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Le conditionnement social

5 participants

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Me voilà donc sommé de me défendre... Fort heureusement il ne s'agit pas de moi, ni d'ailleurs que je prenne bien ou mal ceci ou cela, là n'est vraiment pas la question. Ce sujet est donc clôt - et je suis sauf car je me défends très mal.

Reste le conditionnement social, qui fait l'objet de la présente discussion. Vous concluiez :
De sorte que, au final, ou en définitive, le point de départ de cet entretien sur le conditionnement social tiré d'une discussion de gender, doive bien s'expliquer - à mon sens - par une surestimation du "fait culturel". A la fin, je dirais qu'il y a conformement social, certes pris souvent pour absolu, par ethnocentrisme (et chrono-centrisme, dans le cas du jugement porté sur les cultures passées), mais que le terme de conditionnement est trop fort, raison pour laquelle la sociologie demeure suspecte d'ascientificité à mes yeux

C'est à peu près le seul moment où vous évoquez le conditionnement social, bien que vos développements précédents aient été tout à fait stimulants comme d'habitude. Reconnaissez cependant que la phrase est quelque peu obscure : le "point de départ de cet entretien sur le conditionnement social" doit s'expliquer "par une surestimation du fait culturel". Que voulez-vous dire ? Une surestimation par rapport à quoi ? Je reprends, plus haut :
Aussi bien, la culture appert comme un prolongement de la nature, comme une partie de la nature en tant que la nature se différencie selon les contextes et acteurs de chaque contexte. A ce point, donc, on ne saurait affirmer aussi certainement avec Margaret Mead (aujourd'hui certes datée) mais surtout certains performativistes entre les gender studists, une artificialité aussi grande de la culture par rapport à la nature, confinant au dualisme

Pour critiquer les travaux de Mead, il faudrait se trouver à l'intérieur des problématiques auxquelles ils se rapportent. Or ils ne se situent pas à ce niveau d'interrogation. Mead observe des différences radicales dans la formation des personnalités en tant qu'elles se rapportent aux sexes des individus ; elle en déduit que l'association entre certaines personnalités types et le sexe n'est pas naturelle, bien qu'elle soit perçue comme telle, mais résulte largement d'un conditionnement social. Je vois mal ce qui dans votre développement invaliderait ceci. Que les hommes en viennent à occuper des fonctions guerrières en vertu de leur condition physique plus favorable n'y change rien dans la mesure où ça n'explique pas pourquoi ici et là, à tel moment et à tel autre, être un homme et être une femme prend des significations radicalement différentes.
D'autre part vous évoquiez surtout, pour votre défense, les gender studies en tant qu'elles se veulent un agent de changement social. Fort bien, j'adhère en grande partie aux remarques que vous faîtes. Mais je ne vois toujours pas en quoi ce que vous dites justifie que le terme de "conditionnement" soit trop fort et qu'il faille préférer celui de "conformement". A vrai dire je trouve au contraire que le conditionnement au sens fort est tout à fait prégnant et je trouverais dommage que l'on cesse d'y réfléchir.

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Il y a je trouve une double difficulté dans votre apport à cette discussion et la perspective qui semble s'en dégager. Premièrement il y a une difficulté à aborder la problématique du conditionnement social à partir de la reproduction. L'on a jamais observé de société dont les membres ne se reproduisent pas et qui n'organise pas, au-delà de la reproduction sexuée, la reproduction de ses conditions matérielles d'existence. D'accord, mais c'est prendre les choses à l'envers, le risque étant d'assimiler par extension tout le social et le "culturel" à des sublimations de nécessités naturelles - cela dit, ce n'est pas ce que vous faîtes. S'il s'agit du conditionnement social, et avant de décider ce qu'il faut faire de cette notion, il faut partir de l'"être social", qu'il s'agit de saisir dans sa singularité propre, son "être" précisément, qui est d'abord problématique. C'est au sein de cette "tension" que survient la questions des rapports qu'entretiennent les individus en tant qu'individus à cet être. D'autre part, il ne s'agit pas d'être piloté ou manœuvré par notre socialisation initiale. Ce qui m'amène à la deuxième difficulté. Par les positions que vous pourfendez, vous semblez extrapoler à partir de positions déjà caricaturales. La socialisation, si elle passe par des étapes cruciales dès les plus jeune âge et notamment au sein de la cellule familiale, n'est pas un processus terminé, fini. Cela reviendrait à en faire une seconde nature littéralement. En outre, que la situation concrète de l'individu pris dans la société conditionne son action, sa sensibilité, son mode de penser, cela ne veut pas dire qu'il serait une sorte de pâte à modeler. Je ne sais trop quoi vous dire à part vous suggérer de mettre de côté vos préjugés et votre suspicion vis à vis des sociologues pour vous affronter effectivement à leurs problématiques.
Je prends quand même un exemple : le concept de "milieu technique" développé par Georges Friedmann et Jacques Ellul dans les années 50. Ces deux auteurs partagent l'idée que la multiplication et le renforcement des techniques dans tous les domaines de l'activité conduit à une mutation qualitative des conditions d'existence, à la formation d'un "milieu technique" dont les déterminants sont très différents des milieux naturels. Friedmann notamment recherche quelles peuvent être les conséquences de la formation de ce milieu sur les individus et met à jour un ensemble de "conditions" nouvelles : au niveau de la perception, la vue devient largement prépondérante sur l'ouïe et l'odorat ; les enfants, dès le plus jeune âge, développent des capacités d'intellection et d'abstraction adaptées au type d'objets auxquels ils sont confrontés ; chez Ellul, qui rappelle d'ailleurs que l'important est la possibilité d'une médiation entre l'homme et les valeurs, vous trouverez une étude approfondie des conditions que pose l'ensemble technique à l'existence humaine. Enfin donc la question du conditionnement social a partie liée avec des conceptions déterminées de l'être social, ne se pose pas tant dans l'absolu.

