dispose ? Essayons de la nommer au moyen d'un autre mot : tomate. Non, ça ne fonctionne pas. De deux choses l'une, ou bien quand on se lance dans la question de la logique et de l'ontologie classiques, on sait de quoi on parle, ou bien on s'embarque dans une aventure sans retour. Pour commencer, il n'y pas mieux que les œuvres qu'Aristote consacra aux animaux, qui ont en outre et encore le grand mérite d'être un fondement de la biologie.

dom. a écrit:
Exemple : discours autour de Dieu. Définition(s).  
Synonymes ? le créateur, le démiurge, Yaveh, Allah, la nature, l'univers, les lois de la physique ?

On ne décèle aucun concept dans votre liste (à l'exception, et encore, de la nature...).
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