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Pour ce qui concerne la nécessité qui serait associée à la nature, je reprenais les termes de votre point 2) où vous dites que la distribution a priori de certains types de personnalité en fonction des sexes pourrait être un subterfuge de la nature culturée pour re-signifier la nécessité de la reproduction ; je soulignais, avec trop d'insistance peut-être, l'écueil qu'il peut y avoir à procéder ainsi, en précisant en outre que vous ne tombez pas dans ce piège. Si j'invoquais Ellul et Friedmann finalement, c'est qu'ils ont ouvert l'une des pistes de recherche les plus riches et, à mon avis, les plus sérieuses pour l'étude des logiques générales qui sont à l’œuvre dans les sociétés contemporaines ; or, précisais-je trop rapidement peut-être cette fois, le "conditionnement social" - c'est-à-dire l’assujettissement de la volonté humaine à une détermination de type sociologique - doit se réfléchir, si l'on revient vers l'expérience personnelle, par rapport aux spécificités de l'être social présent, étant entendu que celui-ci n'est pas ad vitam eternam identique à lui-même (ce qui, soit dit en passant, fait tout l'intérêt de la sociologie en tant que science). Si vous lisiez en particulier Ellul vous seriez, je pense, en mesure de prendre une certaine distance critique vis-à-vis de l'expérience que vous avez faîte, appuyant votre proposition que ce qu'on appelle le conditionnement social ne soit en réalité qu'un "conformement" - n'en concluez pas, je vous prie, que cet auteur contredirait totalement ce que vous dites. En somme, j'ai pris les éléments que vous donniez pour vous orienter (et d'éventuels lecteurs) vers des pistes qui sont, je suppose, susceptibles de vous intéresser, tout en essayant de limiter les "débordements" que contenait virtuellement votre apport, et sans trop impliquer la conception que j'aurais moi-même-en-mon-fort-intérieur quant à la question qui nous occupe : y a-t-il un "conditionnement social" ; qu'est-ce ; qu'en est-il de la liberté, etc. Comme vous l'avez bien souligné, la discussion sur un forum risque sans cesse de sombrer dans l'insignifiance ; l'orientation des intervenants vers des références permet dans une certaine mesure d'y pallier.

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J'ai lu rapidement les échanges et il me semble que tout le monde est en accord sur la notion de conditionnement social. C'est un sujet sur lequel j'ai des réflexions personnelles que je pourrais tenter de développer, mais je n'ai pas compris la problématique que vous cherchez à résoudre. Pourriez-vous ma la rappeler ?

Kercoz a écrit:
La complexité des interactions et la force des imprégnations culturelles implique des rigidités comportementales importantes. Ces rigidités ont comme raison d'être la survie de la civilisation, voire de l' espèce.


Je crois qu'il n'y a pas incompatibilité entre rigidité comportementale et malléabilité de la nature humaine. Les individus d'une société sont contraints de s'adapter, pour cela ils doivent adopter les comportements sociaux, ce qui conduit à des difficultés pour les faire évoluer (je ne vais pas pousser mes enfants à parler uniquement l'Anglais s'ils doivent vivre en France). Par ailleurs, les comportements adaptés nous paraissent  naturels car nous n'en connaissons pas d'autre. Cela ne signifie pas que l'être humain n'est pas malléable, un enfant né en France qui va être éduqué dans une autre culture apprendra les comportements de celle-ci.

Mais, ces rigidités ne peuvent être liées à la survie d'une civilisation ou d'une espèce. Nous ne savons pas prévoir le futur, nous ne faisons que reproduire un comportement qui était adapté au moment où il est apparu. Il en va de même pour les caractères innés des différentes espèces, nous disons qu'elles concourent à leur survie parce que c'est le cas aujourd'hui.

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A Kercoz,

La théorie de l'évolution postule que les espèces s'adaptent à leur environnement, pas qu'elles savent prévoir les changements d'environnement. Les espèces que la présence humaine ont fait disparaître n'avaient pas développé "par avance" les comportements d'adaptation nécessaires... Nous resterons adaptés tant que l'environnement restera stable et je ne suis pas convaincu que cela dépende uniquement des actions humaines, mais c'est une question d'opinion.
 
Pour ce qui concerne la théorie que vous développez, je ne pense pas qu'une seule puisse résoudre tous les problèmes philosophiques. Aussi, mon problème est que je ne sais pas rattacher les wagons entre mes connaissances et les vôtres. Comme cela semble par ailleurs une approche intéressante, le plus efficace (pour moi) serait sans doute que je lise quelque chose de simple sur le sujet. Peut-être pourriez-vous me conseiller un ouvrage d'introduction facile ou même un lien Wikipédia ?
 
Merci.
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